Le loup derrière la bergerie

LE LOUP DERRIERE LA BERGERIE - Erotic Ghost : Siren

28 mai 2012 | Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

Mourir en baisant

Sorti au Japon en 2004, Erotic Ghost : Siren (Shin yôjo densetsu : seirên) est un « soft porn » réalisé par Satoshi Torao, dont c’est l’unique fait d’armes. Le film mise tout sur l’aura sensuelle de son actrice principale Sola (Sora) Aoi, célèbre égérie d’AV - Adult Video (Cosmic Girl, Wet and Tender, Splash), bien connue pour sa poitrine naturelle généreuse, et qui s’est lancée en 2011 dans une carrière de « pop idol » (chanteuse) en Chine. On la retrouve pareillement dans une série d’œuvres plus traditionnelles : la comédie Raw Summer (Nama-natsu, Keisuke Yoshida, 2005), le thriller Man, Woman & the Wall (Kikareta onna no mirareta yoru, Masashi Yamamoto, 2006), le drame Namida tsubo (Takahisa Zeze, 2008), Big Tits Zombie - tout un programme ! - (Takao Nakano, 2010), ou encore le percutant Revenge : A Love Story (Fuk sau che chi sei, Wong Ching-Po, 2010).

Dans Erotic Ghost : Siren , elle est accompagnée de Ikki Funaki (Charon, Confessions of a Dog), Jun’ichi Kawamoto (Isola : Multiple Personality Girl, The Women of Fast Food, scénarisé par Mamoru Oshii), Hideaki Mizuki (Survival Self-Defense Force : Special Operations) et Kazuyoshi Ozawa (Violent Cop, Gozu, Elite Yankee Saburo de Yûdai Yamaguchi).

« Masturbation is like driving a Ferrari with the first gear. » (analyse)

Dès l’entame, le film nous dévoile le physique sculptural de Sola Aoi, émergeant nue des flots telle une déesse maritime, le tout sous un filtre orangé nimbant cette séquence d’une atmosphère onirico-kitsch. Un sentiment de plénitude promptement brisé, car l’on se cale ensuite sur les pas de braqueurs attifés comme des hurluberlus, qui décampent fissa avec le butin d’un casse. Ils embarquent dans un van et prennent la fuite, imposant au spectateur leurs discussions hautement philosophiques (sic). L’étalonnage tire franco vers les tons verdâtres et la technique se révèle brouillonne (montage abrupt, peu de cadrages « propres », …), ce qui laisse augurer d’un réalisateur porté sur les effets à bon marché, construisant une esthétique « toc » et faussement rock ‘n’ roll, sans doute résultante du manque de moyens. On distingue aussi une affichette de Reservoir Dogs dans l’habitacle, ce qui peut expliquer la boulimie de dialogues généralisée. Mais à ce niveau, n’est pas Tarantino qui veut…

C’est à cet instant qu’un des larrons fait référence à une mystérieuse « ogresse » hantant la région et qui se nourrirait de l’avidité des hommes, les gratifiant de son chant… Ils entendent donc - comme convenu - une ritournelle éthérée et tombent nez à nez avec une nymphette peu causante, à qui ils ont l’excellente idée de proposer un « lift ». Le récit est sur des rails, envoyez la musique ! La donzelle remarque le magot, par l’entremise de biffetons tombés du sac, et se voit dès lors ligotée et emmenée de force - bien que sa résistance soit toute relative. Ils arrivent à leur planque en rase forêt et jouent aux cartes pour décider de qui baisera la fille en premier.

Le gagnant, sous la pression, cède sa place à la forte tête de la bande. Et bien lui en a pris ! L’amant d’une nuit a en effet succombé sous les coups de rein de la belle et n’est plus de ce monde. Ils découvrent sa dépouille parmi les hautes herbes, mais ces tocards pensent que c’est là l’œuvre d’un des leurs : celui qui a passé la main plutôt que de passer sur le corps de la pseudo-ingénue. Ils finissent tous par se pointer du canon sous le regard de la « cover girl », puis reprennent leurs esprits et jettent leurs pétoires à l’eau. Notez la clairvoyance de l’acte, vu qu’ils ne savent pas ce que les jours suivants leur réservent... pour information, ils sont sensés être en cavale et recherchés par les flics…

Le reste du film se résume à des manigances entre les criminels à la manque - chacun (ou presque) agissant en son propre intérêt - et un jeu du chat et de la souris entre l’amazone vénéneuse (ogresse de son état) et les lascars. On a vu plus palpitant… La rivalité entre truands augmente crescendo et certains s’entretuent, offrant au passage une allusion incongrue au Un chien andalou de Buñuel, mais le vrai sujet reste la beauté marmoréenne de Sola Aoi, ses deux melons tombés du ciel et son visage magnétique aux traits juvéniles. Sans compter que ses petits râles de plaisir feraient à coup sûr bander un eunuque… Et ce jusqu’à cette étonnante séquence finale de sexe sous la pluie.

« Are you brave enough to drink the nectar that might kill you ? » (conclusion)

Au-delà d’un rendu d’image d’une laideur confondante - probablement issu d’un tournage en vidéo mal géré - et d’une technique globalement hasardeuse (pas étonnant que ce soit la seule réalisation de Satoshi Torao), Erotic Ghost : Siren , nullement sauvé par ses acteurs cabotins, n’a d’intérêt que par la présence de la bombe a(na)tomique Sola Aoi. Alors certes, il n’y a pas assez de scènes érotiques - on n’en dénombre véritablement que trois -, mais la plastique de l’actrice vaut plus que le coup d’œil et ce film peut constituer une belle porte d’entrée sur les productions plus corsées de la demoiselle.

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