Le loup derrière la bergerie

LE LOUP DERRIERE LA BERGERIE - Colorsex

24 juillet 2011 | Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

Pop Hard

Pour ce 9ème opus (déjà !) du « Loup derrière la Bergerie », je ne vous parlerai pas de la curiosité gonzo glauque Gay zoo au Brésil (le porno « de niche » à son meilleur, avec cette triple classification : gay, zoophile et latino… qui dit mieux !), dont j’entraperçu la jaquette lors d’une virée à Pigalle avec Evil Seb, mais de Colorsex (sortie vidéo : 2001), à l’érotisme pop et acidulé. Réalisé par Christophe Mourthé (Sex Me, Amazonesex), le film se réclame en quelque sorte - comme la quasi entièreté de l’œuvre de son auteur - de l’esthétique raffinée des américains Andrew Blake (Night Trips - I & II, House of Dreams, Obsessions cachées) et Michael Ninn (New Wave Hookers 5, Forever Night, Cashmere, Nymphetamine). Mourthé, photographe reconnu (www.christophemourthe.com), occupe souvent le double poste de chef-opérateur/cadreur sur ses propres films (reflet d’un contrôle artistique poussé), et s’est spécialisé ces derniers temps dans les bandes à tonalité BDSM/fetish « de luxe » (Maîtresse Alexandra, Domina Zara).

Colorsex, au-delà de son décorum et ses exubérances formelles, peut compter sur l’incroyable sex-appeal de nombreuses stars du genre, rarement aussi bien mises en valeur : la sublime Daniella Rush (Le principe de plaisir de John B. Root, La dresseuse & Le point Q d’Alain Payet, Orgie en noir d’Ovidie), Monica Sweetheart (L’affaire Katsumi de Payet, Les putes enchantées, des réjouissances gonzo comme Pornutopia ou Blow Me Sandwich), Angela Crystal (Paris derrière, Lilith d’Ovidie), la pulpeuse Rita Faltoyano (Femme à prendre & Faust de Mario Salieri, Petites culottes et fines dentelles de Payet), aux côtés de Lucie Laurencova (dont c’est la seule apparition créditée).

Toutes les couleurs du vice (analyse)

L’œuvre prend la forme d’une vidéo érotique (NB : dans la copie visionnée) dénuée de dialogues, plutôt kitsch et aux couleurs acidulées. Des atours qui confèrent à Colorsex l’aspect d’un (trop) long vidéo-clip, tout entier dédié à la beauté féminine, mais desservi par des ralentis inutiles et une BO irritante (électro « cheap », renforcée de râles de plaisir « filtrés »). D’une artificialité revendiquée, le film adopte un angle charnel de chaque instant, via cette caméra en perpétuel mouvement, frôlant le corps des actrices et s’approchant au plus près de la peau (prépondérance des plans serrés, voire macros). Une tendance issue de la genèse de Colorsex, qui découlerait tout simplement de ces manteaux de (fausse) fourrure colorée, que Mourthé avait à disposition et désirait voir portés par les modèles que l’on sait… sage décision !

Et, petit miracle, la magie opère ! L’œuvre, malgré son overdose de couleurs (orgie visuelle) au rendu vidéo (déjà) daté, provoque chez le spectateur des sensations inédites, assorties d’une « montée de sève » imparable. Les divas du hard, magnifiées à l’écran telles des divinités grecques (nommées d’après les couleurs des vêtements et make-up portés : Miss Orange, Miss Green, Miss Yellow, …), s’épanouissent dans des scénettes au fétichisme étudié ; d’une sensualité exacerbée relayée par pléthore de séquences saphiques.

On y décèle aussi « en creux » (pour emprunter l’expression favorite de notre Maureen « Jinx » Lepers) une forme de féminisme épanoui, qui voit l’homme s’effacer devant ces beautés sulfureuses (cf. cette homme masqué harnaché de cuir rouge, assistant accroupi au 1er trio lesbien, sans pouvoir y participer), se révélant presque absent de ce Colorsex. Au mieux, l’homme se retrouve « objetisé » (cf. cette séquence où le hardeur est emprisonné dans une cage, soumis aux désirs de deux femmes fatales), en un total renversement des valeurs habituelles du porno contemporain et sa figure masculine toute-puissante.

A contrario, Mourthé ne gagne pas sur tous les tableaux ; en sus d’une scène de sexe en groupe dispensable (convenue & « longuette »), le réalisateur aurait dû reléguer le visage des hardeurs actifs hors champ, ce qui aurait encore accentué l’aura intouchable de ses hégéries « über bandulatoires ».

Erotic trip (conclusion)

« Film-expérience », tout droit dirigé vers les sensations pures, Colorsex est un véritable voyage pour le spectateur, sous le charme intense de ces déesses du sexe, hypnotisé au gré de leurs déhanchements et postures lascives. Du moins pour celui qui passera outre ses multiples scories et sa durée exagérément étirée…

NB : Visionné en version soft (Maxime Production), avec en bonus quelques photos du film et la vidéo Phylea (making of en musique d’un shooting photo à l’ambiance fétichiste), le film existe en version hard, éditée en DVD par Colmax.

Commentaires

26 décembre 2013 | Par badro

Tout le monde l’attend ;)

30 décembre 2012 | Par Damien Taymans

Merci Juan. Le Loup derrière la Bergerie fera son grand retour en janvier 2013 ! Patience...

30 décembre 2012 | Par Vivadavidlynch

J’aimerais parfaire ces connaissances, je crois que je vais continuer à naviguer sur votre site ! très sympas !

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21 août 2012 | Par Juan

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