Critique de film

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L'étrange couleur des larmes de ton corps

"L'étrange couleur des larmes de ton corps"
affiche du film

Une femme disparaît. Son mari enquête sur les conditions étranges de sa disparition. L’a-t-elle quitté ? Est-elle morte ? Au fur et à mesure qu’il avance dans ses recherches, il plonge dans un univers cauchemardesque et violent…

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Trailer - L’étrange couleur des larmes de ton corps (2013)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’étrange couleur des larmes de ton corps
Par : Roxane de Quirini

L’étrange couleur des larmes de ton corps est avant tout un film de sensation, un film organique. Une traversée au cœur de ce que l’homme possède de plus sombre et de plus violent qui ne permet aucun détour à son public mis en images avec un talent et une originalité toujours plus hypnotiques.

Bruno Forzani et Hélène Cattet veulent désorienter, perdre leurs spectateurs. Leur volonté de faire éprouver le malaise, le trouble est presque palpable. Et lorsque le labyrinthe de pulsions qu’est L’étrange couleur des larmes de ton corps s’ouvre aux yeux de ceux qui se trouvent dans la salle, c’est pour mieux les pénétrer. Les images violentes s’associent au son agressif pour former une œuvre très proche d’un giallo, le récit en moins et l’érotisme en plus.

Car la force du film est également sa faiblesse. Là où certains y verront une prouesse artistique, d’autres ressentiront le manque, la frustration de ne pas tout comprendre à la première vision. D’une complexité absolue, L’étrange couleur des larmes de ton corps est un film à tiroirs dans lequel le spectateur s’égare, une poésie macabre qui donne le tournis tant l’enchevêtrement d’histoire est compliqué. Annoncée dés le générique de début, par une construction de l’image en kaléidoscope, l’imbrication de ces sketchs fait parfois penser aux poupées russes, à chaque couvercle que l’on soulève une nouvelle boite s’offre à nous. Avec très peu de dialogues pour l’orienter, le spectateur se retrouve avec un récit déstructuré, relégué au rôle accessoire ce qui le rend abscons.

Ce morcellement permet une meilleure perception du travail sur le son et les images. L’enchevêtrement de formes géométriques associées à l’architecture anxiogène du bâtiment baroque dans lequel évolue le récit provoque une réelle sensation d’étouffement. Un labyrinthe terrifiant qui crée une impression de vertige et de malaise très inconfortable pour le spectateur.

Le travail du son est probablement l’élément le plus impressionnant du film. Les basses semblent pénétrer le spectateur tandis que les bruits stridents semblent lui glacer le sang. Une gestion du bruitage dont l’effet se rapproche plus de la douleur que du plaisir jusqu’à en arriver aux limites du tolérable. Tout cela a bien sur été travaillé. Ce qui se rapproche presque de la torture auditive est voulu et assumé durant toute l’œuvre au point que vers la fin du film, un des personnages s’exclame que le son est insupportable. Le son est à peu de chose près l’acteur principal de l’œuvre, racontant sa propre histoire, violente, agressive et épuisante pour le public. Ce film est donc physique, les basses pénètrent le spectateur tandis qu’à l’écran le couteau s’enfonce lentement dans la peau d’un protagoniste.

Le travail du son et de l’image est tel que le film passerait presque pour expérimental. Le spectateur est en transe, hypnotisé par la violence qui s’imprime sur ses rétines et qui résonnent dans ses tympans. 10 années ont été nécessaires à l’écriture du scénario, 10 ans durant lesquels L’étrange couleur des larmes de ton corps a évolué jusqu’à ce qu’il est aujourd’hui : une œuvre à la frontière entre l’expérimental et le film de genre.

Une œuvre complexe qui ne fera probablement pas l’unanimité mais dont l’éclairage fait penser au travail de Dario Argento ou encore à celui de Mario Bava. Véritable tour de passe-passe réalisé avec une précision qui relève du chef d’œuvre, L’étrange couleur des larmes de ton corps souffre péniblement d’un manque de cohérence et de récit logique. L’égarement que ressent le spectateur l’empêche de réellement rentrer dans le film, de s’immerger totalement dans cet univers macabre propre à Bruno Forzani et Hélène Cattet.


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