Critique de film

L'Echine du Diable

"El Espinazo del Diablo "
affiche du film
  • Genre : Fantastique – Esprits
  • Année de production : 2001
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Guillermo Del Toro
  • Pays d'origine : Espagne
  • Durée : 1h47
  • Scénariste : Guillermo Del Toro, Antonio Trashorras, David Muñoz
  • Musique : Javier Navarrete
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Fernando Tielve, Junio Valverde, Eduardo Noriega, Francisco Maestre, José Manuel Lorenzo
  • Récompenses : Nominé pour les ALMA Awards 2002 Nominé pour le Saturn Award 2002 du Meilleur film
    Grand Prix du Meilleur Film Fantastique européen au Festival du Film Fantastique d'Amsterdam en 2002
    Nominé comme Meilleur Film européen au Festival du Film du Luxembourg (Cinénygma) en 2003
    Nominé comme Meilleur Acteur (Eduardo Noriega) au Fotogramas de Plata 2002
    Nominé aux Goya Awards 2002 dans les catégories Meilleurs Costumes (José Vico) et Meilleurs effets spéciaux
    Prix de la Critique Internationale, Prix Spécial du Jury et Grand Prix du Jury Jeunes au Festival Fantastic'Arts de Gerardmer 2002
    Nominé comme Meilleur Film aux International Horror Guild 2002
    Meilleur Réalisateur (Guillermo Del Toro) aux MTV Movies Awards Latin America 2002
    Meilleur Jeune Acteur (Fernando Tielve) aux Young Artists Awards 2002

Durant la Guerre Civile espagnole, un garçon de douze ans dont le père est mort, est confié à l'orphelinat catholique de Santa Lucia, et aux bons soins de sa directrice, Carmen, et du professeur Casares. Malgré toutes ces attentions, Carlos se retrouve confronté à l'hostilité de ses petits camarades et de l'homme à tout faire dénommé Jacinto. Cette atmosphère pesante dissimule bien d'autres secrets : l'or de la cause républicaine, et l'existence du fantôme de Santi, un ex-pensionnaire de l'orphelinat décédé dans des circonstances troubles...

Les critiques à propos de ce film

L’échine du diable - Effrayant et touchant...
Par : Quentin Meignant


C’est ce petit bijou qui a réellement révélé Guillermo Del Toro aux yeux des spécialistes. Après avoir signé deux métrages passés plutôt inaperçus, Guillermo s’est lancé dans la réalisation et la production d’une histoire qu’il avait écrite quand il était encore adolescent. Ceci démontre qu’il est sans doute le réalisateur le plus doué de sa génération et vu son jeune âge, nous pouvons encore nous attendre à ce qu’il nous offre beaucoup de plaisir ! Car c’est bien de plaisir, de peur et d’émotions dont il est question ici.

Cette oeuvre est sans conteste l’un des films qui marquera l’histoire du cinéma. Tout, absolument tout, est d’une qualité presque sans égal ! Les décors (le film a été tourné à proximité de Madrid) nous font d’emblée ressentir tout le tragique de la situation : un orphelinat au milieu de nulle part survit tant bien que mal pendant la période franquiste. Cette période, chère à Del Toro (il a d’ailleurs dédié ce film à ses parents), nous montre toute la méchanceté de l’être humain. Méchanceté, encore accrue par la présence d’une personne avide, violente et sans coeur campée par l’excellent Eduardo Noriega.

Cet acteur est réellement au sommet de son art et emmène avec lui une troupe de jeunes acteurs tous plus talentueux les uns que les autres ! Ajoutons à cela une Marisa Paredes au mieux de sa forme et un Federico Lippi irréprochable et nous comprenons de suite que nous aurons à faire à un jeu d’une incroyable qualité !

Tout ceci n’est encore rien à côté de ce qui nous attend. L’ambiance glauque de ce film est proprement affolante ! La peur au ventre, Carlos se lance avec ses camarades dans une véritable enquête quant aux apparitions d’un spectre, celui de Santi, ancien pensionnaire. Les apparitions de ce dernier sont d’une incroyable efficacité : il nous retourne le coeur chaque fois qu’on le voit à l’image ! Les effets spéciaux sont immensément riches, sobres et réussis. La musique d’époque colle aussi à l’action du métrage, ce qui accentue encore cette impression de mal-être...

La poésie est bien entendu aussi au rendez-vous, l’auteur d’Hellboy se permettant même certaines figures de style. Si l’on prête bien attention, on comprend très vite le sens du titre. L’échine du Diable est le rhum produit par Casares à base de bébés trempés dans l’alcool pur. Tout ceci est trop secondaire pour que le film porte ce nom nous direz-vous ? Eh bien, c’est sans compter avec le génie de Del Toro qui ose une comparaison entre les bébés dans l’alcool et le cadavre de Santi dans le fond de la piscine !

Toute cette réflexion nous est distillée de manière fort simple et adroite, c’est tout simplement de très bon goût ! Toute comme la scène finale qui est sans doute la plus étonnante et impressionnante du film ! Nous finissons donc ce métrage les larmes aux yeux et le coeur une nouvelle fois retourné, abasourdis par l’intensité des dernières paroles entendues. Il est à noter que le réalisme de cette oeuvre est encore beaucoup plus grand que dans Le Labyrinthe de Pan. La place faite aux faits réels et à l’atrocité du Franquisme est beaucoup plus importante et donne au film un air de drame de très bon goût.

Ce film est un vibrant hommage, un devoir de mémoire et surtout, un chef-d’oeuvre inégalable ! C’est un régal dont on ne peut se passer, une référence, un mythe !

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