Critique de film

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Killing Kind (The)

"The Killing Kind"
affiche du film

Après avoir purgé une peine d'emprisonnement de deux ans pour un viol qu'il n'a pas commis, Terry retourne à la pension dirigée par sa mère. Le jeune homme est à peine sorti que d'étranges accidents surviennent à son avocate et à la jeune fille qui l'a accusé. Voulant à tout prix croire en l'innocence de Terry, sa mère remarque tout de même peu à peu son comportement étrange à mesure que les victimes s'empilent...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The killing kind - Serial killer au quotidien
Par : Fred Pizzoferrato

Réalisé en 1973, The Killing Kind, en dépit d’un titre choc et d’une affiche prometteuse assortie d’un slogan mémorable (« il les aime toutes…mais mortes ») se rapproche plus du drame psychologique que de l’horreur proprement dite.
L’intrigue, elle, se situe dans la continuité de classiques comme Psychose ou Le voyeur et se place résolument du côté d’un meurtrier dont nous suivons le quotidien, dans toute sa banalité quotidienne. Une manière non spectaculaire et intimiste d’étudier la psyché criminelle qui anticipe également sur des titres comme Maniac, Fondu au noir ou Pyromaniac.

Le jeune Terry Lambert participe, contraint par ses amis, à un viol collectif et se voit enfermé deux années derrière les barreaux. A sa sortie, il retrouve sa mère, Thelma, directrice d’une pension qui, pour subsister, loue quelques chambres, généralement à des personnes âgées. Tandis qu’une certaine Lori se sent attirée par Terry, celui-ci développe un comportement de plus en plus instable et violent. Décidé à se venger de la jeune fille dont le témoignage l’a jadis conduit en prison, Terry la retrouve et la supprime en maquillant le meurtre en accident. Peu après, il s’occupe de l’avocate responsable de sa condamnation et, une fois encore, déguise le crime mais parait de plus en plus instable et incapable de se contrôler…

Défendu par des critiques comme Bertrand Tavernier, Curtis Harrington était un cinéaste méconnu et un cinéphile passionné qui débuta sa carrière par une série de court-métrages expérimentaux. Son premier long, Night tide, sort en 1961 et récolte de bons échos, mais la suite de sa carrière prend un virage surprenant et loin du « cinéma d’auteur ». Il participe ainsi à deux remontages de films de science-fiction soviétiques qui, transformés pour le marché occidental, deviennent les très bis Voyage sur la planète préhistorique et Queen of blood. Au début des seventies, Harrington livre coup sur coup deux véhicules pour stars vieillissantes : What’s the matter with Helen ? et Mais qui a tue tante Roo ?, tous deux bien sûr inspiré par le classique Mais qu’est-il arrivé à Baby Jane ? de Robert Aldrich. Après The Killing Kind, le cinéaste travaille essentiellement à la télévision, souvent dans le domaine de l’horreur (La révolte des abeilles, The dead don’t die, The cat creature) puis signe de nombreux épisodes de série télé. Il ne revient aux grands écrans qu’épisodiquement (Ruby, Mata Hari) et décède finalement en 2007.

Interprété par le tout jeune John Savage (Voyage au bout de l’enfer, Le parrain 3), opposé à la star vieillissante Ann Sothern (laquelle a débuté au milieu des années ’30), The Killing Kind se veut surtout l’étude psychologique d’une relation dysfonctionnelle entre un homme d’une vingtaine d’années sexuellement frustré et sa mère, peut-être incestueuse. Dans ce climat trouble mais jamais réellement explicite, nous suivons le quotidien de Terry, lequel développe une haine des femmes qu’il tente de réprimer en torturant des animaux ou en jouant maladroitement sur sa guitare sèche. Le jeune homme se prétend d’ailleurs auteur, compositeur et interprète et rêve mollement d’une carrière de chanteur mais, comme le remarque une jeune femme, il se contente de gratouiller les mêmes accords et n’a jamais composé la moindre chanson.
Des personnages secondaires se manifestent également, en particulier une voisine, fille de bonne famille, qui fascinée par le passé criminel de cet ancien violeur entame avec lui une relation ambiguë mais platonique. Malheureusement, le long-métrage ne décolle jamais et même si Harrington essaie de lui donner un semblant de tension tout cela reste confondant de platitude.

Languissant, The Killing Kind étire laborieusement sa maigre intrigue, ponctuée de rares scènes de meurtre sans grand intérêt ni suspense. En dépit de rares passages plus convaincants et d’un clin d’œil à Hitchcock via le verre de lait emprunté à Soupçons, la sauce ne prend jamais et peine à maintenir l’attention. Le film, au rythme anémique, se dirige lentement vers sa conclusion, pas très convaincante même si voulue « dépressive » et sombre.


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