Critique de film

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Killer Inside Me (The)

"The Killer Inside Me"
affiche du film

Officier de police dans une petite ville du Texas, Lou entretient une liaison sulfureuse avec une prostituée follement amoureuse de lui. Mais pour Lou, elle nâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The Killer inside me - Mon copain le tueur
Par : Quentin Meignant
Tags : Psychologique, Serial killer, Action

Fort de nombreuses récompenses glanées dans les plus grandes compétitions européennes, notamment pour ses fabuleux In this World et The Road to Guantanamo, Michael Winterbottom fait sans aucun doute office de réalisateur populaire par excellence. Néanmoins, sa nouvelle réalisation, intitulée The Killer inside me, défraya véritablement la chronique lors du Festival de Berlin en 2010, au point que nombre de spectateurs quittèrent la salle, écoeurés par la violence froide dont faisait preuve le film. Toujours sur le qui)vive concernant de telles bandes, les organisateurs du 28ème BIFFF décidèrent donc de programmer le métrage lors de l’événement bruxellois. The Killer inside me suit Lou, un officier de police dans une petite ville du Texas, qui entretient une liaison sulfureuse avec une prostituée follement amoureuse de lui. Mais pour Lou, elle n’est qu’un moyen de se venger des hommes responsables de la mort de son demi-frère, et surtout d’apaiser ses penchants sadiques. Car le gentil Lou que tout le monde apprécie est en fait un dangereux et machiavélique sociopathe…

Réalisateur extrêmement prolifique, Michael Winterbottom est un véritable amoureux du cinéma et montre cette affection dès les premières minutes d’un Killer inside me qui tranche carrément avec ses réalisations précédentes. Entendant visiblement rendre un hommage très poussé aux films noirs, le cinéaste berce d’emblée sa bande avec nombre d’ingrédients spécifiques au genre. Entre photographie volontairement léchée et ambiance rétro-jazzy, The Killer inside me ne manque guère de faire penser à l’exceptionnel Fargo des frères Coen.

Certes, il n’y a guère de « sierra ocre », mais force est de constater que Winterbottom maîtrise son sujet comme un véritable maître du genre, livrant par ailleurs une intrigue très surprenante servie par des comédiens vraiment inspirés. Entre une Jessica Alba plus excitante et plus touchante que jamais et un Casey Affleck, assurant de concert la splendide voix off et son très important rôle, l’ensemble bénéficie de l’aura de son réalisateur et de ses intervenants. De manière placide tout d’abord puis avec l’intention inévitable de choquer, Winterbottom fait mouche. Dotant son métrage d’une séquence particulièrement dérangeante, ne tentant pas d’expliquer les raisons d’une telle violence à peine rationnelle, le cinéaste évite de fort belle manière le piège de l’édulcoration et livre d’ailleurs un final hautement perturbant.

Tantôt touchant et sexy, tantôt particulièrement troublant et dérangeant, The Killer inside me offre un regard décalé et hommageant sur les films noirs et Winterbottom signe là la meilleure tentative du genre de ces dernières années.


Critique de The killer inside me - Thompsonien en diable
Par : Samuel Tubez

S’il a lui-même signé quelques scénarios pour le cinéma (L’ultime razzia et Les sentiers de la gloire de Kubrick, notamment) Jim Thompson est surtout réputé pour ses nombreux romans noirs dont la plupart furent adaptés au grand écran (The Getaway, Coup de torchon ou encore Série noire). Aujourd’hui, c’est The killer inside me qui est transposé pour la seconde fois au cinéma (la première tentative, mise en scène par Burt Kennedy, date de 1976) sous la direction de Michael Winterbottom qui adopte pour l’occasion un style âpre et brutal que l’on ne lui connaissait pas jusqu’ici.

Lou Ford est le shérif adjoint d’une petite ville texane. Son charme naturel et son apparente gentillesse cachent en fait une nature violente qui va éclater au contact de Joyce, une prostituée qu’il était censé faire évacuer de la ville et avec laquelle il entretient désormais une relation sadomasochiste. Une situation qui va vite s’envenimer alors que Lou et Joyce décident de faire chanter le propriétaire des lieux, amouraché à la belle...

Michael Winterbottom a déjà touché à de nombreux genres tout au long de sa carrière : le drame bouleversant (Jude), le film de guerre (Welcome to Sarajevo), la science-fiction (Code 46), la comédie dramatique et musicale (24 hour party people), la romance très branchée cul (9 songs) et même le documentaire (The shock doctrine, qu’il coréalise). Hétéroclites, ses œuvres n’en sont pas pour autant toujours marquantes. Il est donc assez étonnant, voire inquiétant, de le voir adapter Jim Thompson, auteur de romans noirs hardboiled. Et pourtant, le réalisateur de The road to Guantanamo s’en tire à merveille. Après un générique à l’ancienne nous dévoilant un bien joli casting (Bill Pullman, dans un curieux petit rôle, est aussi de la partie), The killer inside me suit ce sociopathe de Lou Ford, allant jusqu’à nous faire entrer dans les recoins les plus sombres de sa tête. C’est que derrière sa gueule d’ange, l’homme cache en fait un monstre dépourvu d’émotion, pervers, manipulateur et entretenant des relations on ne peut plus brutales avec la gent féminine. Les amours de sa vie, il ne les tue pas, il les massacre, réduisant leur joli minois en bouillie ou les laissant agoniser dans leur pisse. Pas étonnant que certains étroits d’esprit aient vus ici une œuvre misogyne, incapables de comprendre que la violence, ça n’a rien de séduisant mais c’est au contraire sale et choquant. Porté par des acteurs parfaits (si Casey Affleck y est tétanisant, Jessica Alba et Kate Hudson y sont à la fois désirables et bouleversantes), The Killer inside me est donc un pur film noir collant de près au style de Jim Thompson, avec toute sa violence, ses tabous (on perçoit bien le passé incestueux du tueur) et son nihilisme. Pour le glamour, on repassera !

Brutal sans être complaisant, The Killer inside me possède bien toute la noirceur et le nihilisme propre au style Thompsonien. Aidé par un casting impeccable, Michael Winterbottom livre donc une adaptation aussi choquante que réussie, qui se hisse sans mal parmi les meilleurs films de toute sa filmographie.


Critique de The killer inside me - Spanking master
Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

Réalisé par le stakhanoviste Michael Winterbottom, qui s’est frotté à (presque) tous les genres, pour des résultats de fortunes diverses (Welcome to Sarajevo, 24 Hour Party People, retraçant les grandes années de la Hacienda mancunienne et son mogul Tony Wilson, la sci-fi de Code 46, l’érotisme « bobo » de 9 Songs, les engagés The Road to Guantanamo & Un cœur invaincu), The Killer Inside Me (2010) est une adaptation d’un livre (Le Démon dans ma peau) du grand Jim Thompson, chantre du roman noir (Avant l’orage, Liberté sous condition). Thompson écrivit de nombreux scénarii (dont L’ultime razzia & Les sentiers de la gloire pour Kubrick) et vit son œuvre adaptée à maintes reprises ; entre autres par Alain Corneau (Des cliques et des cloaques devient Série noire) et Bertrand Tavernier (1275 Âmes engendre l’impérissable Coup de torchon). Pour l’occasion, Winterbottom s’assure les services du fidèle chef-op Marcel Zyskind (In This World, Code 46, 9 Songs).

The Killer Inside Me se pare d’un casting « high class », avec Casey Affleck (Will Hunting, L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford) dans le rôle-titre, le glaçant Lou Ford, entouré de la sublime Jessica Alba (La main qui tue, Sin City & Machete), Kate Hudson (Presque célèbre, La porte des secrets ; on lui attribuerait selon les rumeurs le rôle de Linda Lovelace - inoubliable héroïne de Gorge profonde, dans un biopic éponyme en préparation), de cette vieille trogne d’Elias Koteas (Crash de Cronenberg, Bienvenue à Gattaca, La ligne rouge de Malick, …), de Ned Beatty (Délivrance, Superman & Superman II), du bellâtre Simon Baker (Land of the dead) et du trop rare Bill Pullman (Malice, Lost Highway, Surveillance), pour une truculente apparition en fin de film.

Après un générique délicieusement rétro, The Killer Inside Me ne tarde pas à nous confronter à la dualité de son personnage principal (Lou Ford), véritable antihéros, représentant (emblème) de l’ordre, mais psychopathe en puissance, prenant un malin plaisir à exprimer son amour des femmes à coups de mandales dans la gueule. Difficile d’éprouver de l’empathie pour pareille brute épaisse et c’est là la plus grande audace du film, qui ne nous cachera rien de ses états d’âme (si l’on peut les appeler ainsi). L’apparence stoïque du personnage d’Affleck, relativement insensible, redouble d’ailleurs l’intensité de ses soudaines éruptions de violence.

Dans cet univers de « péquenots du Midwest » (relayé par la BO nostalgique de Joel Cadbury & Melissa Parmenter, cette dernière étant déjà à l’œuvre sur Un été italien de Winterbottom), personne n’est tout blanc ni complètement noir ; les protagonistes s’illustrent dans une belle gamme de gris, sondant par instants les tréfonds de l’âme humaine (psyché). Le caractère profondément manipulateur de Lou, qui a sa propre conception du bien et du mal, s’allie à une vision terriblement déformée des liens sociaux (les rancœurs enfouies conditionnent tout le reste).

Cette ambiance de film noir rural, aux accents chantants, est magnifiée par une direction photo inspirée, aux tons délavés, parfois irradiée de la lumière dorée du soleil texan ou enjolivée d’un regain de couleurs (pastels ou saturées, filtres bleutés pour la nuit, …).

« Il fait toujours plus clair juste avant la tombée de la nuit. »

Le film dépeint la crudité de rapports humains mis à nu, où l’humanité de l’autre est niée ; on y inculque le respect aux femmes à coups de ceinture et de « spanking », une tendance allant de pair avec le masochisme des personnages de la torride Jessica Alba et de Kate Hudson. The Killer Inside Me exhale un côté charnel exacerbé, la rudesse de l’acte sexuel renvoyant ici à la violence des coups portés… La fièvre s’empare autant des corps suintants, ruisselant de sueur, que de l’esprit torturé de Lou.

Malheureusement, comme souvent, Winterbottom dilue ses enjeux narratifs sur la durée et, couplé à de menus problèmes de rythme, rend ce Killer Inside Me moins percutant qu’il n’aurait du l’être. Le raccourcir aurait accentué la « sécheresse » du propos, s’attachant au parcours de ce meurtrier « de proximité ».

En l’état, The Killer Inside Me reste un exemple convaincant de film noir « white trash », cruel, trouble et dont les images vous accompagnent, telles une petite musique entêtante.


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