Critique de film

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Jusqu'en Enfer

"Drag Me to Hell"
affiche du film

Christine Brown, spécialiste en crédit immobilier, vit à Los Angeles avec son petit ami, le Professeur Clay Dalton. Tout va pour le mieux jusqu'au jour où la mystérieuse Mme Ganush débarque à la banque et la supplie de lui accorder un crédit supplémentaire pour sa maison. Christine hésite entre la compassion et la pression de son patron, Mr Hicks, qui la voudrait plus ferme avant de lui octroyer une promotion. Fatalement, Christine choisit sa carrière, même si sa décision met Mme Ganush à la rue. Pour se venger, la vieille femme jette la malédiction du Lamia sur Christine, transformant sa vie en un véritable cauchemar. Hantée par un esprit malfaisant, incomprise de son petit ami, elle se fait aider du medium Rham Jas, qui l'entraine dans une course frénétique contre la damnation éternelle, pour inverser le sortilège...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Jusqu’en Enfer - Sam est toujours Groovy !
Par : Romain Mollet
Tags : Diable et démons, Sorcellerie

Après un long (et réussi) détour par la case Spider-Man, le génial Sam Raimi revient enfin aux sources de ce qui a fait sa renommée à travers le monde : le film d’horreur. Si les fans de la première heure d’Evil Dead craignaient ce retour, placé sous la contrainte d’un PG-13, les premières minutes du film suffisent pour se rendre à l’évidence : Drag Me to Hell est une vraie bombe, comme on n’en avait pas vu depuis longtemps.

Exit Ash Williams, Raimi a trouvé en la personne de Christine Brown un nouveau souffre-douleur qui, à l’instar du personnage culte incarné par Bruce Campbell, passera d’une vie morne à celle de combattant d’esprits malveillants, le tout saupoudré avec un humour irrésistible.
Jeune spécialiste dans l’immobilier, Christine fait l’erreur de refuser le dossier d’une vieille gitane pour faire plaisir à son patron, et ainsi monter dans les échelons de l’entreprise, en ces temps de crise sociale. Ce qu’elle ne pouvait pas prévoir, c’est que cette dame âgée n’admet pas son échec et lui lance une terrible malédiction. En invoquant le démon Lamia, Christine sera, en seulement trois stades - un par jour -, directement emmenée dans les antres de l’Enfer. C’est le début d’un long calvaire pour la pauvre héroïne, mais aussi le début du délire pour le spectateur.

Après un pré-générique hallucinant, qui annonce d’emblée l’ambiance du film, Sam Raimi distille son intrigue de différents genres : après une courte présentation, le récit s’ancre peu à peu dans la peur véritable, qui va décrescendo dans l’intrigue, se combinant parfaitement avec le second degré, à l’instar d’un Evil Dead II. Car contrairement à une majorité des films d’horreurs actuels, qui désirent jouer avec la résistance du spectateur face à la violence physique insoutenable, Sam Raimi revient à un parti-pris plus conventionnel mais ô combien efficace. Alternant horreur parfois cartoonesque et moments de détente qui dérapent aisément, le film est dominé par la peur. Le spectateur, laissé seul dans une ambiance lourde, fait face à des moments de silence sans cesse dérangés par de nombreux bruits inattendus et soutenus dans leur inquiétant étrangeté par l’excellente bande-originale de Christopher Young. Un stress qui accompagne à l’écran le personnage, Christine, qui découvre quasiment en même temps que nous les effets terrifiants (pourtant pressentis) à venir. Drag Me to Hell s’apparente donc à un véritable train-fantôme dans lequel on s’aventure dans un seul but : s’éclater. Comme à son habitude, Sam Raimi applique la recette qui l’a fait connaître au monde entier et nous livre des moments de pure hilarité (Christine invitée chez ses beaux-parents ou aux prises de Mme Ganush dans une cabane digne du garage d’Evil Dead) mêlés à de nombreuses références à un genre qu’il connaît décidément par coeur.

Plus les heures passent pour Christine, plus la peur prend un autre aspect dans le métrage. Ce qui terrifiait autrefois, le spectateur y a pris goût et désormais, ce qu’il désire c’est du délire on ne peut plus jouissif. Un délire d’abord visuel, puisque même 28 ans après ses débuts, Sam Raimi continue à faire osciller sa caméra dans tous les sens, donnant lieu à des scènes hallucinantes à l’énergie frappante (l’incantation, par exemple). La mignonne Alison Lohmann a subi, durant le tournage, une torture de tous les instants et a dû montrer sa ténacité face à un cinéaste qui l’a malmenée autant qu’il ne l’avait fait avec Bruce Campbell des années auparavant. Autant éprouvant pour les acteurs que pour le spectateur, le bonheur atteint son apogée lors d’un délicieux dernier quart d’heure, relativement calme par rapport au déluge précédent - est-ce pour mieux surprendre ? - mais à la fois dantesque et irrésistiblement hilarant.

Bref, avec ce retour au film d’horreur décalé, Sam Raimi prouve d’une part qu’il n’a rien perdu de son esprit génial, bourré d’idées farfelues, mais aussi qu’il suffit de franchement peu pour faire vraiment flipper et rire un public qui en redemande. Un don qui n’est pas donné à tout le monde, et que l’on aimerait bien voir (ou plutôt revoir) plus souvent dans ces temps où le cinéma fantastique manque parfois d’originalité. D’ores et déjà un chef-d’oeuvre du genre !


Critique de Jusqu’en enfer - Retour magistral du maître de l’horreur
Par : Damien Taymans

Christine Brown, jeune spécialiste en crédit immobilier, est naturellement douce et gentille. Sa générosité pourrait d’ailleurs bien lui coûter une promotion à laquelle elle aspire depuis quelques temps, celle du poste de manager adjoint. Pour se démarquer de son concurrent principal aux yeux de son patron, Christine décide de durcir ses méthodes et de faire montre de caractère. Sa victime n’est autre qu’une vieille dame qui vient la consulter pour obtenir une extension de crédit avant qu’elle ne perde définitivement sa maison. Le refus de l’employée déclenche la furie de la gitane qui délivre sur Christine le démon Lamia, divinité maléfique qui aspire les âmes et les emmène dans les ténèbres après que la victime a vécu un martyr de trois jours.

Attendue par une multitude d’aficionados, Jusqu’en enfer, la nouvelle péloche horrifique de Sam Raimi réalisée quelque 17 ans après le dernier volet de la trilogie Evil Dead, promettait moins d’effusions gore, ne serait-ce qu’en regard de sa classification PG-13. D’autant que le modèle à l’aune duquel se voit comparée cette nouvelle fournée se permettait tous les excès, Raimi alternant, dans l’ensemble de sa trilogie, excentricités potaches, mouvements de caméra improbables et geysers d’hémoglobine dont la victime consentante était son compagnon de route, Bruce Campbell. Constat sans appel. Raimi n’a absolument rien perdu de sa verve et parvient, vingt ans après avoir créé l’une des œuvres les plus enthousiasmantes des eighties, à redorer le blason de l’horreur, réduite ces derniers temps, à quelques exceptions près, à de simples torture porns aux effusions tape-à-l’œil et à de vulgaires survivals aux effets éculés.

Fidèle à ses propres préceptes, le cinéaste trouve dans Alison Lohman un nouveau souffre-douleur mis à rude épreuve durant le tournage. La gorgée noyée par des fluides répugnants ou par une kyrielle d’insectes, les cheveux arrachés, le corps courbaturé par les multiples prises, la jeune actrice subit un martyr similaire à celui enduré à l’époque par Campbell. Continuellement portée à l’image, l’héroïne monopolise l’écran et devient, à ses dépens, le nouveau sujet d’étude psychologique de Raimi. Personnage fragile (comme pouvait l’être Ash, à l’égard de son aimée meurtrie, ou Peter Parker, handicapé de l’identité), miné par un passé embarrassant (l’alcoolisme de sa mère, le décès prématuré de son père et une origine campagnarde ressentie comme une honte), Christine évolue sur la corde raide et fait preuve d’agnosticisme avant de se résoudre à suivre les préceptes de la sorcellerie et de la magie noire. Pour appuyer sa thèse, Raimi multiplie les séquences polysémiques qui présentent tour à tour des moments véritablement effrayants et des passages résolument comiques. Cet équilibre délicat amène doute et suspicion quant à la santé mentale de l’héroïne, hantée par des visions cauchemardesques aussi tangibles dans l’horreur qu’elles suscitent qu’irréelles dans leur dimension cartonnesque, possiblement manipulée par un médium cupide et minée par les regards inquisiteurs de son petit ami, enseignant en psychologie. Plurivoque de bout en bout, la situation ne cesse de se dégrader, en même temps que l’esprit de Christine s’abime dans des théorèmes occultes aux atours naïfs (la chèvre siégeant lors de la sublime et éprouvante scène de spiritisme, le sacrifice animal) serinés par un medium qui pourrait être un charlatan.

Une équivocité perpétuelle qui ne trouvera finalement d’explication qu’en fin de métrage, après que Raimi aura tiré et retiré sur une série de ficelles pourtant élimées qu’il rend, par la grâce de son sens de la narration et du montage, incroyablement efficaces. Véritable grand huit aux ascensions fulgurantes, film-somme aux multiples auto-citations jubilatoires (la Oldsmobile, une voix familière derrière la tenture, le geyser de sang), Jusqu’en enfer se pare en outre d’un sous-texte des plus actuels en s’attaquant, de manière patente, à la xénophobie citadine, à l’arrivisme (professionnel et social), au mépris des classes bien nées pour les campagnards, à la froideur des créditeurs et à la compétitivité capitaliste. Sorte d’Evil Dead (avant un quatrième officiel ?) des temps modernes, le métrage remplit pleinement son contrat et atteste que son auteur est l’un des plus talentueux réals de ce siècle.


Critique de Jusqu’en enfer - Black funny magic
Par : Samuel Tubez

Sam is back, baby ! Non pas avec de nouvelles aventures de l’homme araignée mais avec une réjouissante histoire de mauvais sort et de démons agités. Back to the roots, donc, pour l’auteur d’Evil Dead qui a conservé toute sa verve et son talent quand il s’agit de nous faire peur et rire à la fois. Prenez vite votre ticket, le train pour l’enfer ne va pas tarder à démarrer !

La jeune et belle Christine Brown, spécialiste en crédit immobilier, est bien décidée à obtenir le nouveau poste de manager au sein de la banque où elle travaille. Un jour, une vieille gitane, Mme Ganush, se rend à son bureau afin de lui demander un crédit supplémentaire pour sa maison. Christine tente d’aider la pauvre dame, mais pour prouver à son patron qu’elle est capable de prendre des décisions difficiles, elle lui refuse péniblement cette requête. Cet acte va lui coûter cher, car pour se venger de cette humiliation, Mme Ganush invoque le Lamia, un démon qui tourmentera la jeune femme durant trois jours avant de l’emmener en enfer.

Quand le maître revient au genre qui l’a fait connaître auprès des fans d’horreur, le résultat ressemble à une vraie leçon de cinéma, aussi divertissante que remarquable. C’est bien simple, peu de réalisateurs actuels réussissent à manier avec autant d’audace et de maestria l’humour et l’angoisse au sein d’une même œuvre. Drag me to Hell est donc logiquement un ride horrifique tour à tour drôle, fun, inquiétant et fou. Le réalisateur d’Evil Dead va droit au but, nous présente ses personnages, Christine Brown en tête (Alison Lohman, aussi mignonne que névrosée), et place ses pions aussi brièvement qu’efficacement. Le rythme est parfaitement maîtrisé (quel bonheur, on ne s’ennuie pas une seconde !) et le moindre élément est mis en place pour parvenir à nous bluffer (le coup du bouton dans l’enveloppe, on le sent venir mais ça marche du feu de Dieu !). Roublard, Sam Raimi est aussi diablement généreux et subversif, puisqu’il n’hésite pas à faire couler quelques fluides peu ragoûtants, allant même jusqu’à jouer de la farce macabre avec un pauvre petit chaton. Certes, on n’est pas dans l’outrance visuelle d’un Evil Dead 2, mais les effets gores et horrifiques ici présentés sont toutefois parfaitement jouissifs. Le réalisateur cite à de multiples reprises sa célèbre trilogie horrifique (gobage d’œil compris) jusqu’à une séance de spiritisme aussi cartoonesque qu’agressive. En apothéose finale, Raimi nous balance même, après nous avoir autant fait rire que stresser, un climax aux antipodes du happy end mielleux habituellement de rigueur dans ce type de production. Alors non, Sam n’a pas perdu son âme à Hollywood en fabriquant de gros blockbusters friqués (il n’est d’ailleurs pas anodin que l’intrigue de Drag me to Hell débute dans une banque), il a tout simplement affiné son savoir en gagnant en efficacité et en restant avant tout au service de ceux qui font vivre le cinéma : les spectateurs.

Aussi drôle qu’inquiétant, aussi jouissif que barré, Drag me to Hell nous prouve que Sam Raimi tient toujours la forme, et qu’il peut passer d’une grosse machine à un petit ride horrifique avec une aisance déconcertante. Seuls petits reproches à faire : il manque Bruce Campbell à l’appel et quand le générique final apparaît, on en voudrait encore plus !

Commentaires sur le film

Drag me to Holl(ywood) !

3 etoiles

On a beau adoré Sam Raimi, on ne cesse de penser que Evil dead était plus fun, SI la film reste intéressant à tout les niveaux, on ne peut s’empêcher de penser que le réal joue un peu trop facilement la redite. Il contentera au moi ses fans, c’est déjà ça

31 août 2009 à 21:08 | Par Isokilla
Sososduu1o.6

0 etoiles

Jkiiff Tropp Cee FiIllLmm !!

22 novembre 2009 à 20:11
Enfin !

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Enfin je trouve un site où l’on trouve de bonnes critiques de films d’horreur ! Bonnes car elles sont bien écrites, parce qu’on sent les connaisseurs et qu’en plus, je suis d’accord avec elles :)... comme c’est le cas pour Jusqu’en enfer. Il doit faire partie de mes 10 films du genre préférés. Et je suis très difficile...
Merci de nous aider à trouver des perles dans un océan de daubes.
Ne vous arrêtez surtout pas !

25 juillet 2011 à 23:07 | Par Elorav

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

trop bien il tue ce film merci a sam raimi

20 avril 2012 à 23:04 | Par la viper

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