Critique de film

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Ju-On: Black Ghost

"Ju-on: Kuroi Shôjo"
affiche du film

Le fantôme noir d'une fillette terrorise une poignée de personnes.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Ju on Black ghost - Enième retour
Par : Fred Pizzoferrato

Débutée à la fin des années ’90 et poursuivie avec succès par divers remakes, eux-mêmes suivis de séquelles, la franchise « Ju-On » refit parler d’elle en 2009 avec la sortie de deux métrages censés célébrer les dix ans de la sage. D’une durée d’une heure chacun ce dytique se compose du très réussi Ju on - white ghost et du nettement plus dispensable Ju on - Black ghost, exploité dans les pays anglo-saxons sous forme d’un dvd incluant les deux épisodes, Ju on - White ghost/Black ghost.

Réalisé par Mari Asato, Ju on - Black ghost s’intéresse à une certaine Yuko (jouée par la pop star Ai Kago précédemment vue aux côtés de Sammo Hung dans Kung fu chefs), infirmière de son état, qui soigne la dénommé Fukie. Mais une étrange malédiction s’attache à Fukie et toutes les personnes qui entrent en contact avec elle finissent par mourir mystérieusement. Il apparaît que la sœur mort née de Fukie, furieuse de n’avoir jamais existé, tente de prendre possession de la jeune femme et maudit tous ceux qui croisent sa route. La situation se détériore au point que la mère de Fukie en appelle à un exorciste pour se débarrasser de l’esprit démoniaque.

Artificiellement relié à une saga commercialement porteuse, ce médiocre métrage s’inspire surtout de The unborn signé David S. Goyer mais aussi de toute la vague « asian ghost stories » de ces dernières années. Le récit se développe par conséquent sans beaucoup d’originalité et apparaît comme familier, les péripéties et autres twist se révélant en définitive fort attendus.

Même si Ju on - Black ghost dure à peine soixante minutes, le rythme languissant et le côté prévisible de l’intrigue rend l’ensemble peu passionnant. Pour éviter un total désintéressement du spectateur, Mari Asato doit recourir à la grosse artillerie horrifique, ponctuant le film d’une poignée de scènes gore. Pas vraiment à leur place dans une production normalement davantage portée sur l’angoisse et le climat d’épouvante, ces séquences d’horreur graphique, aussi gratuites qu’elles puissent paraître, aident néanmoins à digérer une pilule plutôt amère. Ju on - Black ghost progresse donc à coup de scènes déjà vues et revues dans de nombreux titres antérieurs sans rien apporter de novateur à un genre à présent galvaudé. Pour entretenir la filiation avec les volets précédents de la saga, Mari Asato se permet simplement un petit clin d’œil à la mythologie « Ju-On » certes sympathique mais pas vraiment indispensable. Le principal reproche que l’on pourrait adresser à l’entreprise réside d’ailleurs dans le manque d’audaces et d’implications ayant présidés à sa réalisation, comme si l’équipe souhaitait simplement offrir un divertissement sans la moindre prétention afin de satisfaire les fans de la saga. Hélas, en ne prenant pas le moindre risque et en se contentant d’emprunter à des productions antérieures, Ju on - Black ghost ne décolle jamais et échoue à susciter le moindre frisson.

Si le scénario essaie d’introduire un minimum de caractérisation des personnages, voire quelques considérations sociales, Ju on - Black ghost ne peut guère s’y intéresser en raison de sa durée bien trop réduite. Le métrage se résume par conséquent à une nouvelle et banale histoire de fantôme asiatique, non dénuée de fautes grossières ni de passages ratés sombrant involontairement dans le ridicule. Certes, Ju on - White ghost souffrait des mêmes problèmes mais le cinéaste y maitrisait plus efficacement l’outrance et le grotesque tandis que Ju on - Black ghost parait simplement mal ficelé. Au niveau de la mise en scène, de la photographie, du son ou de l’interprétation, le métrage de Mari Asato ne propose rien de mémorable et accuse même un côté télévisuel regrettable et une confection bâclée, probable conséquence d’une trop grande précipitation rendue obligatoire par la date anniversaire à respecter.

Ju on - Black ghost constitue, en définitive, une nouvelle addition dispensable à la saga « Ju-On » et n’entretient d’ailleurs que peu de rapport avec les précédents épisodes de la franchise. Sa courte durée et l’une ou l’autre scène horrifique raisonnablement efficace en rendent toutefois la vision tolérable pour les plus indulgents mais nous sommes loin d’une grande réussite de l’épouvante asiatique ou même d’un film se démarquant un tant soit peu du tout venant.


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