Festival NIFFF de Neufchatel (Suisse)

Journal du NIFFF Jour 5

Sommaire :

  • Compte-rendu de la journée
  • Avis sur les films
  • Preview : Rovdyr (Manhunt)

Par Colqhoun

Compte-rendu de la journée

Nous avons rencontré Joe Dante ! Et Hideo Nakata ! Et Xavier Gens ! Et Jaume Balaguero ! Et Lamberto Bava !

Heureusement d’ailleurs, parce que, question films, ce n’était pas vraiment la panacée. Nous avons bien découvert le très kitsch et rigolo Terrore Nello Spazio (aka La Planète des Vampires), de Mario Bava, film qui inspira énormément le Alien de Ridley Scott, mais tant Sleep Dealer, Om Shanti Om où [REC] n’aurons pas vraiment su nous convaincre.

Sleep Dealer est un film mexicain de science-fiction altermondialiste. Tout un programme. Une société où les travailleurs mexicains sont connectés via des "nodes" à des machines aux Etats-Unis qu’ils commandent à distance. On pense d’office à Matrix. Mais la comparaison n’ira pas plus loin. Sleep Dealer, derrière une envie de révolte, de faire parler les travailleurs de l’ombre, ceux qui subissent le système, se plante tant formellement que dans ce qu’il veut raconter. Effets clipesques bateau et scénario qui met des plombes à se mettre en place, on attend en vain que le film démarre enfin et ce ne sera que durant les 10 dernières minutes qu’enfin, il se passera finalement quelque chose. Trop peu pour convaincre.

Après la sf mexicaine anémique, nous changeons de continent. Om Shanti Om, de Farah Khan est probablement l’une des plus grosses productions bollywoodiennes de ces dernières années. Surenchère de moyens, des décors tous plus gigantesques les uns que les autres, des acteurs qui en font des tonnes et des chansons, élément obligatoire de toute bonne production de Bollywood qui se respecte. Le film ne passionne pas outre mesure, malgré un côté fun plutôt attachant. Mais des conférences doivent débuter et nous quittons la projection en cours de film.

Hideo Nakata. C’est lui que nous allons écouter pendant une petite heure. Le monsieur est très sympathique en plus d’être plutôt loquace. La conférence (animée par Julien Sévéon, journaliste chez Mad Movies), revient principalement sur les adaptation de Suzuki, l’auteur de Ring et Dark Water. On y apprend notamment que l’auteur s’est énormément inspiré de petites anecdotes de sa vie de tous les jours pour écrire ses différentes oeuvres. Nakata parle aussi de sa collaboration avec Hollywood, qui lui aura permis, selon ses propres mots, de beaucoup s’amuser. Finalement, sans rien affirmer, le réalisateur japonais évoque ses éventuels futurs projets, dont un qui pourrait se faire en Angleterre. La conférence se termine et les fans se ruent sur le bonhomme pour faire signer dvds, affiches et tout un tas de bricoles.

Nous n’avons pas le temps de souffler que déjà la conférence suivante démarre. Et cette fois-ci c’est au tour de monsieur Joe Dante de prendre possession de la petite salle du Théâtre du Passage pour venir nous parler de sa carrière. Passionnant, drôle, plein d’anecdotes, le réalisateur des Gremlins a énormément de choses à raconter. Il nous parle de ses débuts chez Roger Corman, des bandes-annonces qu’il devait créer pour les films de ce dernier (films tellement mauvais qu’il réalisait des bandes-annonces pleines d’images n’apparaissant jamais dans le film en question), de son premier film, Piranhas, qui avait été défendu par Spielberg alors que les exécutifs chez Universal hurlaient au plagiat des Dents de la Mer ou encore d’Explorers que les producteurs avaient abandonné en cours de route, laissant Dante avec un film pas terminé, obligé de faire un montage à partir des images qu’il avait pu tourner.

On sent dans ses propos une grande nostalgie pour une époque révolue, un regret de la trop grosse industrialisation du 7ème art, de la disparition progressive des traces des films passés (destruction de vieux décors mythiques), ou des difficultés à réunir régulièrement les mêmes acteurs pour tourner un nouveau film, les tournages se délocalisant de plus en plus actuellement (et Dante est reconnu pour avoir un noyau dur d’acteurs que l’on retrouve dans quasiment tous ses films, Kevin McCarthy, Dick Miller ou encore Robert Piccaro). Cette rencontre est plutôt émouvante car derrière son humour pince-sans-rire, ironique, Joe Dante dégage une certaine frustration de ne plus vraiment pouvoir faire ce qu’il voudrait. La disparition de son ami et collaborateur Jerry Goldsmith (compositeur sur quasiment tous ses films) aura aussi en partie diminué son envie de se relancer sur un projet de long-métrage. Nous espérons toutefois que ce réalisateur mordant trouvera prochainement un nouveau projet enthousiasmant et qu’il reviendra sur le grand écran. Cette conférence avec Joe Dante aura probablement été l’un des moments les plus forts de ce festival pour beaucoup de monde et le monsieur, par sa grande accessibilité, n’aura fait que renforcer notre amour pour ses films.

Nous essuyons la petite larme qui s’accroche au coin de notre oeil et repartons nous enfermer dans une salle pour la projection suivante. Nous allons découvrir l’un des films les plus attendus de la rétrospective italienne, Terrore Nello Spazio, aussi connu sous le titre français de La Planète des Vampires, réalisé par Mario Bava en 1965. Grande inspiration de l’Alien de Ridley Scott, Terrore Nello Spazio est l’un des rares films de science-fiction italien. Totalement rétro, gentiment kitsch, le film fait surtout forte impression pour ses décors embrumés. Nous aurons aussi eu la joie d’avoir Lamberto Bava (fils de), venu présenter le film en compagnie de l’équipe du festival Science + Fiction de Trieste. Une séance éprouvante, la climatisation ayant décidé de nous lâcher en cours de route. Mais le film est plaisant, très beau à regarder et pas trop long.

Une mer de monde ayant envahi le NIFFF, nous ne pouvons assister à la séance de Sparrow. Vient alors le dernier film de la soirée, le très attendu [REC] de Jaume Balaguero et Paco Plaza. Ce dernier étant absent, c’est Balaguero himself qui aura fait le trajet jusqu’au festival pour venir présenter son film. Pas spécialement amateur du cinéma du monsieur, nous découvrons ce film avec quelques aprioris inévitables. Et si durant sa première partie la mise en place, la réalisation, sont convaincants, ce qui suit nous fait gentiment bailler. Le film tente de ménager des moments de surprises, mais tue tout éclat en faisant sursauter le spectateur dans une succession de séquences pénibles par leur trop grande prévisibilité. On rigole bien en voyant un pompier éclater la gueule d’une grand-mère à coup de massue, on sursaute quelque peu lorsqu’un homme s’écrase en bas la cage d’escalier, mais ce seront à peu près les seuls moments inattendus et donc efficaces du film. La mise en scène est toutefois impressionnante dans sa logistique et force le respect lorsque l’on apprend après coup, de la bouche de Balaguero, que certains plans font plus de 20 minutes sans interruption, avec utilisation d’effets spéciaux.

La soirée se termine, dans la fatigue. Entre temps nous aurons encore croisé Xavier Gens qui nous ménagera un peu de temps aujourd’hui pour revenir sur ce festival et, peut-être, sur d’autres bricoles. Vous serez tenu au courant dans tous les cas.

La dernière journée a débuté, encore quelques films à voir, et nous espérons ne pas sombrer dans le sommeil en cours de journée.

Colqhoun


Avis sur les films

Sleep Dealer 1/5

Un propos qui se veut ambitieux, mais qui se perd en chemin et servi par une réalisation abominable

Om Shanti Om ??/5

Parti en cours de projection, la première heure est rigolote, plein de couleurs, mais ne passionne pas outre-mesure.

Terrore nello spazio 4/5

Fabuleux production design, le film, s’il ne brille pas par son scénario, est très plaisant à suivre.

[REC] 2/5

Pas spécialement terrifiant malgré un concept visuel maîtrisé.


Preview

Manhunt

(source : NIFFF)

Durant l’été 1974, dans une ambiance camping-car et cassettophone, quatre jeunes traversent la campagne norvégienne pour un week-end dans les bois. L’ambiance à bord n’est pas au beau fixe. Entre une attitude castratrice face à sa petite amie Camilla et ses répliques méprisantes à l’égard d’un Jørgen plutôt mou du genou, Roger finira par s’attirer les foudres de Mia. L’autostoppeuse terrifiée qu’ils ont embarquée au détour d’un restoroute plutôt glauque tentera bien de leur faire comprendre que les abords de la forêt ne sont pas propices à une prise de bec. Mais en vain... Quand plus tard ils se réveilleront au son d’un cor de chasse, ligotés dans une clairière, la règle du jeu s’imposera d’elle-même : courir, et vite.
Dans cette chasse à l’homme sans motif ni merci, l’atmosphère funky ne tardera pas à virer sérieusement bloody. Proposant un décor et une tension qui rappellent le Blair Witch Project, Manhunt est un slasher intense, un survival aux codes bien aiguisés, alternant cavales haletantes et coups de grâce sanglants, orchestrés par des Mac Gyver d’une perversité sans limites. En mal de sensations fortes ? Please, help yourself !

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage