Festival NIFFF de Neufchatel (Suisse)

Journal du NIFFF Jour 4

Sommaire :

  • Compte-rendu de la journée
  • Avis sur les films
  • Preview : Tokyo !

Par Colqhoun

Compte-rendu de la journée

Nous vous avions livré nos impressions du 3ème jour avant de découvrir le dernier opus de Romero, Diary of the Dead. C’est désormais chose faite. Nous ne nous étalerons pas trop, la déception est grande et Romero, derrière une approche formelle intéressante (la HD très bien utilisée), se plante dans les grandes lignes en livrant un film bien trop théorique. Voix-off moralisatrice, mise en abîme neuneu, le film veut se faire le critique de la télé-réalité et de la manipulation des médias mais finit par s’auto-caricaturer. Reste les zombies, quelques scènes gores rigolotes et un amish bad-ass mémorable. Bref, effaçons ces images de notre esprit et passons à la suite.

Au programme donc, un western nippon, des nerds, des courts-métrages, plein de filles nues, un E.T. HK, du survival ibérique énervé et beaucoup de cannibales. Rien que ça !

Sukiyaki Western Django est le nouveau film de Takashi Miike. Enfin, "nouveau" est peut-être un terme un peu fort puisqu’au moment où nous écrivons ces lignes, le stakhanoviste du cinéma japonais a probablement déjà dû réaliser au moins 25 nouveaux films. Je ne sais pas à quoi carbure le bonhomme, mais un peu de son énergie ne serait pas de trop pour tenir le coup, parce que la fatigue commence gentiment à se faire écrasante (s’endormir aux projos de presse le matin, c’est pas forcément bon signe). Donc, nous disions, Sukiyaki Western Django est le nouveau film de Takashi Miike. Un western spaghetti, tourné au Japon, en anglais, avec un guest de luxe, monsieur Quentin Tarantino. Le résultat est détonnant. C’est ultra fun, totalement décomplexé, un peu long (mais bon, avec Miike on commence à avoir l’habitude) et au final le film fout la patate. Tant mieux, c’est idéal pour débuter la journée !

Manque de pot, on enchaîne avec une petite production finlandaise pas spécialement enthousiasmante, Astropia. Le pitch a pourtant tout pour être accrocheur. Des nerds, une bimbo blondasse et des évadés de prison, qui vont s’affronter dans un univers d’heroic fantasy tout droit sorti d’un jeu de rôle. Mais le film s’en tient mollement à son idée de départ et n’amène rien de bien excitant. Un film par des nerds, pour des nerds, qui ne se fatigue pas dans son exécution et se limite à accumuler des séquences sans saveur et attendues.

Fatigué d’une compétition internationale pas spécialement savoureuse, nous nous attaquons aux courts-métrages suisses avec une attente toute spéciale pour Dead Bones de Olivier Beguin (qui, je vous le rappelle, a été interviewé sur ce site il y a quelques semaines de cela). Les courts-métrages sont, dans l’ensemble, plutôt décevant. Du cinéma d’art et d’essai qui ne raconte rien en sur-esthétisant à outrance, de l’intimiste chiant comme la mort, de la fantasy trop sûre de ses qualités formelles, j’en passe et des meilleures. S’en sortent tout de même quelques oeuvres passionnantes, dont Die Seilbahn, film d’animation plein d’humour, de tendresse et de surréalisme, ou encore Sainte Barbe, là aussi de l’animation, qui, en quelques minutes à peine, dégage une belle intelligence. Et enfin Dead Bones, dernier film projeté de la sélection. Western cannibale où nous découvrons Arie Verveen (Sin City, The Thin Red Line) pourchasse un homme et arrive dans un village dirigé par l’immense Ken Foree. Dans l’ensemble le film est plutôt réussi, ses 18 minutes passent comme une lettre à la poste, l’action est bien présente et les acteurs en imposent sévèrement. On regrettera en revanche quelques choix de montage un peu étranges et une image HD pas vraiment adaptée au sujet (mais des dires du réalisateur, un gonflage sur pellicule pourrait être envisageable si les fonds suivent). Une sélection qui ne nous aura pas totalement convaincu, même si, 2-3 films tirent leur épingle du jeu.

Changement de décor total, nous avons un peu de temps libre pour aller découvrir un film de la rétrospective Jess Franco, Blue Rita, aka, le Cabaret des filles perverses, présenté par le réalisateur en personne en début de séance. En résumé, nous n’avons pas vraiment compris de quoi il en retournait si ce n’est qu’il ne se passe jamais plus de 2 minutes sans qu’une fille totalement dénudée entre dans le cadre. C’est rigolo, coloré et heureusement plutôt court.

Sans prendre la peine de voir le Franco jusqu’à la fin, nous nous dépêchons de prendre des places pour CJ7, le nouveau film de Stephen Shaolin soccer Chow. Ici, Chow incarne un travailleur peu fortuné qui met tout en oeuvre pour que son fils puisse rester dans une école de choix. Un jour, après quelques fouilles dans une décharge, il ramènera un nouveau jouet pour son fils, sans savoir qu’il s’agit d’un petit extraterrestre tout mignon. Grosse aventure de gamin, pleine de blagues pas très fines et de séquences d’actions surréalistes, CJ7 est un bon gros divertissement familial des plus sympathiques. Et comme toujours chez Stephen Chow, derrière la gaudriole très cartoon, se cache toujours un propos social assez fort. Et ce film-là n’y loupe pas. Avant d’attaquer un survival contemplatif, ce E.T. hongkongais était tout à fait ce qu’il nous fallait.

Nous quittons Hong Kong pour l’Espagne sauvage. Les montagnes. Des routes qui n’en finissent pas. Un homme qui veut aller retrouver son ex-copine. Des chasseurs qui ont décidé de traquer de l’humain, voilà comment débute El Rey de la Montana (en français Les proies, bonjour la traduction de feignasse). Le film prend son temps, se concentre sur ses personnages sans jamais nous en dire trop et se laisse aller de temps à autre à des explosions de violence. Sans vous révéler de quoi il en retourne, après une première partie somme toute assez classique, une surprise survient (pas vraiment un twist, juste une petite surprise) et donne un coup de fouet au film. Ce choix ne convainc pas totalement mais permet de donner beaucoup plus de profondeur aux personnages tout en glissant à l’oreille du spectateur quelques interrogations. La fin sèche et sans concession fait aussi plaisir à voir dans cette période où le sur-explicatif gerbant à tendance à s’imposer de plus en plus.

Nous sortons d’une salle pour rentrer dans une autre et rejoindre, en cours de route, la nuit Italia Cannibale, qui proposait Cannibal Holocaust, Antropophagous et L’Enfer des Zombies. Et si sur le papier le programme donne envie, ce qui sera projeté sur l’écran est déjà moins agréable. Versions censurées, exemptes de toutes les scènes fortes de chacun de ces films (exit la tortue, la femme empalée et le viol dans Cannibal Holocaust, exit l’éventrage de femme enceinte dans Antropophagous), amis de la frustration bonjour. Gagné par la fatigue et le dépit, nous nous enfuyons du NIFFF.

Une 4ème journée en demies-teintes, des bonnes surprises, quelques grosses déceptions, mais il nous reste encore quelques films de la compétition internationale à découvrir (Tokyo, l’apparemment brutal Manhunt) et 2-3 autres séances qui pourraient nous rassurer (REC, Sparrow, Doomsday).

On espère, on espère, mais en attendant, on prend du bon temps, en traînant sur la terrasse du NIFFF, à l’ombre de quelques grands arbres, sirotant un verre tout en sachant que d’ici quelques heures nous aurons l’honneur de rencontrer le grand Joe Dante, mais aussi Hideo Nakata ou de recroiser Jaume Balaguero.

Je vais aller me chercher un petit jus d’orange et traîner un peu dans les parages...

A demain.

Colqhoun


Avis sur les films

Sukiyaki Western Django 3/5

Très fun, plein d’action et d’humour, mais quelques temps morts.

Astropia 1/5

Un film pour et par des nerds, qui se contente du minimum.

CJ7 3/5

Du cinéma sympathique, frais, réjouissant, mais pas forcément mémorable.

El Rey de la Montana 4/5

Un survival superbement bien réalisé mais qui se termine sur une note un peu étrange et pas totalement convaincante.


Preview

Tokyo !

(source : NIFFF)

Librement inspiré de Tokyo et tourné au cœur de la ville, le film se déploie en un triptyque poétique et décalé, signé Michel Gondry, Léos Carax et Bong Joon-ho. Dans Interior Design, un jeune couple projette de s’installer à Tokyo. À côté de son petit ami ambitieux et débordant d’énergie créatrice, une jeune femme en perte de repères retrouvera un sens à son existence après s’être métamorphosée… en chaise ! L’auteur de La science des rêves (2006) prouve une fois de plus sa maîtrise des codes du surréalisme.

Absent des écrans depuis Pola X (1999) et pourtant légendaire depuis Les Amants du Pont-Neuf (1991), Léos Carax revient quant à lui avec une contribution déjantée et grassement subversive, interprétée par son comédien emblématique, Denis Lavant. Personnage loufoque et quasimodesque, Merde défraye la chronique par la terreur qu’il inflige aux passants. Le tapage médiatique se muera en véritable traque, le jour où le monstre balancera à tout va les grenades dénichées dans les égouts où il a élu domicile.

Présent au NIFFF 2007 avec l’époustouflant The Host (2006), Bong Joon-ho clôt la série avec une fable SF intitulée Shaking Tokyo. Dans une ville secouée par des tremblements de terre, un hikikomori (vivant reclus de la société) s’éprend de la jeune livreuse de pizzas qui s’évanouit chez lui. S’il compte la revoir, ce ne sera pas sans efforts. Une critique sociale tragicomique qui, à l’image de tout l’opus, saura séduire les fans de genre tout en tirant sur la corde 68arde avec une légèreté bienvenue.

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