Festival NIFFF de Neufchatel (Suisse)

Journal du NIFFF - Jour 4

Prison, kung-fu et survival kazakh

C’est une longue journée qui m’attend, six films et presque autant de genres différents. Après une nuit de nouveau très (trop ?) courte la fatigue se fait sentir.

J’attaque cette belle journée avec un film dont on m’a dit beaucoup de bien. Dog Pound de Kim Chapiron. Trois jeunes délinquants, Butch, Davis et Angel sont envoyés dans la prison pour mineurs d’Enola Vale. Dans les conditions difficiles du milieu carcéral, ils vont devoir choisir leur camp, victimes ou brutes. C’est Butch, en unissant ses forces avec Davis, qui va prendre le dessus sur les autres prisonniers mais ça ne va pas se passer comme prévu. Je citerai en premier les acteurs qui ont tenu leurs rôles à merveille et sont parvenus à rendre ces jeunes d élinquants crédibles. Mais surtout on s’attache et on souffre avec ces trois garçons. Tout spécialement, Adam Butcher, l’acteur incarnant Butch qui nous transmet sans mal les sentiments et angoisses de son personnage. Le film nous transcrit aussi très bien l’atmosphère particulièrement lourde et étouffante de la prison. Ce ne sont pas des sujets nouveaux qu’abordent Dog Pound, mais les scènes très directes relatant les faits nous ramènent droit à la réalité de la situation et nous touchent plus facilement, en raison de l’âge des garçons. Ces mêmes sujets sont aussi les points négatifs du film, on se retrouve de nouveau devant un film de prison qui est revenu à la mode depuis quelques années.

En deuxième vision de presse de la journée c’est Strayed un film kazakh d’Akan Satayev. Une 4x4 tombe en panne au milieu de la steppe kazakh avec à son bord, un homme, sa femme et son fils. Après avoir passé la nuit dans la voiture, le mari se réveille seul dans la voiture. Il se dirige vers une ferme habitée par un vieillard et sa fille. Après avoir fait leur rencontre, l’homme est persuadé qu’ils ont un rapport avec la disparition de sa famille. Une fois les quinze premières minutes du film passées, celui-ci devient vite redondant et nous endort (et oui, dans la salle on est plusieurs à piquer du nez) pour ne nous réintéresser que lors des quinze dernières minutes. C’est d’ailleurs fort dommage vu son aspect visuel qui était très prometteur. Autre point négatif : le réalisateur cherche à répondre à toutes les questions que soulève le film mais sans nous donner la réponse majeure qui tourne autour de la disparition de la famille, laissant le spectateur sur sa faim.

Après une pause, je reprends ma place dans la salle obscure pour une projection du Japonais Sogo Ishii, Crazy Thunder Road de 1980. Le film relate l’histoire d’un gang de motards dont le leader quitte le groupe par amour pour une barmaid. C’est alors Jin qui reprend les commandes du gang et va s’attirer les foudres d’autres motards et d’une milice militaire. Ambiance survoltée et salle pleine pour mon premier film de Sogo Ishii. Je me réjouissais beaucoup pour le film surtout après les échos positifs de The Crazy Family qui avait été projeté le jour précédent. Mais pas de chance pour moi, grosse déception. Visuellement pour moi le film est un calvaire, entre contre-plongée abusive sur tout et mauvaise qualité de l’image (dû peut-être aussi à la bobine), j’ai eu beaucoup de peine à rentrer dans son univers. Ensuite, la bande sonore décalée avec les mouvements de bouche des personnages donnait juste envie de quitter la salle. Mais j’ai tenu le coup jusqu’au bout en piquant malheureusement quelques fois du nez. Donc pour moi une bien triste expérience que je ne pense pas réitérer malgré les dires des fans devant moi qui me jurent que ses films plus récents valent la peine.

Continuons sur une note plus folle avec Gallant de Clement Cheng et Derek Kwok. A peine arrivé dans le village où Cheung doit travailler, il se retrouve déjà dans les problèmes. Il est sauvé d’une raclée certaine par Tigre, un vieux disciple de Kung-fu, dont le Maitre, plongé dans le coma depuis trente ans, va se réveiller. Superbe comédie de Kung-fu où les acteurs principaux sont des anciennes stars des films du genre. Ils en font des tonnes et ça passe, mais surtout le public adore et en redemande. Bref pas grand-chose à dire sauf que le film est fait pour les fans de comédie asiatique … et pour les néophytes aussi, d’ailleurs ! Il ne faut pas être un connaisseur d’art martial pour l’apprécier et rire de bon cœur.

L’avant-dernier film de la journée va nous emporter dans la réalité du marché immobilier de Hong Kong avec Dream Home de Pang Ho-Cheung. La salle de l’Apollo 1 est presque pleine et on attend tous sagement le film. Les lumières s’éteignent, la pub passe et le film commence. Euh…ou non…on a le générique de fin et en plus à l’envers ! Donc après une demi-heure d’attente pour régler le souci, la séance reprend enfin. C’est donc une histoire qui se passe de nos jours à Hong Kong où une jeune femme Cheng ne rêve que d’une chose : avoir son propre appartement avec vue sur le Port Victoria. Mais un tel appartement vaut cher, très cher et Cheng n’en a pas les moyens. Pour arriver à ses fins elle est capable de tout, même de meurtre. Pang Ho-Cheung aborde ici un sujet qui est un vrai problème à Hong Kong et il le fait de façon très gore. C’est vrai que pendant le film on n’est pas en manque d’hémoglobine, ni de boucherie en tous genres. Avec une belle esthétique, la bonne dose d’humour et de bonnes scènes trashs et gore, on pourrait s’attendre à un très bon film asiatique. Malheureusement, l’abus de flashback inutiles qui retracent la vie de Cheng s’avère ennuyeux et plombe le défilement de l’histoire, d’autant qu’ils sont en opposition totale avec les scènes du présent. Mais malgré tout, je conseille de le voir si vous en avez l’occasion même si c’est juste pour les scènes de massacres qui n’y vont pas avec le dos de la cuillère.

Et j’arrive morte mais satisfaite à la fin de ma journée parce que malgré deux films qui ne m’ont pas convaincu, il y en à trois autres pour contre balancer. Et pour ceux qui suivent ils doivent se demander où est mon dernier film vu que je n’en ai cité que cinq. Alors mon dernier était un Sogo Ishii à 00h30 et après cinq minutes d’Asia Strickes Back, j’ai vraiment décidé que ce n’était pas pour moi et que je préférais des bières et mon lit à du Sogo.

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