Festival NIFFF de Neufchatel (Suisse)

Journal du NIFFF Jour 3

Sommaire :

  • Compte-rendu de la journée
  • Avis sur les films
  • Preview : Les proies

Par Colqhoun

Compte-rendu de la journée

Hier le soleil nous transformait en saucisse à rôtir, aujourd’hui, des pluies diluviennes agrémentées d’orage se sont déversées sur l’Helvétie. Au point que cela a carrément interrompu certaines séances de fin de soirée hier tout en abîmant un peu de matériel. Toutefois, rien de grave, les séances reprenaient de plus belle aujourd’hui. Séances qui nous ont réservé quelques bonnes grosses déceptions, mais qui nous auront aussi offert notre premier chef-d’oeuvre du festival, un petit film de vampires venu du nord, Let the Right One in. A croire que les dieux nous auront entendus...

Pour se mettre en appétit et finir de se réveiller totalement, quoi de mieux qu’un film de zombies ? Dance of the Dead, de Gregg Bishop nous est donc servi en entrée. Des geeks doivent combattre des macchabées fraîchement revenus d’outre-tombe pour sauver les étudiants qui sont au bal de fin d’année. Si l’on est enclin à apprécier des films pas forcément exceptionnels dans un cadre de festival, on a aussi parfois l’impression que les réalisateurs se contentent du strict minimum en capitalisant sur leurs acquis et sur des situations scénaristiques inévitables pour faire glousser de joie l’amateur en manque de tripaille. Dance of the Dead fonctionne totalement de cette manière. Aucune prise de risque, aucune originalité, des situations jamais exploitées, des personnages interchangeables et inintéressants, le tout servi par une réalisation hideuse, on attend vainement que le film décolle enfin. Et s’il n’est pas exempt de qualités (quelques scènes rigolotes), cette danse des morts reste bien oubliable. Pour le coup, on espère que les zombies de papi Georges relèveront un peu le niveau du genre d’ici la fin de la journée.

Après le teen-movie-zombie-flick mal foutu, direction la Macédoine pour un drame fantastique introspectif, Shadows, de Milcho Manchevski. N’y allons pas avec le dos de la cuillère, cette histoire d’un type qui voit des apparitions étranges à la suite d’un accident de voiture et qui voit sa vie de famille se réduire en miettes est une catastrophe. Un pensum puant la prétention, alors qu’au fond ce n’est que le remake péteux du Sixième Sens de M. Night Shyamalan. Deux heures d’ennui, où le réalisateur s’amuse à faire n’importe quoi, à enchaîner des séquences dignes d’un téléfilm TF1 et à diriger des acteurs qui ont dû apprendre leur métier en jouant une pièce de théâtre lorsqu’ils avaient cinq ans. Un film exécrable, irritant et moche et dont la présence dans cette compétition internationale, jusqu’à présent pourtant pas exceptionnelle, tire le niveau vers des abîmes insondables.

A peine sorti de la salle, nous retournons dans la file d’attente pour aller voir, à la suite, deux films de la rétrospective des thrillers italiens, à savoir I Corpi presentano tracce di violenza carnale (sorte de précurseur du slasher) et Il dolce Corpo di Deborah. Le premier accumule avec beaucoup de bonheur les situations prétextes pour mettre des filles à poils avant de les massacrer, tandis que le deuxième adopte le rythme et les rebondissements des pires épisodes de Derrick avant de se conclure dans un twist qui n’est pas sans rappeler le réjouissant Wild Things de McNaughton. Des films cheaps, remplis d’acteurs tous plus mauvais les uns que les autres, montés et réalisés avec les pieds, mais qui, au final, s’avèrent plutôt sympathiques et légers.

Nous sommes donc au NIFFF depuis 3 jours. Déjà 11 films vus et jusqu’à présent, rien de véritablement marquant. 1 ou 2 films intéressants (13 Beloved, The Substitute), 2-3 autres qui ont quelques menues qualités (les italiens, The Cottage) et le reste est tout juste bon pour la poubelle.

Réjouissons-nous, ce soir le festival nous aura offert un petit bijou. Une merveille sombre et dérangeante qui nous vient tout droit du pays de grandes blondes, le très suédois Let the Right One in, de Tomas Alfredson. Nous ne nous étalerons pas trop car le film aura droit, d’ici quelques jours, à une critique complète en bonne et due forme. Pour vous mettre l’eau (le sang ?) à la bouche, nous nous contenterons de dire que les films traitant du vampirisme avec autant d’intelligence et d’intégrité sont rares, que les drames touchants à l’enfance avec une telle sensibilité et une telle clairvoyance ne sont pas légion et que le traitement visuel totalement épuré et pourtant si oppressant tutoie la perfection à de nombreuses reprises. Peut-être est-il un peu tôt pour crier au chef-d’oeuvre et probablement faudra-t-il redécouvrir le film dans d’autres conditions, mais une telle maîtrise, tant scénaristique que formelle, nous redonne quelque peu confiance dans cette compétition internationale jusqu’ici plutôt morne.

Après une telle découverte, difficile d’attaquer un nouveau film. D’autant plus que celui-ci adopte lui aussi un rythme plutôt lent et qu’il est projeté en plein air. Le froid et la fatigue auront eu raison de nous et nous fuiront Ashes of Time redux de Wong Kar Wai après une petite demie-heure pour venir vous livrer les impressions de la journée. Journée qui n’est d’ailleurs pas terminée, la séance du dernier Romero, Diary of the Dead, débutant d’ici quelques dizaines de minutes. Mais pour savoir ce que nous en aurons pensé, il vous faudra revenir demain.

Oh et, petite réjouissance, nous avons croisé Xavier Gens et Jens Liens, sans pour autant avoir l’occasion d’échanger quelques mots ni de les prendre en photo (forcément, si on oublie de prendre l’appareil photo avec, c’est pas l’idéal).

Je m’arrête là avant que ma tête ne s’écrase mollement sur le clavier et m’enfuis à la dernière projection de ce 3ème jour du NIFFF.


Avis sur les films

Dance of the Dead 2/5

Mal foutu, ne va pas au bout de ses idées, mais possède son lot de moments sympathiques.

Shadows 0/5

Deux heures d’ennui d’une prétention sans limite.

I Corpi... 3/5

Plein de jeunes filles qui passent leur temps à se foutre à poil. Des meurtres rigolos. Et ... c’est tout.

I dolce 1/5

Encéphalogramme plat d’un bout à l’autre. La fin reveille le tout en proposant des twists en cascade complètement nawaks.

Let the right one in 5/5

Petite merveille dérangeante et émouvante, le film touche dans le mille.


Preview

Les proies

(par Damien)

Quim roule dans une région isolée en suivant une route sinueuse. A l’orée d’un bois, il se perd pour de bon. Sans boussole et sans Tom-tom, Quim tente en vain de se repérer. Soudain, il devient la cible de tirs en provenance de la montagne. Alors qu’il tente d’échapper aux projectiles, il tombe sur Béa, une jolie jeune femme qui semble perdue et vit apparemment le même cauchemar que lui. Méfiants l’un envers l’autre, ils décident néanmoins d’unir leurs forces pour quitter cette forêt hostile et glaciale et semer leurs poursuivants.

La troisième réalisation de Gonzalo Lopez-Gallego a été présentée au festival de Gerardmer où elle concourrait avec deux autres oeuvres espagnoles à savoir Rec et L’orphelinat. Face à ses deux concurrents, El Rey de la montana a eu bien du mal à se démarquer, ne boxant pas dans la même catégorie qu’eux. Eloigné du sensualisme ibérique que l’on retrouve dans le film de Bayona, Les proies s’attache à aborder le genre d’une manière autre sans pour autant se distinguer totalement des survivals célèbres. Sorte de croisement entre Les chiens de paille de Peckinpah et le Délivrance de Boorman, le métrage tient autant du thriller angoissant que du jeu vidéo exacerbant la violence en imposant un certain recul. Influencé, Lopez-Gallego ? Probablement. Inspiré ? Assurément. Ne reste plus au réalisateur qu’à nous séduire en nous prouvant qu’il est bien le roi de la montagne...

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