Festival NIFFF de Neufchatel (Suisse)

Journal du NIFFF 2009

Jour 1

Par Colqhoun et Manuel

L’an passé, nous avions couvert le NIFFF par l’entremise de notre cher correspondant Colqhoun qui remet le couvert cette année, accompagné cette fois d’un envoyé spécial, Manuel. Vous pourrez retrouver sur la durée du festival leurs avis et réflexions à propos des films...

C’est dans un gentil chaos qu’a débuté cette 9ème édition du petit festival qui monte et qui s’impose désormais comme l’un des acteurs phares du cinéma de genre en Europe. Neuf années de découvertes extraordinaires et de déceptions au moins autant importantes, d’invités prestigieux et d’une diversité qui, au fil des années, ne pourra laisser personne indifférent. Et ce n’est pas cette année que le festival faillira à sa réputation. Avec un programme haut en couleurs, parfois intriguant (que vient faire Catherine Breillat dans la compétition internationale ?), souvent réjouissant (la succulente sélection Catégorie III qui nous vient tout droit de Hong Kong, la projection sur grand écran de The Thing, le chef d’oeuvre de John Carpenter, un open air qui gagne en confort et qui promet quelques belles découvertes ou encore cette sélection de films de William Castle, trublion du cinéma d’horreur des 60’s qui s’amusait à effrayer les spectateurs par le biais de trucs et astuces se déroulant durant le film) mais aussi un brin inquiétant (une sélection asiatique qui n’augure rien de fameux). Quoiqu’il en soit, le NIFFF fait réagir, et pour débuter le festival, c’est on ne peut plus idéal.

Et donc, les premières heures de cette 9ème édition ne furent pas de tout repos. Billeterie en rade, de nombreuses séances complètes et donc de nombreux frustrés qui n’hésitaient pas à faire remarquer leur énervement. Quoiqu’il en soit, au final, c’est l’apanage de tous les grands festivals de débuter sur les chapeaux de roue. Mais une fois la première projection passée, tous les problèmes ont disparu et l’on se laisse porter par le mouvement des festivaliers et de la chaude ambiance qui s’annonce pour la semaine.

Passé une cérémonie d’ouverture à laquelle je n’ai pas pu assister, c’est à Moon de Duncan Jones (qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est autre que le fils de David Bowie) d’ouvrir le bal. De la science-fiction raffinée, paisible, très modeste dans son déroulement et, même si relativement simpliste dans le fond, reste un beau film. Ici on suit donc Sam Bell qui travaille depuis maintenant 3 ans sur la lune à gérer l’extraction d’un minerais, l’helium-3, source d’énergie primordiale pour la Terre. Mais Sam, pourtant complètement seul dans sa station, va un jour tomber sur son double parfait et comprendra alors qu’on ne lui a pas tout dit. On retiendra avant toute autre chose l’interprétation de Sam Rockwell, qui occupe les 99% de l’écran, seul ou accompagné de lui-même et qui confirme une fois de plus l’étendue de son talent. La réalisation de Duncan Jones se veut fluide, spatiale (évidemment) et la musique de Clint Mansell l’y aide à merveille. Le NIFFF frappe donc un grand coup en nous offrant cette oeuvre épurée en première séance.

L’open-air nous sauvera de l’épuisante chaleur de la salle de cinéma et c’est sous un ciel étoilé que nous allons découvrir The Countess, premier long-métrage de l’actrice Julie Delpy. C’est l’histoire, la légende, de la terrible comtesse Bathory (vous savez, cette sympathique bonne femme qui prenait des bains de sang de vierges -plusieurs centaines de victimes, dit on- dans l’espoir de rester jeune). Une oeuvre entre drame romantique, complots politiques et pur film de genre, d’un classicisme épuré, où l’on pourra croiser, en plus de la réalisatrice dans le rôle-titre, William Hurt en fourbe manipulateur. Si sur le papier le projet promet de belles choses, le résultat, lui, pâtit un peu d’un rythme qui, d’agréablement lent au début devient péniblement long sur la fin (et je vous avouerais que ce genre d’univers, ce n’est pas du tout ma tasse de thé). Mais à écouter les gens à la fin de la séance, le film semble avoir plu à la majorité.

Et c’est déjà la fin de cette courte première journée. Chaleur exécrable, pluie imprévisible, organisation dépassée par son succès retentissant, cela ne freinera en tout cas pas nos ardeurs pour la suite de ce festival qui promet une 2ème journée forte en émotions. Nous aurons en effet la chance de découvrir sur grand écran The Thing puis, plus tard, à nouveau à l’open-air, le très attendu et très coréen The Chaser, qui s’annonce dans la lignée de Memories of Murder de Bong Joon-Ho (président du jury international cette année).


Après huit longues heures de train et les attaques successives des douanes luxembourgeoise et suisse, traquant avec une diligence toute hygiéniste, tous les poils de barbes récalcitrants, me voici arrivé aux abords du lac de Neuchâtel où s’apprête à se dérouler la 9éme édition du Festival du Film Fantastique de Neuchâtel. Six jours de projection avec pas moins d’une vingtaine de films en compétition officielle, sans compter les sections parallèle et autres rétrospectives.

19h30, coup d’envoi du festival avec la projection de Moon, film de SF du Britannique Duncan Jones qui a déjà fait parler de lui à Sundance ainsi que dans les allées du marché du film de Cannes. Après de longues minutes à attendre, tel un poulet en cage –le label NIFF autour du coup, un ticket pour cette séance spéciale- votre serviteur se verra denier l’entrée dans la grande salle. Partie remise pour une séance en fin de séjour. Belle entrée en matière, me direz-vous, ou les aléas d’un petit festival victime de son succès.

Une pluie orageuse vient troubler quelques instants le cadre ensoleillé de cette première journée. Délesté de mes bagages mais non de mes obligations envers vous, je décide de me rabattre sur la projection nocturne de The Countess, projet de longue date porté à l’écran par Julie Delpy qui s’octroie par la même occasion le rôle-titre.
Là ou l’amateur de genre serait en droit de s’attendre à une relecture délicieusement saphique du mythe du vampirisme, le film n’offre à contempler qu’un vague récit pseudo féministe incapable de tirer profit de l’imagerie profondément iconique qui le sous-tend.
Film de couloir, hautement verbeux, soulignant au stabylo les moindres ressorts de son intrigue, The Countess transforme Élisabeth Báthory et sa cour en chromo digne d’une production Josée Dayan.
C est sur cette note en demi-teinte que se conclue cette première soirée festivalière.

Le festival ne commençant pleinement que demain avec la projection de Vertige du frenchy Albert Ferry et de Grace de l’américain Paul Solet les compteurs sont remis à zéro .

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