Festival NIFFF de Neufchatel (Suisse)

Journal du NIFFF 2009

Jour 6 et Palmarès

Par Colqhoun et Manuel

LE PALMARES DU NIFFF 2009

Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film à :

FISH STORY de Yoshihiro Nakamura, Japon

Mention spéciale à :

INFESTATION de Kyle Rankin, USA

Grâce à son humour, à l’hommage rendu aux films fantastiques tournés depuis Méliès en 1895, à sa capacité à effrayer le spectateur et au fait qu’il nous incite à nous procurer de l’insecticide fabriqué en Suisse, nous estimons qu’une mention spéciale doit être décernée à Infestation.

Méliès d’argent du meilleur long-métrage européen à :

LEFT BANK de Pieter Van Hees, Belgique

Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur court-métrage suisse à :

LE PETIT DRAGON de Bruno Collet

Prix Taurus Studio à :

LE PETIT DRAGON de Bruno Collet
DÉJÀ de Antonin Schopfer

La nomination pour le Méliès d’or du meilleur court-métrage européen va à :

TILE M FOR MURDER de Magnus Holmgren, Suède

Le Prix TSR du Public revient à :

CONNECTED de Benny Chan, Hong Kong/Chine

Le Prix du meilleur film asiatique est attribué à :

THE HANDSOME SUIT de Tsutomu Hanabusa, Japon

Le Prix Mad Movies du film le plus « Mad » va à :

LEFT BANK de Pieter Van Hees, Belgique

Le Prix Titra Film revient à :

ANTICHRIST de Lars Von Trier, Danemark/Allemagne/Pologne/Suède/Italie

COMPTE-RENDU

Vous avez sûrement déjà tous découvert le palmarès du festival, je me permettrais donc d’y revenir brièvement à la fin. Mais avant cela je vais tâcher de revenir sur les 3 derniers jours de cette 9ème édition, de laquelle on retiendra avant toute chose une affluence hors-norme et un beau temps écrasant.

Vendredi fut, pour moi, une bien courte journée. Un seul film au programme, l’intriguant Franklyn. Nous y découvrons la ville de Meanwhile City, sombre mégapole futuriste, existant dans un univers parallèle à Londres. Plusieurs individus en quête de vérité finiront par trouver un passage entre les deux mondes. Il est difficile de ne pas voir les nombreuses références qui parsèment le film, sorte de gros melting pot des Watchmen (John Preest, le héros solitaire qui porte un masque noir et blanc rappelle immédiatement Rorschach), de V for Vendetta, de Dark City et voire même un peu de Matrix. Ce qui empêche assez rapidement au film d’exister vraiment de lui-même. Néanmoins le récit est suffisamment étrange pour que l’on s’y intéresse et les tenants et aboutissants seront bien loin de ce que l’on pouvait imaginer (même si la conclusion est un peu poussive). Difficile pour moi d’en dire plus au risque de spoiler le film. Franklyn offre un univers visuel tout à fait abouti et impressionnant et la présence d’Eva Green et de Ryan Philips à l’écran lui offre une ambition supplémentaire non négligeable.

Et le vendredi au NIFFF se terminait déjà. Le samedi me confirma que le festival était bel et bien victime de son succès. A peine arrivé sur place de nombreuses séances affichaient déjà complet. Impossible donc pour moi d’accéder à Antichrist, Connected et autres Cyborg She. Je me laissais donc porter par les places encore disponibles et me retrouvais devant un film de la rétrospective dédiée à Shinji Aoyama (Eureka), Embalming. Comme son titre l’indique, c’est d’embaumement dont il sera question ici. Du moins au premier abord. Bien vite le film s’emballe dans une intrigue à couches multiples et nous perd dans des histoires de manipulations médicales, de frères et soeurs qui s’ignorent et de trafic d’organes. De plus la projection est d’une qualité technique déplorable et semble être faite à partir d’un mauvais divx. Couleurs ultra baveuses, gros pixels à l’écran, des scènes auxquelles on ne comprend rien tant les nuances sont totalement absentes, ce qui n’aide pas à l’appréciation de ce film déjà bien ennuyant mais heureusement assez court.

La journée ne fait que commencer et le prochain film de mon programme ne démarre qu’en fin de soirée. Je décide donc de me rendre à la conférence donnée par le réalisateur coréen Bong Joon-Ho. Conférence qui restera parmi mes meilleurs souvenirs de ce festival. Le bonhomme est loquace, passionné, intelligent. Il dresse de nombreux parallèles entre l’histoire de son pays et ses films (l’introduction de The Host, tirée d’un fait réel, la présence américaine sur le pays et la relation amour-haine qu’il entretient avec, etc..), s’attarde à expliquer ses méthodes de travail (en écriture, dans l’utilisation de la musique) et nous parle aussi de son dernier film, Mother ainsi que du prochain projet sur lequel il travaille et qui s’annonce comme une superproduction de science-fiction. De la part de l’auteur de The Host et Memories of Murder, c’est une nouvelle des plus alléchantes. La petite heure allouée pour cette conférence aura tôt fait de s’évaporer tant monsieur Bong a de choses à dire. Si sa notoriété est encore à faire sur le vieux continent, sa réputation de surdoué est elle déjà bien établie dans le cercle des connaisseurs.

C’est après cette belle leçon de cinéma que nous allons engloûtir une bonne grosse pizza pour se préparer à la soirée qui s’annonce mémorable. Au programme, Crank II : High Voltage (la suite de Crank aka Hyper-Tension) et Dead Snow, un film scandinave qui met en scène des zombies nazis dans les montagnes enneigées. Perte de neurones assurée.

Crank II est sans aucun doute l’objet cinématographique le plus abrutissant de l’Histoire. Un concentré de mauvais goût qui envoie Bad Boys II aux oubliettes au bout de 5 minutes de film. Une course-poursuite d’une vulgarité effroyable, tournée comme un clip de skateboard, où l’on suit un Jason Statham probablement sous l’influence d’une quantité de drogues à peine imaginable et qui tente de récupérer son coeur, volé par les triades chinoises. On y croise des prostituées à la tonne, des stripteaseuses qui se font fusiller les seins et voient le silicone s’en échapper, des hommes de main se faire sodomiser à coup de fusil à pompe, un combat surréaliste qui nous renvoie à Godzilla, une scène de copulation sur la piste d’un hippodrome et au final un Jason Statham en feu qui nous tend un doigt d’honneur accompagné d’un rictus des plus méprisants. Crank II se rapproche sans doute plus d’une lobotomie sans anesthésie qu’à un véritable film de cinéma.

Dead Snow ne fera pas tellement mieux. Si le film est un peu plus posé, on s’ennuie tout de même sérieusement pendant un bon moment avant de voir de la tripaille exploser à l’écran. Malgré son concept de zombies nazi super énervés, le film ne présente qu’une "banale" altercation entre une bande de jeunes cons et quelques morts-vivants qui s’ennuyaient. L’attaque au marteau et à la faucille reste l’un des moments les plus drôles du film et l’on aura vite fait d’oublier cet énième zombie-flick à peine sortis de la salle. Le samedi se termine donc dans la bêtise crasse, ce qui, en soit, n’est pas pour me déplaire (et accompagne à merveille la pizza précédemment avalée).

Nous attaquons le dimanche dans la fatigue et l’envie d’en finir au plus vite. Et c’est en Belgique que nous nous rendons pour débuter la journée.

Left Bank (Linkeroever) de Pieter Van Hees nous invite à découvrir cet étrange quartier du même nom en suivant Marie, jeune sportive promise à une grande carrière, qui verra tous ses espoirs anéantis à cause d’une infection. Elle ira alors vivre chez son nouveau petit ami, Bobby. Progressivement elle perdra pied avec la réalité et découvrira alors que cet endroit cache un secret particulièrement affreux. On pense à Rosemary’s Baby ou au Locataire de Polanski en suivant cette jeune femme troublée. Car il est ici autant question d’aliénation sociale que d’occulte, qui se rejoindront dans la froideur oppressante de la ville et sous l’oeil aiguisé de la caméra du réalisateur. Ce dernier réalise son film avec une précision et une froideur en parfaite opposition avec la violence que subit le corps de Marie. On pense au Cronenberg des débuts qui mettait en scène des corps meurtris dans des environnements urbains inhumains (Shivers, The Brood). Left Bank est un film qui imprime la rétine, qui surprend par ses audaces scénaristiques et par la maîtrise implacable dont fait preuve le jeune réalisateur dont c’est ici le premier long métrage. Le jury mad movies ne s’y est pas trompé en lui décernant le prix du film le plus "mad" du festival (un prix qui permettra au film une place de choix dans une prochaine édition du magazine). Accessoirement c’est ici l’une de mes plus belles découvertes de ce festival. Les deux films qui suivront seront, du coup, bien loin d’être à la hauteur.

Tormented est un petit slasher qui, s’il est coproduit par la prestigieuse BBC et par Pathé, reste d’une médiocrité bien sentie. Passé quelques meurtres plutôt fun et un très léger discours sur les problèmes d’éducation en Angleterre (discours qui revient maintenant régulièrement dans le cinéma du pays via des films comme Eden Lake, The Children ou encore Mum and Dad), le film affiche un vide scénaristique effarant doublé d’une réalisation MTV insupportable.

The Forbidden Door, de l’indonésien Joko Anwar, ne fait pas tellement mieux. Malgré une première demie-heure intriguante et un générique absolument pas cohérent en regard de ce que l’on nous raconte, le film choisit la facilité d’un twist imbécile avant de se conclure sur deux autres fins (!!!). Deux heures que l’on aura passé sans trop d’ennui mais que l’on terminera attéré devant le culot du réalisateur de s’imaginer qu’il puisse prendre à ce point le public pour un crétin.

Enfin, quoiqu’il en soit, le festival est sur le point de se terminer. Reste la cérémonie de clôture accompagné de The Good, the Bad and the Weird de Ji-woon Kim (A bittersweet Life, Two Sisters) et du dernier open-air du festival, l’adaptation du manga 20th Century Boys. Je ne verrais malheureusement pas ces deux derniers films qui, je dois toutefois l’avouer, ne m’intéressaient pas le moins du monde. La cérémonie se déroulera sans accrocs avec néanmoins un moment surréaliste durant lequel Erika Stucky, membre du jury international, se lance dans une performance musicale à base de pelle, de grognements et d’accordéon miniature. On retiendra aussi la surprise de voir le très oubliable Infestation être récompensé d’un prix spécial du jury. Le reste du palmarès fait la part belle aux productions asiatiques avec un Fish Story récompensé 2 fois, accompagné de Connected ainsi que The Handsome Suit. Dommage pour moi, je n’avais prévu aucun de ces trois films à mon programme et serait donc bien emprunté de vous dire si oui ou non ils méritaient leurs prix.

Le festival est maintenant terminé et l’on attend avec impatience la 10ème édition qui devrait s’annoncer épique. On retiendra de cette 9ème cuvée plusieurs belles découvertes (Mary and Max, The Chaser, Left Bank pour moi), une chaleur écrasante qui ne nous a jamais fait faux bond et une billeterie au bord du chaos (le système est clairement à repenser tant il semble avoir amené plus de problèmes que de solutions, même si la volonté de faciliter le travail en interne est compréhensible). Le NIFFF établit d’année en année sa position de festival ambitieux dans le paysage européen et dans le cadre de la compétition du prix Méliès et se révèle comme l’acteur majeur de la promotion du cinéma de genre en Suisse.

A l’année prochaine.

Manuel

L’édition 2009 du NIFF vient de s’achever.

Au programme de cette ultime chronique, les premiers pas du cinéma interactif, un western noodle, l’adaptation d’un manga culte et un rapide retour sur le palmarès du festival de cette 9iéme édition. Derniers films de la rétrospective consacrés à William Castle, Mr Sardonicus et 13 Ghosts souffrent de la comparaison avec la mémorable présentation de The Tingler en séance nocturne, deux jours auparavant (LA séance du festival).

Réalisé en 1961, Mr Sardonicus prolonge en mode mineur les bases ludiques et roublardes du cinéma sauce Castle. Sur un canevas classique de récit fantastique, teinté d’imagerie gothique, Mr Sardonicus propose un des macguffins les plus excitants de l’histoire du cinéma, à savoir la possibilité pour le spectateur d’influer sur le sort du personnage éponyme. Fumisterie marketing mais véritable profession de foi, cet argument distingue Castle du reste des petits malins qui gangrènent le genre. Refusant de limiter sa création à un simple procédé publicitaire, Castle joue avec brio des attentes contrarié du spectateur en faisant miroiter une hypothétique fin alternative. Avant l’heure, Castle alimentait le phantasme de tout cinéphile en matière de scène coupée, de version alternative ou autres curiosités qui constituent aujourd’hui le saint graal de tout accro au celluloïd.

13 Ghosts, loin de son effroyable remake signé Dark Castle est une réjouissante comédie horrifique. Usant des mêmes artifices que Mr Sardonicus, le film propose au spectateur, équipé de lunettes polarisées, de se transformer en ghostbusters de fortune le temps d’une séance. Synthèse additive de couleurs pour film en noir et blanc soit un certain avant goût de surréalisme. Le cinéma de Castle célèbre l’innocence retrouvée d’un médium qui se vit comme une expérience collective, et constitue un antidote parfait à la fièvre de téléchargement.
Evénement de cette dernière édition, cette rétrospective doit beaucoup à l’enthousiasme non feint de son maître de cérémonie Bill Goldstein et au formidable travail de reconstitution et de recherche effectué par l’équipe du Niff 2009.

Le temps de piquer une tête dans le lac de Neuchâtel, nous nous rendons à la cérémonie de clôture du festival. Ponctué par un délicieux happening vocal de Erika Stucky, membre du jury international, entre coup de pioche et gémissement de screamqueen, la cérémonie se déroules dans un joyeux bordel et une franche bonne humeur.

Les grands gagnants ce cette 9iéme cuvée sont Left Bank (Méliès d’argent du meilleur long-métrage européen et Prix Mad Movies du film le plus « Mad »), Infestation (Mention spéciale du jury), Fish Story (Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film) et The Handsome Suit (Prix du meilleur film asiatique), sans oublier le prix du public réservé à Connected.

Récompensé par la plus haute distinction du festival, Fish Story était sans aucun doute le film le plus libre d’une sélection qui peinait à s’affranchir de ses prestigieux modèles.

Si le film souffre d’un manque évident de moyens et d’un rythme quelque peu confus, il émeut par sa peinture touchante et utopique d’un groupe de punk japonais oublié de tous mais dont le morceau phare va permettre de sauver la planète de l’extinction.

Le choix de Left Bank me laisse quant à lui bien plus dubitatif. Si le métrage de Peter Van Hess est certes servi par une troupe d’excellents comédiens et une belle photo crépusculaire, il échoue à retranscrire l’essence fantastique et sombre dans final des plus bisseux. Un film guère Mad en somme, je laisse à ceux qui ont appréciés ce film le soin de s’épancher plus longuement dessus.

La soirée s’achève avec la projection de The Good, The Bad and The Weird du coréen Ji-woon Kim et celle en open air de 20 th Century Boys.

Film foutraque et jouissif, hommage aux grande heures du cinéma d’exploitation des années 70, The Good, The Bad and The Weird est une ode au cinéma de pur divertissement. Le film enchaîne les morceaux de bravoure à un rythme effréné, telle cette hallucinante charge où chevaux, motos et tanks se mêlent dans un ballet pétaradant de bruit et de fureur. Servis par un casting de tronches ultra charismatique, Kang-ho Song en tête, le film bénéficie des sublimes paysages de Mandchourie sublimés par un format large brillant de milles feus. Excellent choix pour terminer en beauté ce festival, The Good, The Bad and The Weird est avec Connected de Benny Chan le film le plus fédérateur et divertissant de ce festival.

Deuxième salve d’adieu au Niff, 20 th Century Boys s’avère bien en deçà des attentes suscitées. Souffrant de très sérieux problèmes de rythme dans sa deuxième partie et d’une réalisation peu inspirée, le film peine à retrouver la frénésie de son modèle papier. Malgré un budget conséquent, 20 th Century Boys n’arrive jamais à être épique ou à embrasser la complexité mythologique du manga de Naoki Urasawa. Jamais subvervif en regard de son récit qui accompagne une bande d’amis d’enfance accusée de terrorisme, 20 th Century Boys est un échec cuisant.

C’est sous un fin manteau de pluie que se termine cette 9iéme édition du Niff.

Pari réussi pour un festival qui aura vu sa fréquentation exploser au point de devoir laisser sur le trottoir quelques spectateurs frustrés et harassés par une chaleur écrasante.

De cette semaine je retiendrais les chocs procurés par la découverte de The Housemaid, pépite d’un cinéma coréen méconnu, les cris d’un salle en délire face aux prodigieux The Tingler de William Castle et bien sûr le retentissement des mythiques accords du score de The Thing dans une salle constitué à partie égale de fans de la première heure et de véritables novices.

Avec simplicité le Niff 2009 nous aura rappelé les bases essentielles de partage et d’art de la salle que constitue le cinéma.

C’est avec une certaine mélancolie que je quitte Neuchâtel, ses parades de nains, ses cocktails à l’absinthe, ses éléphants et nuits blanches pour la capitale bruxelloise.

Dans l’attente du 10éme édition, live long and prosper !

LES NOTES DES CHRONIQUEURS

Colqhoun

Franklyn - 3/5

Un univers vu et revu mais un récit inattendu qui maintient l’attention

Embalming - 1/5

Un film à tiroir qui se prend les pieds dans le tapis... on s’ennuie ferme et c’est super cheap.

Crank 2 : High Voltage - 0/5 ou 5/5.. j’hésite

Un monument de débilité comme on en a jamais vu sur un écran de cinéma.

Dead Snow - 2/5

Passé le concept et quelques scènes gore, ça reste plutôt fade

Left Bank - 5/5

La grosse surprise du festival. Ambiance tortueuse, réalisation ultra soignée, un film angoissant.

Tormented - 1/5

Un slasher insupportable et clipesque au possible

The Forbidden Door - 2/5

Ou comment user du twist à 2 francs quand on a plus d’idées.

Manuel

Fish Story - 4/5

Quand le punk sauve le monde

The Good The Bad and the Weird - 4/5

Tout ce que Django Sukiyaki n’est pas

20 th Century Boys - 2/5

Fresque monumentale filmée comme un mauvais soap

Mr Sardonicus - 3/5

Rien que pour final hilarant

13 Ghosts - 3/5

Oubliez le vilain petit remake de Steve Beck et goutez à cette savoureuse petite série B.

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