Festival NIFFF de Neufchatel (Suisse)

Journal du NIFFF 2009

Jour 4

Par Colqhoun et Manuel

Séance de rattrapage pour Moon, film de science-fiction anglais avec Sam Rockell en vedette et Kevin Spacey en guest star vocale.
Sans revenir sur les éloges formulées par l’ami Colqhoun en début de festival, le film de Ducan Jones constitue un des moments de cinéma les plus excitants de cette programmation. Si Moon souffre de la comparaison avec ses prestigieux aînés, le premier film du fils de David Bowie parvient à se libérer de cette ombre tutélaire pour imposer son empreinte. Débutant sur le terrain de la fable existentielle, le film dérive au fil des circonvolutions de son scénario vers la politique-fiction et brosse en creux le portrait d’une génération autiste recluse dans un univers virtuel. Epaulée par un comédien en état de grâce et par la musique atmosphérique de Clint Mansell, Moon devrait trouver sa place au-delà des étoiles.

Passé ce moment de grâce en apesanteur The Handsome Suit renverse la vapeur et se vautre dans la fange de la comédie potache de bas étage. Jeune cuistot au physique ingrat, puceau de son état, Takuro se voit proposé un costume qui va changer sa vie et le transformer en créature de rêve aux yeux de la gent féminine.
Relecture japonaise du Docteur Jerry et Mister Love de Jerry Lewis, le film n’est sauvé que par le jeu survolté de la star du petit écran Shosuke Tanihara dans le rôle du bellâtre maladroit.

Après un documenteur de sinistre mémoire (Tachiguishi Retsuden), Oshii revient à l’animation avec le très attendu Sky Crawlers présenté dans le cadre de la sélection asiatique. Le sujet de ce Sky Crawlers nourrissait les espoirs les plus fous. Des enfants seuls habilités à piloter des avions de combat livrant une guerre sans fin. Autant prévenir les aficionados, le nouveau film du maître est un objet mineur, dénué de l’envergure propre à ses meilleurs travaux. Le film n’atteint pas les prouesses visuelles d’un Ghost in the Shell 2 malgré une combinaison toujours habile de prises de vues réelles, de 3D et d’animation traditionnelle. Oshii semble se reposer sur son fond de commerce, alternant autocitation complaisante à ses précédentes réalisations et nous perd dans les méandres d’un scénario qui ne possède ni la rigueur ni richesse thématique des écrits de Kazunori Itô son fidèle collaborateur.

Le who’s who du festival s’était donné rendez-vous ce soir pour la projection de The Tingler, morceau de choix de la filmographie du génial William Castle. Après un numéro de stand-up de Bruce Goldstein du Film Forum de New York, c’est sous les cris d’une foule en délire, hurlant à en perdre haleine, que la séance put commencer.
Véritable trip sous LSD, The Tingler est un petit régal d’inventivité, Castle, totalement décomplexé dans son art, se permet des choses qui mine de rien font mouche à chaque fois. Alternant séquences baroques, dialogues au second degré savoureux et happening délirant, le film de Castle reste un sommet du cinéma horrifique d’une étonnante modernité. L’équipe du Nifff avait tout mis en place pour faire de cette projection une séance d’anthologie, squelette volant dans les airs, scream queen en furie et même un Jean-François Rauger - éminent directeur de la cinémathèque française – en guest star apeuré.

C’est autour d’un verre sous la tente du festival que chacun put reprendre ses esprits avant de rejoindre ses quartiers et se préparer à une nouvelle journée de festivité.


Notes de Manu

Moon - 3/5

Le film de SF de la génération SMS

The Handsome Suit - 1/5

Dr Jekyll et Mister Geek, à bon entendeur !

The Sky Crawlers - 3/5

Long et auto-satisfait, le faux-pas d’un géant de l’animation

The Tingler - 5/5

Plus qu’un film, une expérience de vie

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