Festival Fantasia (Canada)

Journal de Fantasia - Episode 9

The end...

Par Beatroce

Tout a commencé il y a quelques mois, lorsque mon ancienne gérante, Barbara, avec qui je travaillais à Boston dans un cinéma de quartier, a posté sur son profil Facebook un avertissement conseillant de ne pas regarder la bande annonce du film. Une minute après, c’était fait, et ma fascination pour H.C. a commencé.

Cette nuit-là, j’ai réveillé mon chum après avoir tenté pendant vingt minutes de rassembler suffisamment de courage pour aller à la salle de
bains. Je craignais que le chirurgien du film soit dans le salon.
J’ai beaucoup hésité à aller voir H.C., étant terrifiée par les films à thématique de séquestration avec torture sans possibilité apparente de s’en sortir (Martyrs m’a fort impressionnée aussi).

Dans la file, une seule personne avant moi : François. Je ne le connais pas encore, mais je l’aborde en lui disant que j’ai peur de voir ce film, et avant même qu’il puisse répondre, je demande : puis-je m’asseoir à côté de vous ? Et je me suis retrouvée à côté d’un gars fort sympathique qui en plus nous a déniché les deux meilleurs sièges de la grande salle (il y a deux sièges différents de tous les autres et infiniment confortables ! Lui le savait, c’est pour cela qu’il voulait être le premier dans la file).

D’abord un cours métrage sympathique, Hunter’s Moon, de Matthew Page, dans lequel un homme mystérieux et jaloux interroge de façon musclée son amoureuse non moins jalouse mais bien plus mystérieuse, par une propice nuit de pleine lune.

The Human Centipede, Tom Six

Un routier infortuné tente de se soulager le long de l’autoroute non sans avoir prévu une quantité importante de papier wc (un rouleau dans chaque main).
Malheureusement pour lui, un chirurgien retraité et spécialisé dans la séparation des siamois le capture pour son projet personnel qui est désormais de réunir - et non plus détacher - les êtres humains en créant des combinaisons. Il séquestre le routier dans une cave médicalisée et n’en croit pas ses yeux lorsque deux belles jeunes femmes sonnent à la porte de sa villa isolée en pleine forêt. Elles sont perdues et demandent à utiliser le téléphone.
Voilà les corps humains au complet pour fabriquer le Centipède Humain.
Wikipédia : Le centipède est un arthropode (embranchement d’animaux invertébrés) semi-aquatique du Brésil, apparaissant dans le roman de William S. Burroughs Le festin nu, ainsi que dans le film de David Cronenberg qui en a été tiré.

L’idée de fabriquer un centipède humain est aussi abominable qu’originale. Pire, le film est scientifiquement exact !
Un grand bravo pour Tom Six donc, qui a écrit le scénario en plus de réaliser le film.
Par contre, une fois qu’on a vu la bande-annonce et compris les détails de l’opération dans ce qu’ils ont de plus scabreux (séquestration, mutilation et coprophagie), voir le film n’apporte pas grand-chose.
Tout d’abord, la photographie n’est pas particulièrement bonne, on dirait un téléfilm.
Ensuite, une bonne partie du film consiste à rassembler les trois humains qui seront utilisés pour faire le centipède, alors qu’on est au courant du principe du film (qui n’est pas au courant et va voir ce film par hasard ? Est-ce possible, d’abord, de voir ce film par hasard : dans quel cinéma de quartier sera-t-il proposé ?). Une fois que le centipède est créé, il y a peu de scènes consacrées au traitement de l’idée de base : les plaies n’ont même pas le temps de cicatriser, que c’est la précipitation finale.
Les acteurs ne livrent pas une performance exceptionnelle, chirurgien y compris puisque s’il a un visage particulier, ses changements d’expression sont cependant lents et trop étudiés.
Seule la musique, belle et mystérieuse, donne au film un côté artistique et relève un peu le niveau.

En conclusion, une idée formidable, mais mal exploitée. Ce qu’on imagine après avoir regardé la bande annonce est pire que visionner le film lui-même.
On attend quand-même la suite : Human Centipede II, Full sequence... et je suis bien curieuse de ce que sera le scénario. Peut-être Tom Six pourrait-il produire une bande annonce et nous laisser donner nos idées.

Bilan positif pour moi cette année avec un camaïeu cinématographique de toute splendeur, entre horreur, histoire et philosophie, avec pour fils conducteurs l’esthétisme et le sang ; le tout couronné par la présence d’invités de grande valeur.
Cette année, pour sa quatorzième édition, le festival Fantasia a connu son record de projections à guichet fermé : 44% des projections. Le festival a dépassé le cap des 100.000 spectateurs.
Merci Fantasia et merci Damien !
À l’année prochaine.

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