Festival Fantasia (Canada)

Journal de Fantasia - Episode 8

Axelle Carolyn parle de Centurion

Par Beatroce

Samedi, 19h. La salle est comble, et c’est la grande, le Théâtre Hall.
Je prends place aux côtés de mon chum et nous commençons par regarder un court métrage amusant (Clean Carousel, Danemark) dans lequel un homme abat des pigeons qui font des crasses, avant d’abattre des enfants pour les mêmes raisons.
Puis, le film commence.

Centurion, Neil Marshall

Le générique du début ouvre sur des paysages magnifiques de forêts et montagnes. Dans ces contrées, un homme prend la parole et nous comprenons que l’on va découvrir un pan de son histoire personnelle en même temps qu’un pan d’histoire tout court - puisque ce film a pour contexte l’invasion romaine des terres britanniques.
Cet homme, Quintus Dias, a pour mission de récupérer un général romain qui est aux mains d’une tribu combattive et sauvage. Il va utiliser tout ce qui est en son pouvoir, son intelligence, son expérience, sa force, ses hommes pour réussir sa mission, et comme si nous étions avec eux, nous les suivons à travers les forêts et au fil des combats et des plans qu’ils mettent au point.

Ce film a été classé par le festival comme film historique, thriller/policier et action/aventure.
En effet, la reconstitution historique est saisissante, et pas besoin d’aimer l’histoire pour vibrer à l’authenticité qui se dégage de ce long métrage. Au contraire, j’ai fait neuf ans de latin, et si on avait de temps en temps montré au cours des films comme Centurion, les textes qu’on traduisait auraient été plus vivants. Tactiques, réflexions stratégiques, calculs philosophiques : la mentalité des empereurs romains est bien représentée, dans sa grandeur, dans sa cruauté aussi. Les combats sanglants réjouissent les amateurs d’horreur, et cela est tout à fait légitime, mais on frissonne également en se rendant compte qu’à l’époque, on ne prenait pas de gants non plus quand il s’agissait de combattre.

Thriller/policier, action/aventure, classification tout à fait adéquate elle aussi, le film nous fait parfois oublier son contexte historique lorsqu’il nous amène au coeur de batailles sans merci, où l’humain lutte pour sa survie en même temps que celle de ses pairs, mais aussi pour son honneur et celui des siens. On est pris au ventre par le suspense des poursuites, des dissimulations face à l’ennemi, ou des risques tels que plonger depuis une falaise ou franchir des cols enneigés alors qu’on n’est pas sûr d’avoir la force d’arriver de l’autre bord.

Enfin, pour ceux qui préfèrent les thématiques existentielles, il reste les questionnements des personnages : sens du devoir, trahison, désir de survivre coûte que coûte même au prix de ne plus respecter ses valeurs, on peut puiser dans tout cela. Je ne sais pas si on peut y voir, mais on peut certainement y trouver, une réflexion sur les valeurs qui ont fondé notre monde et nos sociétés pas toujours si civilisées, et faire le balancier en nous souvenant, comme dira Neil Marshall dans le Q&A qui suivra, que l’humain n’est jamais ni entièrement bon, ni entièrement mauvais.

Bref, un excellent film, divertissant, intéressant, passionnant, concis (il dure 97 minutes) et efficace.

Trois questions à Axelle Carolyn, interprète de Aeron, la guerrière picte aux cheveux blonds :

Béatroce : Axelle, de tes rôles dans le milieu cinématographique et au fur et à mesure que ton expérience s’étoffe, quel est celui que tu aimes le plus et pourquoi ?

Axelle Carolyn : Centurion, sans le moindre doute. C’est celui dont je suis la plus fière, non seulement pour le résultat final, mais aussi vu les conditions dans lesquelles nous avons tourné (tout en extérieur, dans un froid glacial). De plus, avant Centurion, je ne me serais pas considérée comme quelqu’un de très physique, alors que depuis, je vais à la salle de sport 3 fois par semaine et je fais énormément d’équitation, une passion que j’ai découverte sur le tournage.

Aeron est une guerrière superbe et forte. Ressens-tu quelque chose à propos d’elle que tu pourrais nous livrer ? (ou un parallèle avec toi ?)

Aeron est certainement forte, et elle utilise son énergie pour défendre son territoire, mais c’est aussi, à certains égards, un monstre. Elle se bat essentiellement pour le plaisir ; frapper des Romains dans le dos l’amuse. Je ne pense pas qu’il y ait réellement des parallèles avec moi à cet égard... Ce que j’apprécie par contre, c’est que les femmes pouvaient se battre à l’époque, si elles en étaient capables. Pas que je me voie personnellement joindre la bataille ou quoi que ce soit, mais l’idée de ne pas devoir simplement laisser les hommes faire le boulot, d’une façon générale, est un principe qui me plaît.

Quels sont tes projets pour le futur ?

Je devrais normalement réaliser mon premier long-métrage d’ici la fin de l’année ! Il s’appelle The Ghost Of Slaughterford ; c’est un drame surnaturel, sur un scénario que j’ai écrit. Neil [Marshall] est producteur exécutif, et nous sommes en plein développement et casting.

Félicitations et merci beaucoup !

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