Festival Fantasia (Canada)

Journal de Fantasia - Episode 7

Saving Grace & The Disappearance of Alice Creed

Par Beatroce

The Disappearance of Alice Creed

J (impossible de connaître le prénom au complet) Blakeson

On est en Angleterre, et deux hommes préparent un enlèvement. Ils achètent de la toile cirée, le matériel nécessaire pour transformer une pièce et isoler murs et fenêtres, des téléphones portables, un lit, etc.
Puis, toujours aussi méthodiques, ils se déshabillent au complet, jettent leurs vêtements dans un sac-poubelle, en revêtent d’autres et passent à l’action : ils saisissent une jeune femme dans une rue tranquille de banlieue, la ligotent et la balancent à l’arrière de leur camionnette.
Une fois arrivés dans leur repère, ils emmènent leur victime dans la pièce qu’ils ont isolée, l’attachent au lit, découpent ses vêtements, lui mettent un survêtement de sport et terminent avec un sac de tissu sur sa tête. Ils l’enferment dans la pièce et la laissent seule.

Pas une parole n’a encore été prononcée depuis le début du film.

Les kidnappeurs font l’appel au père de la jeune femme, attendent, se séparent pour des raisons pratiques et c’est là que survient le premier twist du scénario : la jeune femme a obtenu d’être partiellement détachée afin d’accomplir “le numéro deux” dans un seau, et elle en profite pour désarmer son agresseur. Celui-ci, évitant tout juste une balle, s’écrie : “ne tire pas, c’est moi, Stanny !”. Deuxième twist dans le scénario : l’un des deux agresseurs n’est autre que le petit ami de la kidnappée. Il a eu l’idée du kidnapping (sans en parler à sa copine) afin que les deux tourtereaux puissent partir ensemble avec l’argent que le Papa refusait de donner à sa fille.

Il y aura plusieurs autres surprises dans ce scénario clair et intelligent dont la sobriété n’est pas sans rappeler celle de Shallow Grave, autre thriller britannique palpitant et à petit budget.
Se déroulant sur moins de quarante-huit heures, on peut presque parler d’unité de temps pour ce film qui met en scène trois acteurs en tout et pour tout.
Crédible même dans les situations extrêmes, il crée par moments un suspense qui va jusqu’à être dérangeant, montre des situations extrêmement glauques, tout en ne manquant pas d’humour non plus.
Un très bon moment cinématographique !

On ne peut malheureusement pas en dire autant de

Saving Grace, de Chris Pickle, que j’ai vu juste après.

Le réalisateur est présent pour la première mondiale de son film. Il est très élégamment vêtu et se déclare honoré d’être ici. Il nous remercie pour notre présence.
Le film commence dans les bois. Clayton se promène et rend visite au lapin qu’il a encagé afin de le protéger des autres animaux. Mais le lapin s’est échappé, et Clayton le découvre ensanglanté sur le sol.
Perplexe, l’étrange bonhomme déplore l’ingratitude et le manque d’envie de vivre du lapin, qui aurait pu être sain et sauf dans sa cage.
Ensuite, nous nous retrouvons en compagnie d’une jolie jeune femme, Grace, au sein de son chez-elle. Grace semble un peu nerveuse. Nous connaîtrons la raison de sa nervosité à la suite d’un coup de téléphone qui l’informe que la garde de sa fille en bas âge lui a à nouveau été refusée ; elle pourra refaire une demande d’ici six mois.
Le film bascule, la belle ouvre une trousse, sort une seringue, et se retrouve à l’hôpital pour overdose. On comprend que c’est sans doute là la raison de l’éloignement de son enfant.

Clayton travaille dans cet hôpital. Il observe Grace, toute vulnérable dans son lit d’hôpital.

Dans la scène suivante, Grace est toujours dans un lit d’hôpital, mais celui-ci a été transféré dans une pièce dénudée aux immenses murs de béton : on est dans une école abandonnée.
Clayton a kidnappé Grace. Pourquoi ? Il ne lui fait pas de mal, il la nourrit, semble prendre soin d’elle. En fait, cet étrange individu a pour objectif de sauver la jeune femme qui, sinon, mourrait un jour ou l’autre d’overdose. Elle est son nouveau lapin, en somme.
Grace tente mollement de s’échapper.
Clayton dissuade de moins en moins la jeune femme de s’en aller, laisse la porte de sa « chambre » ouverte, lui permet de plus en plus de liberté et d’accès à de possibles armes.
Son système pour garder Grace près de lui est de taille : il lui a raconté que des bombardements terroristes avaient rendu l’air extérieur toxique, et que presque tout le monde était mort.

Le film, qui avait bien commencé, dérive ensuite doucement dans un questionnement lent sur la vie : vivre et prendre des risques ou se protéger de tout et évoluer dans un environnement aseptisé ; les « faibles » peuvent-ils subsister de manière autonome, ce genre de choses.

La musique est superbe.
Les images sont assurément esthétiques et très travaillées.
Ce film vous plaira si vous le prenez comme support pour une réflexion existentielle par le billet des belles images et de l’atmosphère étrange qui y plane, mais pas si vous en attendez un film de survival ou de suspense.

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