Critique de film

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Le Jour de la Bête

"El Día de la Bestia"
affiche du film
  • Année de production : 1995
  • Réalisateurs : Alex de la Iglesia
  • Scénaristes : Jorge Guerricaechevarría, Alex de la Iglesia
  • Acteurs : Alex Angulo, Santiago Segura, Armando De Razza, Nathalie Sesena, Terele Pavez
  • Musique : Battista Lena
  • Genre : Comédie fantastique
  • Pays d'origine : Espagne, Italie
  • Durée : 1h43
  • Budget : 1,5 millions de Dollars
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : Corbeau d'or, Méliès d'or et d'argent au BIFFF 1996 Meilleur réalisateur et Meilleur montage aux Cinema Writers Circle Awards (Espagne) 1996 Meilleur Film International au Fant-Asia Film Festival 1997 Nominé comme Meilleur Acteur (Alex Angulo) au Fotogramas de Plata 1996 Meilleur réalisateur, Meilleurs Maquillages, Meilleur Nouvel Acteur (Santiago Segura), Meilleur Direction artistique, Meilleur son et Meilleurs effets spéciaux aux Goya Awards 1996 Nominé comme Meilleur Photographie, Meilleurs Costumes, Meilleur Montage, Meilleur film, Meilleur acteur principal (Alex Angulo), Meilleure bande-originale (Battista Lena), Meilleure production et Meilleur scénario original aux Goya Awards 1996 Grand Prix du Festival de Gérardmer 1996 Meilleur Acteur (Alex Angulo) et Meilleur Film aux Ondas Awards 1996 Nominé comme Meilleur Nouvel Acteur à la Spanish Actors Union 1996

L'Espagne est sur le point de fêter Noël. Un prêtre théologien découvre avec effarement que l'Antéchrist verra le jour avant l'aube.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Jour de la Bête - PUISSANT !!!!
Par : Quentin Meignant
Tags : Diable et démons, Comédie

Le jour de la bête est sans doute l’un des films qui a le plus marqué le cinéma de genre contemporain en Europe. La déferlante qui suivit la sortie du film dans les différents grands festivals du vieux continent fut énorme ! Partout le film de de la Iglesia fut cité en exemple et, depuis, quelques réalisateurs (Don Coscarelli avec le magnifique Bubba Ho-Tep) s’essaient à ce genre de comédies horrifiques délirantes et bien couillues.

Pourtant, rien ne laissait présager une telle qualité et un telle buzz pour un réalisateur qui venait seulement de sortir de l’anonymat grâce à son œuvre précédente, Action mutante, comédie SF de très bon goût qui fut notamment nominé à Avoriaz.

C’est donc fort de cette expérience et du (petit) succès qu’il a eu que Alex de la Iglesia se lança dans la réalisation du Jour de la bête. Certes, le budget confortable d’1,5 millions d’euros avancé par les producteurs a de quoi étonner, mais le challenge est de taille : faire rire, sans être lourd, en partant d’un postulat à la « pré-The Omen » bien sérieux, ce n’est pas donné à tout le monde et cela peut s’avérer casse-gueule pour un jeune réalisateur.

Mais voilà, avec le talent qu’il a, l’ami Alex n’a pas grand-chose à craindre et c’est dans la bonne humeur qu’il convie d’emblée le spectateur à suivre les aventures de notre curé à moitié fou ! Dès le générique, on ne peut se retenir de sourire (voire de rire tout court !) tant l’image de cet homme d’église qui s’oblige à faire le mal, vole, maltraite, insulte est vraiment drôle et irrévérencieux.

En effet, on peut s’étonner que ce soit un espagnol, peuple connu pour sa ferveur religieuse, qui nous offre un tel spectacle : un curé qui fait les poches d’un mourant, avouons que l’image des serviteurs de Dieu en prend un sacré coup et c’est ce que de la Iglesia s’échine à faire, sur un ton humoristique du début à la fin de son film.

Ce ton léger, empli d’humour et de violence gratuite, est la pierre angulaire d’une œuvre qui n’a d’autre but que de faire rire et qui y parvient à chaque séquence sans aucun problème. Que ce soit lors de séquestrations, de repas où un vieux débarque à poil et où son petit fils grunge lui administre des acides ou encore de fusillades diverses, la plaisanterie est poussée toujours plus loin par un réalisateur et des acteurs qui n’ont pas froid aux yeux.

Le talent de ces derniers n’est d’ailleurs plus à prouver au vu des récompenses et autres nominations qu’ils ont glanées grâce à ce film. Alex Angulo est un véritable dévastateur de zygomatiques dans ce rôle de curé un peu barré mais ô combien sympathique et courageux. Armando De Razza est, mine de rien, celui qui fait passer le plus de psychologie à son personnage de faux mage rattrapé par sa conscience.

Mais la grande réussite du casting est sans aucun doute Santiago Segura, jusque là presque novice dans la profession (il avait eu de petits rôles dans Action mutante et quelques comédies mineures), qui donne une immense dimension comique à son exceptionnel personnage. Ce grunge de bas étage, raide défoncé au LSD, ecstas,…, est d’une gentillesse et d’une débilité tout aussi profondes que sa vulgarité de primate ! Cet acteur de génie n’a, depuis, plus jamais cessé de tourner et fait partie, à l’heure actuelle, des acteurs espagnols les plus demandés !

Tous ces personnages jouissent bien sûr des fabuleux dialogues concoctés par le duo de scénaristes, Jorge Guerricaechevarría et Alex de la Iglesia, qui, pour l’occasion, ont vraiment travaillé d’arrache-pied afin de booster au maximum l’humour présent dans l’œuvre.

On peut aussi entrevoir une petite critique (très discrète) de la société et, en particulier des médias. En effet, de la Iglesia nous emmène dans un Madrid véritablement survolté où le nombre et fous et d’actes de barbarie sont en recrudescence, chose qui n’est pas sans rappeler notre société actuelle qui, selon certains, glisse de plus en plus vers une sorte de démence établie.

Nous pouvons aussi constater comment le personnage de Cavan fait pour manipuler les foules mais aussi à quel point ces gens crédules qui font la société avancent comme un troupeau vers les effets de mode, sans réagir devant une arnaque manifeste, se laissant bêtement bercer par le mouvement de foule.

La bande originale, essentiellement constituée de heavy-métal, est très appréciable et est en accord avec ce film décoiffant. Il en va de même bien entendu pour des effets de caméra tips-tops et des décors de très grande qualité.

En fait, le seul petit reproche que l’on peut faire à de la Iglesia est d’avoir montré une sorte de diable sur la fin du film. Cette créature pas spécialement réussie, bien baveuse et à l’air très (trop) méchant n’était pas indispensable, loin s’en faut, au métrage ! Le réalisateur espagnol aurait mieux fait de ne pas dévoiler l’identité d’un pseudo-diable que l’on avait apprécié en chèvre (vraiment efficace !) quelques instants auparavant. Il eût mieux valu continuer à jouer avec la subjectivité du public et le laisser s’imaginer ce qu’il voulait.

Dommage mais pas dramatique pour un film qui nous aura en tout cas fait rire du début à la fin et qui mérite sans problème une note d’excellence ! Un comédie majeure des 90’s et un film à mettre en bonne place dans un patrimoine cinématographique espagnol de plus en plus florissant (sans doute grâce à des œuvres comme Le jour de la Bête) !

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