Critique de film

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Jeux de pouvoir

"State of Play"
affiche du film

Stephen Collins est membre du Congrès américain et préside le comité qui supervise les dépenses de la Défense. Ambitieux, il incarne l'avenir de son parti et pourrait bien devenir un des leaders du pays. Lorsque sa jeune assistante est tuée dans des circonstances mystérieuses, certains secrets font surface... Cal McAffrey, journaliste chevronné et ami de longue date de Collins, est chargé par sa rédactrice en chef, d'enquêter sur l'affaire. Avec une jeune journaliste, Della Frye, McAffrey tente de découvrir l'identité du meurtrier. Il ignore qu'il s'attaque à un complot qui menace les structures mêmes du pouvoir. Lorsque des milliards sont en jeu, tout le monde devient suspect...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Jeux de pouvoir - Rien que la vérité...
Par : Geoffrey Marmonier

Nouveau film de Kevin MacDonald, déjà réalisateur de l’excellent Le Dernier Roi d’Ecosse, State of Play fait partie de ces films dont on n’attend pas grand-chose et qui au final constituent une excellente surprise. Malgré le fait qu’il s’agisse d’une adaptation d’une mini-série britannique de renom, le film ne paraissait en effet pas plus excitant que ça. La faute notamment à une bande-annonce à côté de la plaque le faisant passer pour un thriller lambda à base de conspiration et de tueur implacable. Ce qu’il n’est au final pas vraiment. Car s’il est bien ici question de conspiration et de tueur-nettoyeur, State of Play se rapproche beaucoup plus d’un film comme Les Hommes du Président que d’un vulgaire thriller à la Tom Clancy.

Déjà, la plupart des questions phares du film sont évacuées dès la première demi-heure : on sait qui sont les bad guys, qui a tué la jeune assistante, il manque juste le « pourquoi » (bien que là encore, on s’en doute très fortement). Donc plutôt que de tout miser sur la révélation de l’identité des méchants au travers de twists tordus, le film s’intéresse à la mécanique journalistique dans ce qu’elle a de plus noble mais aussi de plus basique. Ainsi les deux journalistes du film, incarnés par Russel Crowe et Rachel MacAdams, passent plus de temps à passer des coups de fil et à réaliser des interviews qu’à jouer aux super-héros ou aux vengeurs. Ce sont de vrais journalistes qui réalisent un travail de fond afin de pouvoir pondre un article solide. C’est-à-dire trouver une source fiable qu’ils puissent citer pour dévoiler toute l’affaire.

A ce propos, le film se permettra aussi d’épingler rapidement la mode du blog en pointant la différence fondamentale entre le journaliste professionnel et le blogueur : la nécessite d’apporter des preuves. Du coup, le film est réellement passionnant car différent de ce qu’on a l’habitude de voir dans ce registre. Pas de grosses scènes d’action ici (tout juste aura-t-on droit à une petite poursuite pleine de suspense entre Cal et le tueur dans un parking) mais beaucoup de dialogues, de face à face et de suspense psychologique. La réalisation de MacDonald fait ici des merveilles, arrivant parfaitement à dynamiser une intrigue pourtant très bavarde et à rendre passionnante une histoire dont on connait presque immédiatement tous les tenants et aboutissants. Le film aborde de plus l’intéressant problème de la privatisation de l’armée et du fait de confier la défense à des entreprises privées (problème abordé l’an dernier de façon intelligente dans le jeu Metal Gear Solid 4).

Mais le film ne serait pas aussi réussi si les acteurs n’étaient pas au diapason. Et de ce côté-là, il faut avouer qu’on est gâté. Dans le rôle de l’opiniâtre mais professionnel journaliste Cal McAffrey, Russel Crowe retrouve enfin la justesse de ses premiers films, livrant l’une de ses meilleures performances à ce jour. De quoi faire oublier son cabotinage dans le très mauvais Mensonges d’Etat et rassurer quant à la capacité de l’acteur à se renouveler. On appréciera à leur juste valeur ses joutes verbales avec la jeune Rachel MacAdams (qui lui tient la dragée haute de façon tout a fait convaincante) ou la toujours impeccable Helen Mirren (excellente en directrice de rédaction tiraillée entre les impératifs commerciaux de son journal et la rigueur de l’enquête). Mais le plus étonnant reste définitivement Ben Affleck, qui semble depuis quelques années enfin apprendre à jouer correctement. S’il n’est pas encore parfait, manquant toujours quelque peu d’expressivité, il arrive néanmoins ici à donner du corps à son personnage d’homme politique droit et honnête éclaboussé par un scandale qui le dépasse. En dernier lieu, on a aussi plaisir à retrouver Robin Wright Penn et Jeff Daniels en seconds rôles solides.

En bref, State of Play est un véritable coup de cœur. Un thriller intelligent dans le fond comme dans la forme, mené de main de maitre par un réalisateur définitivement à suivre, porté par une troupe d’acteurs crédibles. Une vraie bonne surprise, passionnante de bout en bout.

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