Critique de film

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Jekyll (série)

"Jekyll"
affiche du film

Mister Hyde est de retour ! Mais que les braves gens se rassurent, aujourd'hui, le docteur Jackman (Jekyll, pour les intimes) vit (presque) en harmonie avec son alter égo maléfique. Pourtant, mister Hyde ignore que Jekyll a une famille, dont il s'emploie par tous les moyens à cacher l'existence. Sa petite vie tranquille est bouleversée le jour où une vieille organisation connaissant son secret décide de l'utiliser pour servir ses intérêts.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Jekyll - Double face
Par : Chroniqueurs

Par Dante

Quand Robert Louis Stevenson acheva sa nouvelle « L’étrange cas du docteur Jekyll et de Mister Hyde », il était sûrement bien loin de se douter que son histoire survivrait et hanterait pendant autant de temps les diverses formes artistiques. Relayé par de multiples cinéastes, du plus talentueux au plus mauvais, récupéré par la Hammer qui en fit une de ses icônes d’une Londres brumeuse, puis par Hollywood dans notamment le détourné Mary Reilly et en attendant le possible remake de Del Toro, ce sont les anglais de la BBC qui ont recyclé le mythe schizophrénique pour en faire une mini série de 6 épisodes créée par l’un des scénaristes du Doctor who nouvelle génération, Stephen Moffat.

Une modernisation du mythe du docteur Jekyll, transposé de nos jours et approché sous un angle complètement différent, puisqu’il s’agit ici de schizophrénie mâtinée de cohabitation corporelle. La série suit le destin peu commun du docteur Jackman, monsieur tout le monde confronté directement à ses démons en la personne de Hyde, qui ne recevra ce nom que plus tard dans la série. La série repose donc entièrement sur la dualité de ces deux personnes : le docteur Jackman, bon père de famille avec un flegme tout british. Et Hyde, chien fou virevoltant et immature, émission improbable d’un Joker remodelé par Tex Avery. Il faut tout d’abord saluer la prestation tout simplement bluffante de James Nesbitt, qui fait fi de ses artifices de maquillage peu probants, pour donner vie à ces deux personnages antagonistes.

Passé les premiers épisodes qui expliquent le quotidien peu ordinaire du docteur Jackman, la série s’enfonce dans la théorie du complot, visiblement cher au scénariste du Doctor Who. Au menu, organisation secrète (pas Torchwood mais presque), complot historique, secret millénaire et autres étranges conspirateurs. La série ne joue donc pas la carte de l’originalité mais la recette est toujours aussi efficace. Le scénariste, jouant sans vergogne sur les mystères et les zones d’ombre, s’emmêle un peu les pinceaux dans un dernier épisode qui se termine comme un appel à une seconde saison qui n’arrivera visiblement jamais, ce qui laisse le spectateur un peu sur sa fin devant les nouvelles questions soulevées. Hormis ces artifices scénaristiques, la série se permet de s’engager sur des chemins bien différents, mélangeant les genres dans un équilibre parfois bancal. Car si la série se veut sérieuse, se penchant sur le drame familial, la conspiration et le fantastique, l’esprit du Doctor Who n’est jamais loin, notamment en la personne de Hyde. Entre deux discussions scientifiques, nous sont proposées les cabrioles sanglantes de l’anti-héros qui plongent très souvent dans un humour noir salvateur. Mais à trop vouloir s’élargir, la série arrive parfois à se perdre, multipliant les personnages et les histoires, jouant sur des montages alternatifs passé/présent et autres artifices propres aux épisothèques télévisuelles. Ceci finit par enrayer la machine qui tisse les liens entre les épisodes, n’inscrivant plus l’histoire dans une continuité mais la morcelant de toutes parts.

Un côté télévisuel qui se ressent également dans la mise en scène. Même si les différents réalisateurs des épisodes s’aventurent parfois dans quelques folies visuelles, l’ensemble de la série reste très plat à en devenir presque agaçant quand les réals se complaisent à filmer les déboires du psychopathe rigolard. L’autre défaut principal de cette série réside dans les effets employés, notamment lors des transformations de Hyde en une sorte de cannibale. Pas question de sombrer dans le gore qui tâche, les réalisateurs optent pour des artifices vieillots, à coups de ralentis et flous, qu’ils ressortent à chaque accès de violence. Si ceci pouvait passer dans les Doctor Who où le côté kitsch est sans cesse revendiqué, le bât blesse dans cette série qui se veut réaliste et âpre.

Jekyll reste malgré tout une très bonne série, bien supérieure à la moyenne actuelle, et ceci vaut en grande partie grâce aux talents des scénaristes qui ont su insuffler de l’originalité dans un mythe aussi épuisé que celui de Jekyll et Hyde et surtout par l’interprétation complètement habité d’un James Nesbitt vraiment surprenant. Une preuve que la télé peut parfois rattraper le cinéma.

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