Critique de film

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On l'appelle Jeeg Robot

"Lo chiamavano Jeeg Robot "
affiche du film

Poursuivi par la police dans les rues de Rome, Enzo plonge dans les eaux du Tibre et entre en contact avec une substance radioactive qui le contamine. Il réalise bientôt qu'il possède des pouvoirs surnaturels : une force et une capacité de régénération surhumaines qu'il décide de mettre au service de ses activités criminelles. Du moins jusqu'à ce qu'il rencontre Alessia, une jeune fille fragile et perturbée qu'il sauve des griffes de Fabio, dit "le Gitan" un mafieux psychopathe ultra violent qui travaille avec la Camorra. Témoin des pouvoirs d'Enzo, Alessia est persuadée qu'il est l'incarnation de Jeeg Robot, héro du manga japonais présent sur Terre pour sauver le monde. Mais Enzo va être forcé d'affronter « Le Gitan » qui veut savoir d'où vient cette force surhumaine. Parviendra t-il à sauver la ville de la folie meurtrière de Fabio et être le super héros qu'Alessia voit en lui ?

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Trailer - Jeeg Robot (2015)
Par : 

Les critiques à propos de ce film

Critique de On l’appelle Jeeg Robot - Goldorak Go !
Par : Seb Lecocq

En pleine de vague Marvel / DC, il faut être un peu fou ou aimer le risque pour sortir, quand on est un jeune cinéaste romain, un film de super-héros indépendant dont le budget total doit équivaloir au budget déodorant de Robert Downey Jr sur un Avengers. Pourtant, On l’appelle Jeeg Robot existe bel et bien et a tracé sa route vers nos écrans via divers festivals, accompagné d’un chouette bouche à oreille.

On peut tracer un parallèle entre l’histoire du metteur en scène et celle de son héros, Enzo. Un outsider sorti de nulle part, le genre de mec dont personne n’attend rien et qui va réussir au-delà de toutes les espérances grâce, notamment, à des produits chimiques planqués au fond du Tibre par une quelconque organisation mafieuse aidée par un gouvernement corrompu. Précisons aussi que Gabriele Mainetti a précédemment réalisé Tiger Boy, un court-métrage abordant déjà le thème de l’héroïsme et que le titre du film est un hommage appuyé à la série de Go Nagai, Kotestu Jeeg. Bien que vendu comme un "film de super-héros", certainement pour surfer sur la vague, On l’appelle Jeeg Robot n’en n’est pas à proprement parler un. Certes, son personnage principal développe quelques pouvoirs, force surhumaine et capacité de régénération physique, mais ceux-ci ne sont au final qu’accessoires à cette histoire qui flirte bien plus avec le polar social à la Pusher. On y retrouve des petits truands, des bandits à la petite semaine, quelques gangsters qui ont dû voir Scarface bien trop souvent et les banlieues sordides de Rome. S’il fallait à tout prix lui trouver un équivalent dans le monde des super-héros, on opterait pour Gagamboy, le Spiderman philippin qui partage énormément d’éléments avec son homologue italien.

Enzo, le héros, est une petite frappe, un ragazzi di vita comme on disait dans le temps, tandis que Jeeg Robot n’apparaît que quelques secondes à l’écran via des extraits de la série animée d’époque. Tel un funambule, Mainetti se joue des codes du genre pour mieux servir son récit : "un grand pouvoir entraîne de grandes responsabilités" pourrait être le credo d’Enzo, qui se découvre en même temps qu’il découvre ses pouvoirs. En ce sens, On l’appelle Jeeg Robot est un film humain bien plus que surhumain. S’ouvrant sur une scène typique de polar - un voyou coursé par des policiers - le métrage ne va jamais quitter les atours criminels mais va se voir affublé d’un déguisement de héros via un canevas propre au comic book et à des méchants volontairement outranciers. Découverte des pouvoirs, trauma, prise de conscience, création du « costume », rencontre de sa Némésis, l’oeuvre se barde de tous les oripeaux du genre. Cependant, tout est là, mais dans une forme hyper dépouillée. Le costume consiste en un simple sweat à capuche, le pouvoir en une force surhumaine matérialisée par quelques coups de poings hyper puissants, et basta.
Tout y est volontairement low profile afin d’insister sur le côté humain des personnages et c’est dans ce domaine que On l’appelle Jeeg Robot marque des points. Dans la transformation d’Enzo et sa relation avec les autres. Héros malgré lui, il donne l’impression de ne tirer aucun plaisir de sa condition nouvelle et n’en profite que pour voler de l’argent et s’acheter du matériel high-tech. Mais cette finalité égoïste va prendre une forme bien différente au regard des autres qui vont voir de l’héroïsme dans ses actes répréhensibles comme le montrent les tags et fresques murales façon Banksy le représentant en train de dérober un distributeur de billets. Enzo l’a fait pour l’argent et le peuple, en cette période de révolte, le voit comme un Robin des Bois des temps modernes. D’autant plus que Mainetti a pris le soin d’incorporer son film dans un background foncièrement politique et malheureusement actuel fait de manifestations, de révoltes populaires, d’attentats et de soulèvements. Une manière de faire résonner l’actualité qui rappelle bien évidemment les plus belles heures du polar transalpin seventies.

On l’appelle Jeeg Robot parvient à tirer profit de son faible budget et transforme cette faiblesse en avantage. Le traitement du récit est volontairement à hauteur d’homme. A aucun moment Enzo est iconisé, bien au contraire même : il est présenté comme tristement humain et parfaitement interprété par un Claudio Santamaria aux faux airs de John Turturro, excellent en loser. Les scènes d’action pèchent un peu par manque d’ampleur et la ville de Rome semble bien vide, le jeu outré de certains acteurs peut agacer sur le long terme, le récit n’échappe pas à certaines longueurs au cours de la deuxième heure et semble trop balisé dans son intrigue principale que pour transformer ce premier long en incontournable. Toutefois, le premier film de Gabrielle Mainetti est porté par un vrai esprit frondeur qui le fait bénéficier, malgré d’évidents défauts, d’une vraie bonne côte de sympathie. Et puis, au vu de la séquence finale, on en attend bien évidemment une suite plus ambitieuse.


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