Critique de film

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Jail: A Women's Hell (The)

"Anime Perse"
affiche du film

Trois femmes sont transferées par bateau sur une île pénitenciaire nommée La Case del Anime Perse. Cette prison est loin d'être une classique institution pour délinquantes. Les actes de violence, les humiliations, les supplices y sont monnaie courante, d'autant plus que les tortionnaires sont encouragées par une directrice sadique.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The jail - Retour dans l’enfer du bis
Par : Fred Pizzoferrato

On ne présente plus Bruno Mattei, grand pourvoyeur de séries Z fauchées devant l’éternel ayant bâti son incroyable carrière (plus de 50 longs métrages quand même !) en copiant sur le voisin au travers de titres comme Robowar, Terminator 2 (!) ou Cruel jaws. Retiré des affaires au milieu des années ’90 après la complète débâcle du bis italien, Mattei revient au cinéma (le mot est peut-être mal choisi) en 2001 pour un ultime baroud d’horreur, balançant deux films par an jusqu’à son décès, survenu le 21 mai 2007. Depuis, le cinéaste a renforcé sa réputation de « dernier des Mohicans du bis » ou de « last punk of B movies ». Noyé dans la masse durant sa grande époque (celle des Rats de Manhattan, de Virus cannibale ou Caligula et Messaline), Mattei fut, durant la première décennie du XXIème siècle, un véritable survivant, continuant à produire du Z alors que ses glorieux collègues avaient pris leur retraite ou sombrés dans le ghetto du X routinier.

Torché en 2006 dans un superbe forma vidéo digne d’un porno standard, The jail - A women’s hell renoue avec le Women In Prison, genre fortement codifié et un temps populaire dans lequel Mattei lui-même a déjà beaucoup œuvré (Révolte au pénitencier des filles, Pénitencier de femmes, sans compter ses naziexploitations similaires comme SS Girls). L’intrigue, évidemment, n’a pas vraiment évolué et se contente d’enfermer la jeune asiatique Jennifer dans une prison perdue au cœur de la jungle amazonienne. La directrice du pénitencier, une lesbienne sadique, aime torturer les détenues ou les livrer à ses gardiens, des brutes épaisses qui les violent régulièrement. Lassée des brimades et humiliations, Jennifer mène la révolte et s’évade en compagnie de quelques prisonnières tandis que les matons se lancent à leur poursuite pour une chasse à la femme bien peu sportive.

Avec ses dialogues consternant (« une seule règle, pas de règles » dit l’un des chasseurs. « Pas de règles, pas de pitié » renchérit un de ses copains), son action mollassonne et la mignonne et peu farouche Yvette Yzon en guise de simili Laura Gemser, The jail - A women’s hell ne cherche pas à renouveler un sous-genre sclérosé et se contente d’aligner les clichés avec une bonne santé réjouissante. Scènes de douches (avec une vingtaine de figurantes dans le plus simple appareil), catfights, passages lesbiens, viols complaisants, nudité et tortures : Mattei respecte le cahier des charges sans se fouler et reste relativement sobre par rapport à ses anciennes exactions. Le cinéaste propose une scène originale (une prisonnière attachée sur un lit subit les caresses d’un python entreprenant) mais semble avoir perdu en imagination malsaine depuis le mémorables Révolte au pénitencier des filles. Comprenant que son intrigue rachitique ne lui permettra pas d’atteindre la durée réglementaire, le rusé Rital embraye ensuite sur un remake de La chasse du comte Zaroff revisité par l’exploitation sadique. Les détenues évadées sont ainsi coursées par une poignée de chasseurs, aidés par une tribu d’indigènes tout droit sorti de son précédent Horror cannibal. Plein de bonne volonté, Bruno Mattei confectionne dans cette dernière demi-heure une série de mises à mort joyeusement gore, souvent référentielles mais divertissantes. Empalement par l’entre jambe (à la manière de Cannibal holocaust), corps transpercé par des pics acérés, pendaison, machette dans le vagin, seins sectionnés à grands renforts d’éclaboussures écarlates, décapitation, langue tranchée,…Le roi du Z ravive le souvenir du bis italien outrancier du début des années ’80 et en particulier du Cannibal ferox d’Umberto Lenzi, son inspiration évidente. Pas vraiment bien fichu, répétitif (« j’ai comme l’impression qu’on tourne en rond » déclare très justement l’héroïne), The jail - A women’s hell déroule cependant sa petite histoire avec suffisamment d’énergie pour éviter au spectateur tout sentiment d’ennui.

Disposant de moyens très réduits, Bruno Mattei emballe toutefois le métrage avec un professionnalisme étonnant et rend le spectacle digeste en dépit des performances souvent médiocres des interprètes. Si Yvette Yzon s’avère passable et les seconds rôles suffisamment cabotins pour amuser, les figurants paraissent, eux, risibles, comme en témoignent les scènes de tortures commises par les « gardiennes du pénitencier », lesquelles surjouent atrocement et rendent ces passages, voulus choquants, involontairement drôles.
Devenu probablement sentimental avec l’âge (et la maladie qui allait l’emporter quelques mois plus tard), Mattei déroge, lors du final, à une des règles immuables du Women In Prison en proposant un happy end surprenant.

Au final, The jail - A women’s hell constitue indéniablement un nanar sympathique contenant suffisamment de gore et de nudité gratuite pour contenter les amateurs indulgents de pure exploitation. Ca ne vole pas bien haut mais, dans l’ensemble, le film de Bruno Mattei remplit son contrat (du sexe et du sang) et n’est pas trop ennuyeux. Pour ce genre de sous-produit, tourné en vidéo sans la moindre ambition, ce n’est déjà pas si mal.


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