Critique de film

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Intruder

"Intruder"
affiche du film

L'ex-petit ami d'une caissière de supermarché débarque dans celui-ci à l'heure de la fermeture pour se venger. Le bâtiment est fermé pour inventaire et les employés encore en service commencent à disparaître...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Intruder - Un slasher sachant slasher
Par : Fred Pizzoferrato
Tags : Slasher

Réalisé en 1989, soit à la fin de la première grande vague du slasher, Intruder aurait surement souffert de l’épuisement du genre si le talentueux Scott Spiegel n’était pas parvenu, par sa mise en scène habile et son sens du rythme, à contourner tous les écueils et à éviter les redites. Scénariste d’Evil Dead 2 et complice de Sam Raimi, le futur réalisateur d’Une Nuit en Enfer 2et Hostel 3 parvenait, avec cette première tentative, à sublimer une formule sclérosée pour accoucher d’une des plus brillantes variations sur le thème éculé des « dead teenagers ».

Fin de soirée. Le supermarché Walnut Lake Market s’apprête à fermer ses portes et la caissière, Jennifer, à rentrer chez elle. Cependant, son ex-petit ami, Craig, débarque et lui réclame des comptes. Mais Jennifer ne veut plus entendre parler du jeune homme, lequel a passé un an derrière les barreaux pour un meurtre « accidentel », et le ton monte rapidement. Craig est néanmoins chassé par les employés et, lorsque ceux-ci sont tous réunis, les propriétaires du magasin, Bill et Danny, leur apprennent que celui-ci va prochainement fermer. Les futurs chômeurs, désappointés, acceptent de rester pour étiqueter les produits qui seront proposés à moitié prix jusque la fermeture définitive. Mais un mystérieux intrus commence à les tuer un par un…Serait-ce Craig, revenu se venger ?

Bel exemple d’un slasher rondement mené, Intruder témoigne d’une efficacité rare pour ce type de production à petit budget. S’il recourt traditionnellement aux habituelles « jump scare » (chute d’une tête en plastique, surgissement brusque d’un personnage dans le cadre), le cinéaste développe également un mécanisme de la peur plus noble et anxiogène hérité des classiques de l’épouvante. Il place ainsi ses protagonistes au premier plan tandis que la menace apparaît, elle, à l’arrière-plan et recourt aux toujours efficaces reflets et autres ombres portées qui se découpent sur les murs pour susciter le frisson. Pas franchement novateur mais indéniablement réussi.

Scott Spiegel privilégie, en outre, les angles de prises de vue originaux et place sa caméra en des lieux insolites : derrière une bouteille au verre déformant, un plastique alimentaire, une grille, un rayonnage de supermarché ou, carrément, un cadran de téléphone. Ces afféteries visuelles plaisantes, associées à des plans recherchés (comme ces contre-plongées radicales que le cinéaste semble affectionner), confèrent sa véritable identité à ce qui, entre des mains moins inspirées, n’auraient été qu’un banal slasher supplémentaire.

Au niveau du gore, le cinéaste, admirablement servi par les talentueux maquilleurs de KNB, se déchaîne et détourne avec une jubilation sadique, teintée d’ironie mordante, les ustensiles usuels rencontrés dans un supermarché. Presse hydraulique, trancheuse à viande, couteau de boucher, cutter, hachoir, range-papier et autre marteau deviennent, dès lors, des instruments de mort au service de la folie homicide du maniaque. Intruder recourt néanmoins à la suggestion lors ce certains meurtres et propose des enchainements habiles teinté d’humour, comme ce couteau qui s’apprête à trancher un crane remplacé, dans le plan suivant, par une pastèque ouverte en deux par un jeune homme. Inspiré, Scott Spiegel gère adroitement les lieux communs du slasher et filme de manière prenante les couloirs plongés dans la pénombre de son supermarché déserté.

Le dernier tiers du long-métrage, plus classique mais néanmoins solide, permet à Jennifer, l’inévitable « final girl », d’effectuer le tout aussi inéluctable tour du magasin, poursuivie par le meurtrier. Elle découvre, bien sûr, les cadavres mutilés de ses amis avant un prévisible mais sympathique retournement de situation lors des dernières secondes.

Si la caractérisation des personnages reste schématique, elle s’élève, toutefois, au-dessus des clichés coutumiers de la bande de jeunes assoiffés de sexe et de bière. Les comédiens incluent d’ailleurs, joie supplémentaire pour les cinéphiles bisseux, les frangins Sam et Ted Raimi, lesquels incarnent respectivement un boucher (qui finit empaler sur son crochet) et un magasinier (poignardé devant une pancarte avertissant « Safety first : knifes are sharp »).

Pour son unique prestation en tête d’affiche, Elizabeth Cox se révèle convaincante, tout comme Renée Estevez, vue précédemment dans le très sympathique Sleepaway Camp 2. Enfin, Bruce Campbell régale ses admirateurs par un caméo de fin de métrage où, fidèle à ses habitudes et sûr de son autorité, le bonhomme se mélange joyeusement les pinceaux et confond coupables et victimes.

Obéissant à une stricte unité de temps, de lieu et d’action, Intruder demeure un modèle du slasher des années ’80 : rythmé, prenant, efficace et sacrément gore, il se conclut, en outre, par une pirouette amusante et inédite fort bienvenue. Une belle réussite dans un genre qui en compte, finalement, fort peu.


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