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Matthew Hope, l’espoir renaît
Inconnu par chez nous, Matthew Hope ne l’est pas beaucoup plus outre-Manche. Réalisateur du court guerrier In the field en 2005, Hope revient trois ans après avec The Vanguard, survival post-apocalyptique en milieu sylvestre bricolé avec trois bouts de ficelles et quelques cartons. Rencontre avec ce réal sympa et sans prétentions, plus intéressé par le taff que par la gloire. Simple et honnête, Hope parle pudiquement de son cinéma.
Bonjour Matthew. Vous n’êtes pas réellement connu pour les fans horrifiques. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours filmographique ?
Avant The Vanguard, j’avais juste fait un seul court métrage, un film de guerre appelé In the field. Ca traite d’un groupe de soldats qui tentent de fuir une guerre inconnue et sont traînés dans le conflit à travers leurs propres actions. J’ai également travaillé sur d’autres films comme assistant-réalisateur.
Passer du format court au long n’est pas une transition aisée. Comment avez-vous abordé ce glissement ?
In the field était un test pour évaluer ma capacité à réaliser un film plus conséquent. J’ai appris beaucoup de choses de cette première expérience et je m’en suis servi pour appréhender The vanguard. Les deux films comptent d’ailleurs certaines similitudes puisqu’ils sont notamment tous deux tournés en extérieur. La réalisation d’un court est un processus similaire à celle d’un long mais à une plus petite échelle. L’un des aspects les plus difficiles de la création d’un métrage est de toujours rester au top à propos de ce que vous tournez, de la manière dont vous le tournez et le montez.
Quelles ont été vos influences pour The vanguard ?
Les trois films qui ont influencé The vanguard sont Le survivant, Throne of Blood (Le Trône sanglant) et 2001 : Odyssée de l’espace (c’est là que nous avons puisé l’idée des Biosyns qui déambulent comme des singes). Le style a été lourdement influencé par les œuvres de Kubrick et Akira Kurosawa.
Pourquoi avoir choisi un décor sylvestre ? A cause des restrictions budgétaires ou était-ce une volonté de départ ?
Les deux. Nous avions deux emplacements à proximité de chez moi et sur lesquels nous avions la permission de tourner. Ce choix forestier tient également au fait que je souhaitais créer une histoire à propos d’un homme qui vient d’une société industrialisée et qui doit survivre tel un chasseur devenu proie dans un monde post-apocalyptique. Les bois
reflétaient ce décor.
Le héros sourd est frappé d’un certain mysticisme. D’où vous est venue l’idée de développer un tel personnage ?
Je pense que, pour beaucoup, ces idées viennent de Throne of Blood et de l’influence des films de samouraïs et du Bouddhisme. Nous avons essayé de communiquer beaucoup de ces émotions et réflexions à travers la voix off de Max.
On dénombre dans votre film quelques scènes gores assez jouissives. Qu’auriez-vous prévu de plus avec un budget plus conséquent ?
J’aurais vraiment voulu insérer plus de séquences sanglantes mais je n’avais ni l’argent, ni le temps nécessaires. Les effets spéciaux prenaient un temps considérable et nous devions tourner très très rapidement.
La séquence où un Biosyn est attaché à l’arbre est plutôt éprouvante. Pourquoi ce choix ?
Cette séquence est une scène d’interrogation durant laquelle Max essaie de comprendre les Biosyns et, étant donné qu’ils ne peuvent parler, il tente d’extraire ces informations par le biais de la torture.
Voir son premier long-métrage sélectionné au BIFFF, ça fait quel effet ? Avez-vous pu vous rendre sur place ?
Oui, je suis venu à Bruxelles et j’ai été reçu dans un hôtel 5 étoiles, une expérience que je n’avais jamais vécue auparavant. Le genre d’expérience qui vous fait dire que faire un film en vaut la peine (rires). J’étais vraiment nerveux étant donné que le BIFFF constituait ma première sélection en festival. Ce fut un magnifique moment où j’ai pu rencontrer des gens vraiment passionnés.
D’autres projets dans le cinéma de genre ?
Mon prochain projet est de créer un revenge. Je ne suis pas passionné que par l’horreur mais si j’ai une bonne idée qui me vient, c’est un genre vers lequel je retournerai volontiers.
(Interview réalisée par Mae-Nak)
Trailer de The Vanguard
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