Interviews

Interview de Mark Andrews (The Gingerdead man)

14 août 2008 | Par : Damien Taymans

Le prince des make-up

Avec une quinzaine de films de genre à son compteur, on peut d’ores et déjà considérer que Marky fait partie de ces artisans de l’horreur, de ceux tapis dans l’ombre qui considèrent leur métier comme un sacerdoce et n’hésitent jamais à mettre la main à la pâte pour provoquer l’effroi des spectateurs en créant des illusions. Maquilleur dans l’âme, Mark Andrews est formé à la tom Savini’s school et a fait ses armes sur une kyrielle de séries B et Z américaines (dont Hatchet et le The Gingerdead Man de Charlie band), ce qui lui permit de côtoyer les plus grands...

Comment est née ta passion pour le maquillage ?

Ma passion a grandi avec les films que j’ai vus dans mon enfance. J’étais impressionné par Tim Curry dans Legend. Les personnages des Dark Crystal et Labyrinth de Jim Henson m’ont amené une inspiration merveilleuse. Tu regardes l’écran comme un petit gamin et tu te dis : « Que suis-je en train de regarder ? ». Le travail effectué sur Dick Tracy, l’un de mes préférés, est parfois subtil parfois pas rend les personnages créés crédibles et pourtant toujours humains. Les héros horrifiques d’Universal et Jack Pierce. Je les considérais comme des œuvres d’art en mouvement.

Tu es gradué de l’école de Tom Savini. Es-tu spécialement attiré par les films de genre ?

J’ai rencontré Tom dans une maison hantée d’un parc d’attractions à Foxboro, c’était l’une de mes premières expériences de maquillage. Il a passé une nuit pour nous orienter vers les grimages horrifiques. J’avais 17 ans. Il m’a parlé de son école, le reste appartient à l’histoire.

Je ne suis pas réellement attiré par les personnages eux-mêmes plutôt par ce qu’on peut en faire. Par l’apparence, le physique, tu peux créer une histoire, un personnage ainsi que son environnement. Tu regardes les cicatrices de Freddy Krueger, tu regardes Jason dans le septième volet et tu te dis : « Lui, il a passé un sacré bout de temps dans la flotte ! »

Tu as travaillé avec des célébrités comme Danny DeVito, Janet Jackson, Robert Englund, Pink ou encore Tony Todd. De quelle rencontre gardes-tu le plus grand souvenir ?

Malgré la grandeur de tous ces personnages, je pense que celui avec lequel je partage le plus de choses est Tony Todd. Nous avons fait quelques films ensemble. Chaque fois qu’il débarquait sur le plateau, Tony insistait pour voir les marionnettes et créatures que l’équipe de Buechler (spécialiste des fx – ndlr) ou moi-même avions créées. Il était toujours très sympa et nous entamions de passionnants débats sur les Red Sox/Yankees. Il a grandi dans le Connecticut en regardant les deux équipes alors que j’étais un fana des Sox.

Tu es à la base de la créature de Gingerdead man. Comment a-t-elle été construite ?

Je n’ai pas travaillé sur le design du petit bonhomme en pain d’épices. C’était la tâche de John Buechler et Charlie (Band – ndlr). Il y avait plusieurs marionnettes, chacune utilisée pour différentes fonctions. Bosser pour ce film m’a beaucoup enseigné sur l’art des poupées et autres marionnettes. John et Charlie constituent une belle équipe comme le prouvent les nombreuses années qu’ils ont passées ensemble.

Comment est-ce de travailler sous la direction de Charles Band ?

Charles est très intéressé par les petites créatures horribles qui reprennent vie. Les fans affluent de toute part pour voir et lui parler des mutilations qu’il a mises sur pied depuis tant d’années. Les plateaux de tournage de ses films sont funs, ultra-bondés mais organisés. Ils ne courent jamais après le temps, le seul stress qui existe est dans le film lui-même. Il y a une scène dans Gingerdead man dans laquelle le petit monstre se saisit d’un couteau. La poupée se trouve sur un four avec un véritable couteau collé à la main. Le monstre face à la caméra, je me situe à côté de la caméra, le dos tourné vers « le public ». Il s’agit d’un gros plan, toute la lumière est projetée sur le biscuit, je suis donc obligé de retirer mes pouces pour ne pas qu’ils soient vus par la caméra. Je dois à ce moment-là faire effectuer quelques mouvements violents avec le couteau dans le champ de la caméra sans que j’y apparaisse : un geste extrêmement rapide et délicat. Je tente de m’assurer que ma poupée soit parfaite, ses yeux, sa sueur et … son arme blanche. On pose la caméra sur mon épaule, je suis en train de transpirer à cause des lumières. Charlie crie « Action ! ». Je donne l’un ou l’autre soubresaut à la poupée pour qu’il exécute un mouvement violent avec le couteau. Dans mon dos, Charles encourage la marionnette : « Vas-y ! Attrape-les ! Yeah ! » en arborant un large sourire satisfait sur son visage. Nous n’avons quasiment jamais refait de seconde prise. Il a une véritable passion pour la réalisation et le genre, passion qui se traduit en succès.

Quelle célébrité aimerais-tu maquiller ?

Oh ! Il y a une belle brochette d’acteurs et d’actrices. Niecy Nash de Reno 911 me dirait bien : j’aimerais devenir un souffle pour travailler avec elle. J’aime bosser avec des personnages sympathiques qui ont un esprit positif. Pas de gens qui se plaignent sans cesse. Des gens plutôt qui n’oublient pas que nous baignons dans l’amusement et que nous jouons à « faire semblant ». Les gens qui ont de belles perspectives et aiment autant leur boulot que moi !

Interview réalisée par Damien

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