Interviews

Interview de Jay Lee (Zombie strippers)

18 août 2008 | Par : Damien Taymans

Comique strip

Un film d’horreur réunissant Jenna Jameson en zombie quasi à poil et Robert Englund en patron de boîte maniacodépressif, vous en rêviez ? Jay Lee l’a fait pour vous. Fort de son expérience sur le marketable The Slaughter, Jay reprend sa caméra pour fournir un nouveau produit, plus bankable, chapeauté par une compagnie Sony flairant le pogne à se faire. Zombie strippers, qu’on se le dise, n’est certainement pas le film du siècle. Mais ce qu’il entend montrer, il le fait bien. En résulte un produit fleurant le grindhouse et à la limite du Z bien barré. En attendant de le voir, les réponses de son très sympathique réalisateur...

Salut Jay, Peux-tu nous parler de l’origine du film ?

Tout a démarré par une blague. Notre petite compagnie de production fa briquait des films indépendants assez importants (même premiers à Sundance) mais ils ne se vendaient pas très bien. Du coup, pris dans un tourbillon de marketing, nous avons décidé de toucher au monde l’horreur avec The Slaughter, film qui remplissait toutes les conditions de ventes. Quand nous étions en train de réaliser ce produit « marketable », j’ai lancé une plaisanterie du genre : « enfin, nous ne sommes pas en train de faire quelque chose dans le goût de Zombie strippers ». Vu les rires engendrés, je me suis sérieusement dit que nous devions réaliser un tel film.

Le titre parle de lui-même et un film comme ça est non seulement agréable à réaliser mais aussi et surtout le parfait moyen pour véhiculer une critique sociale et politique en recourant au trash. J’ai donc écrit le script et ma sœur et productrice du film, Angela, a touché d’une façon ou d’une autre Jenna Jameson qui l’a lu et a accepté l’aventure. Quelques mois plus tard, quand Sony pictures a entendu parler de « Jenna Jameson dans Zombie strippers », ils y ont vu une réussite financière et ont donné le feu vert.

Tu es scénariste, réalisateur et responsable photo (comme sur The Slaughter). N’est-ce pas difficile de combiner toutes ces fonctions ?

Certes, mais j’aime cette accumulation. Si je ne suis pas extrêmement fatigué en fin de journée, j’ai l’impression que je n’ai pas bien fait mon boulot. La seule chose négative avec les films low-budget est que nous ne disposons pas d’assez de temps. J’aimerais travailler aussi dur mais disposer d’un plus grand laps pour le tournage.

Le pitch ressemble au segment des Masters of horror réalisé par Tobe Hooper et intitulé Dance of the dead. L’épisode comprenait d’ailleurs également Robert Englund dans un rôle de maître de cérémonie lors de spectacles zombiesques. Etait-ce une source d’inspiration ?

Non. Je n’ai jamais vu cet épisode. Ma principale source d’inspiration était le Rhinoceros d’Eugène Ionesco. Je souhaitais traiter de la manière dont mon pays et notre président allaient tourner et l’anti-conformisme de l’histoire d’Ionesco était un parallèle étonnamment proche. J’ai juste remplacé les rhinocéros par des stippers morts-vivants, choix peut-être absurde mais nettement plus rentable. Et j’ai surtout songé que les gens préféreraient voir Jenna Jameson en strip-teaseuse zombie qu’en rhinocéros (rires).

Jenna Jameson est un zombie séduisant. Comment expliques-tu ce charme morbide ?

Impossible de l’expliquer. Jenna ne voulait pas de chorégraphie lors de ses danses. Elle n’avait pas assez de temps pour s’adonner à des répétitions. Un après-midi, quelques jours avant le tournage, elle est venue sur le plateau pendant sa construction et a passé un bref entretien à propos de sa zombification. Je lui ai juste dit que ce serait sans doute l’une des plus horribles choses jamais filmées et, en même temps, l’une des plus sexys. La danse devait être purement celle de Jenna, juste un peu retouchée, ses mains devaient devenir griffues et ses yeux et dents devaient respirer la faim de chair humaine.

Le jour du tournage, nous avions deux caméras. Jenna est arrivée sur scène et fit exactement ce dont nous avions parlé, encore mieux que ce que j’aurais pu espérer. Quelques éléments sont venus améliorer le film : son amour des films d’horreur, son incroyable sens de l’humour et son talent…

Jenna est très habile dans le lancer de boules de billard. Est-ce l’une de ses spécialités ?

C’est amusant, Jenna avait quelques appréhensions à propos de cette scène. Mais, après y avoir réfléchi de plus près, elle savait que quelqu’un devait le faire et que cette personne serait… Jenna Jameson.

Ian (Robert Englund) est un personnage extravagant assez proche de ses rôles dans Freddy et The Mangler. Etait-il le premier choix pour toi ?

Ce film disposait d’un budget vraiment dérisoire. Du coup, quand tu commences le casting, tu établis une liste de souhaits. Toute une partie du cast dépend purement et simplement du timing et de la disponibilité des acteurs. Robert Englund était au top de notre liste en compagnie de quelques grandes figures horrifiques. Nous n’étions pas sûrs de l’avoir pour Zombie strippers. Notre responsable publicitaire venait justement de travailler avec lui, ce qui permit d’avoir son attention particulière sur notre projet. Robert a lu le scénario et accepta l’entreprise.

Travailler avec une figure comme Robert, c’est jouissif, non ?

Robert est l’une des personnes les plus agréables et les plus professionnelles que j’aie pu rencontrer. Il connaît son métier, il s’est voué au projet à 110 % et était un support artistique incroyable pour le film et dans le suivi des acteurs. Il s’asseyait avec les figurants dans la cantine et les amusait avec ses histoires. Son interprétation de Ian découlait de son développement propre du personnage mais il était toujours ouvert pour travailler avec moi et discuter de ma direction, sans même penser qu’il était une légende et moi, un néophyte.

Le film contient des effets spéciaux très sanglants. Qui en est à l’origine ?

Partick Magee était notre responsable des effets spéciaux. Nous avons été satisfaits de son travail sur The Slaughter. Les effets qu’il a réussi à créer avec si peu de temps et d’argent étaient géniaux. Lorsque nous avons entamé Zombie strippers, il était la personne que nous souhaitions pour s’occuper des effets. Nous lui avons donné beaucoup de liberté pour la création des zombies. Il était probablement celui qui bossait le plus dur sur le plateau, le plus tôt arrivé et le dernier à fermer la boutique, travaillant non stop sur une douzaine de zombies et leurs victimes. Je pense que Patrick Magee deviendra l’une des grandes icônes de l’horreur.

Ca déborde de sexe et de sang dans Zombie strippers, deux ingrédients nécessaires d’un bon film d’horreur ?

Non. Beaucoup de films utilisent le sexe et le sang comme des artifices faciles afin d’attirer un max de public. Mais il y a de nombreux films d’horreur qui sont incroyablement perturbant et effrayant sans qu’ils aient besoin de montrer des effusions de sexe ou de sang. La plupart des classiques ne jouent pas sur ces tableaux-là, préférant l’aspect psychologique. Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit : le gore et le sexe peuvent être des outils extrêmement puissants quand ils sont correctement utilisés. Zombie strippers utilise les deux pour augmenter le côté visuel de l’expérience grindhouse qu’il représente. C’est en fin de compte plus une parodie qu’un film d’horreur, l’abus des dispositifs dont nous faisons preuve relève le côté satirique de l’ensemble.

Si tu étais face à une morte-vivante strip-teaseuse, que ferais-tu ?

Bien évidemment, l’enrôler pour une suite !

(Interview réalisée par Damien)

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