Interviews

Interview de David Nerlich (Black water)

7 juillet 2008 | Par : Chroniqueurs

Nerlich se jette à l’eau

Etiez-vous conscient que deux autres “films de crocodiles”, Primeval et Rogue se tournaient plus ou moins en même temps que le vôtre ?

Ces films ne sont pas sortis avant la fin du tournage de Black Water. Cependant nous étions au courant de ces projets concurrents. C’est bizarre comme plusieurs films de crocodiles sont apparus comme ça tout d’un coup. Ce n’était pas de chance pour nous mais ça ne nous a pas empêchés de continuer !

Black Water s’inspire de faits réels. Avez-vous eu l’opportunité de rencontrer la seule survivante du drame ?

J’aurais voulu rencontrer Val Plumwood qui fut attaquée par un crocodile en 1985, a survécu à ses blessures et relaté cette expérience traumatisante qui fut la plus grande inspiration de Black Water. Malheureusement Val est décédée cette année de causes naturelles. Vous pouvez trouver son récit à l’adresse suivante :

http://www.aislingmagazine.com/aislingmagazine/articles/TAM30/ValPlumwood.html

Je n’ai pas rencontré les deux garçons qui ont survécu en 2003 à cette épreuve, perchés sur un arbre avec ce crocodile à l’affût et qui fut la deuxième source d’inspiration du film

Quelle sera votre réaction si je qualifie votre film de « Wolf Creek sur l’eau » ? On trouve dans ces deux films ce côté réel, brut, avec ce côté extrêmement choquant mais également très émouvant et subtil dans les relations humaines. La comparaison vous semble-t-elle juste ?

Ces deux films se déroulent effectivement dans les coins les plus reculés et dangereux du paysage australien. Tous deux essaient d’emmener le public aussi loin de sa « zone de confort » qu’il est possible <img3de le faire, sans pour autant perdre ce sens de la réalité. Ces deux histoires se déroulent dans un monde sans pitié. D’autres facteurs, comme le fait qu’il s’agit dans les deux cas de vacanciers est moins important. Je pense que ces deux films sont avant tout des portraits inspirés et justes de l’âme humaine face à la probabilité d’une mort imminente. Ces deux films essaient de donner le plus de frissons possible et ce sont des films commerciaux qui traitent leur public avec un respect que l’on ne retrouve pas toujours forcément dans le cinéma de genre.

Le tournage en décors réels a dû être particulièrement difficile. Comment avez-vous trouvé cette mangrove reculée dans laquelle nos trois héros se perdent ?

Le cinéma c’est l’art de l’illusion ! Notre mangrove se trouvait en fait sur une rivière le long d’une banlieue de Sydney et il y avait toujours des maisons hors champs, que l’on ne voit évidemment pas dans le film. Nous avons ensuite filmé les crocodiles à Darwin, dans le Nord de l’Australie et nous avons utilisé les effets spéciaux pour réunir les acteurs, les lieux de tournage et les crocodiles dans le même plan.

Parlez-nous de votre travail avec votre chef op’, John Biggins. Quel genre de look et quelles sensations vouliez-vous obtenir à l’image ?

Le maître mot dans tous les aspects de la production c’était : réalisme et naturalisme. Nous avons donc utilisé très peu de lumière artificielle et tourné beaucoup caméra à l’épaule. L’ambiance devait être très sombre. Avec Andrew nous avons tourné beaucoup d’inserts de la nature australienne : des oiseaux, la faune locale, des plans de l’eau afin de faire ressortir le côté vivant de la mangrove.

Le crocodile n’est pas créé en images de synthèse, il s’agit d’un vrai animal. Comment s’est déroulé le tournage avec les crocodiles, combien en avez-vous utilisé et à quel point étaient-ils dangereux ?

Il y a des images de synthèse dans le film mais pas pour notre crocodile ! Nous en avons utilisé plusieurs et il faut savoir que ces animaux sont toujours dangereux. A plusieurs reprises nous nous sommes retrouvés dans l’eau face à eux pour les gros plans. Heureusement nous avions en permanence des dresseurs et un zoologiste à notre disposition.

Y-a-t-il eu des incidents ?

Oui ! Le deuxième jour nous avons presque perdu une caméra dans la mâchoire d’un crocodile. Vous pouvez d’ailleurs voir les images de la caméra filmant l’intérieur de la gueule de l’animal sur le site officiel du film : blackwatermovie. com.

La prémisse du film est excellente : trois personnes perdues avec aucune aide en vue et un danger invisible qui rôde autour d’eux. Y-a-t-il certains films dont vous vous êtes inspirés à l’écriture ? Lifeboat, de Hitchcock ? Les Dents de la Mer ?

Le développement d’un film est un processus très long et au cours de l’écriture vous êtes forcément influencés par d’autres films. Il est difficile pour un film de ce genre d’ignorer la manière dont Les Dents de la Mer amenait le suspense dans son récit. D’autres films m’ont influencé dans leur dépiction d’un environnement hostile, comme Délivrance ou Le Projet Blair Witch. Une autre grande source d’inspiration furent les nombreux récits de survies que nous avons lus.

Comment avez-vous choisi vos acteurs et à quell point le tournage fut-il difficile pour eux ?

Nous connaissions Diana Glenn et Ben Oxenbould grâce à leur travail à la télevision. Nous avons découvert Andy et Maeve au cours d’auditions. Nous avons auditionné à peu près 100 personnes que nous avons toutes filmées. Le fait de les avoir filmées s’est avéré particulièrement important puisque nous avons failli passer à côté de la présence extraordinaire de Maeve à l’écran, une présence qu’elle a apportée au film. C’est étrange car beaucoup de grands acteurs de l’écran ne semblent parfois prendre vie que lorsqu’ils sont filmés. Le tournage a été assez éprouvant pour Maeve, Diana et Andy. Ils sont restés perchés sur cet arbre tous les jours pendant trois semaines ou bien plongés dans l’eau froide jusqu’au torse. De plus quand la marée se retirait il y avait de la boue partout.

Les effets sonores du film (ou le manque d’effets sonores) sont particulièrement efficaces. Etait-là une des clés du succès du film ?

Afin de maintenir cette notion de réalisme, nous avons décidé de ne pas utiliser de sons ou de musique à connotation exagérément dramatique. Beaucoup de personnes ayant vu le film nous disent que c’est cet aspect réaliste qui est le plus réussi et qu’ils ont aimé en particulier.

Avez-vous peur des crocodiles ?

Ils peuvent vous tuer ! Il est donc sage d’en avoir peur. Mais malgré tout sur le tournage j’ai fini par m’attacher à eux.

Que pouvez-vous nous révéler sur vos prochains projets ?

Nous sommes pour le moment en pleine écriture d’un script et à la recherche de financements. Dès que ce sera fait, vous entendrez parler de nous !

Propos recueillis et traduits par Swan.

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18 juillet 2012 | Par Gonyer

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