Interviews

Interview de David Morley (Mutants)

1er septembre 2008 | Par : Damien Taymans

David Morley au pays des infectés

Après son court-métrage Organik qui fit un joli petit tour de festival en festival et glana une récompense (pas des moindres) au festival de Gerardmer et après un second essai (Morsure) destiné à convaincre les prods de ses capacités et qui effectue également un périple encourageant, David Morley se lance dans le format long avec Mutants, survival zombiesque teinté de l’univers cronenbergien de La mouche et carpenterien de La chose. L’occasion de trembler d’effroi en compagnie d’Hélène de Fougerolles, Dida Diafat et Francis Renaud devant ces créatures carnassières...

Tu as fréquenté assez peu de temps une école privée de cinéma. Peux-tu nous dire un mot sur cette expérience ?

Une expérience assez décevante, je dois l’avouer. La grande majorité des “élèves” ne paraissait pas très passionnée ! J’avais l’impression de perdre mon temps dans ces amphithéâtres, et de ne pas apprendre mon métier. Rien de mieux que le terrain pour ça, j’en suis de plus en plus convaincu.

Ton court-métrage Organik a remporté un beau succès au sein des festivals, glanant même au passage le prix du Meilleur court métrage à Gerardmer. Quel effet cela procure d’emmagasiner ses premières nominations et récompenses ?

Se voir décerner un prix pour son travail apporte toujours de la satisfaction, bien sûr. C’est très encourageant pour les projets qui suivent. Mais au-delà des prix, j’aime surtout l’ambiance des festivals de court métrage, car l’échange avec le public est plus simple, plus convivial, plus accessible. Ce sont souvent des passionnés de cinéma qui se déplacent dans ce genre de manifestations. Et puis ça permet aussi de rencontrer des collègues et de parler de nos expériences respectives.

Pour appuyer le projet Mutants, tu as réalisé un autre court appelé Morsure présenté en ce moment au FanTasia. Peux-tu nous dire un mot sur ce court ?

C’est une histoire de zombies assez classique, tournée en quatre nuits. L’intérêt premier de ce film était surtout de tester des effets de maquillage, de tenter des choses, et de commencer à constituer le noyau dur de l’équipe pour MUTANTS.
Puis, le film nous a permis de terminer de convaincre nos partenaires financiers.
MORSURE, que je considérais plus comme une démo, marche très bien en festivals, surtout à l’étranger, je suis le premier surpris…et heureux !

Mutants propose un pitch de prime abord déjà vu puisqu’il semble aborder la résurrection de contaminés à l’instar d’un 28 jours plus tard. En quoi ton film se démarque-t-il de ceux présentés ces dernières années ?

Il est vrai que le pitch de MUTANTS est simple, parce qu’il doit répondre à des codes bien précis du genre dans lequel il s’inscrit. Cela aide à poser efficacement la toile de fond de l’histoire. C’est ce que je voulais pour un premier film.
Pour moi, MUTANTS se démarque essentiellement par l’histoire du couple, Marco et Sonia, confronté au véritable thème du film qui est “Que feriez-vous si l’être le plus cher devenait l’être le plus dangereux ?”. Certes, 28 JOURS PLUS TARD a été une référence pour moi, mais pas plus que LA MOUCHE de Cronenberg, ou THE THING de Carpenter, ce qui peut donner une idée de l’atmosphère du film.

Peux-tu nous parler de ton casting ?

Je voulais un couple de comédiens inédit qui puisse surprendre. J’ai été plus que comblé. Hélène de Fougerolles et Francis Renaud ont été simplement énormes ! Ils se sont montrés généreux, investis, et m’ont fait confiance du début à la fin. Pour moi, ils crèvent l’écran par la sensibilité qu’ils ont su apporter aux personnages et à leur histoire d’amour. Ils vont en surprendre plus d’un !

Comment était l’ambiance du tournage ?

Une véritable aventure humaine, avec une équipe jeune, solidaire et investie malgré les conditions parfois pénibles dues au tournage en hiver et à la montagne. Bref, le bonheur !

Sur combien de temps s’est étalée la création de Mutants, de sa genèse à la post-prod’ ?

Du début de l’écriture au rendu de la copie film finale, environ deux ans. Un délai qui reste dans la moyenne.

Es-tu un fan du cinéma de genre ou est-ce une incursion passagère ?

J’aime le cinéma en général, j’aime surtout les bonnes histoires.
Commencer par un film de genre s’est avéré idéal pour moi. Ce sont des films d’ambiance où il faut soigner l’image, le son, les effets spéciaux, la musique etc... On touche à plusieurs facettes de notre métier et on utilise plusieurs outils sur un même projet. Je rêve de faire un film du “genre” par excellence : un western.

Peux-tu justement nous parler des effets spéciaux utilisés ?

Je suis un fervent défenseur des effets directs de plateaux. Je trouve ça tellement plus fun et réaliste ! Avec Olivier Afonso, à qui j’ai confié la direction artistique, nous nous sommes longtemps concertés pour pouvoir intégrer le maximum d’effets directs au tournage, impacts, maquillages, prothèses pour nos créatures, feu, etc… J’ai ensuite utilisé quelques effets numériques comme une complémentarité de certains effets directs, rarement pour corriger une erreur ou un raté. La combinaison des deux procédés est très payante.

Beaucoup d’œuvres de la nouvelle ère française du cinéma de genre sont des survivals, genre au sein duquel Mutants semble se glisser également. N’as-tu pas peur que le public se lasse de ce genre de films ?

Je ne pense pas que le public se lasse, les survivals existent depuis les années 70. En France, on commence seulement à produire ses films, je trouve qu’ils ont déjà leur propre singularité et c’est une bonne chose. A nous de proposer des survivals originaux au public. En tout cas, ce n’est pas le genre d’un film qui peut lasser, mais sa qualité. Une bonne comédie est avant tout une comédie.

Les films de genre français connaissent un vrai engouement à leur encontre outre-Atlantique. Serais-tu intéressé de tenter l’aventure en terre américaine ? A quelles conditions ?

Bien sûr. Je trouve que c’est une aubaine extraordinaire pour apprendre son métier et s’aguerrir, il faut seulement en accepter les règles du jeu, à savoir que vous n’êtes pas le maître à bord du navire. La condition primordiale pour tenter l’aventure là-bas reste l’histoire…et ça…

Dida Diafat incarne le personnage de Virgil et tente de s’opposer aux mutants qui envahissent la place. A-t-il profité du tournage pour leur asséner quelques coups comme lui seul en a le secret ?

Une rencontre formidable. J’ai découvert un homme d’une humilité et d’une gentillesse incroyable. Avec Dida, nous voulions justement qu’il oublie ses réflexes de boxeur professionnel et qu’il trouve sa propre manière de se défendre, plus instinctive et spontanée. Mais rassurez-vous, la distribution de pains est au rendez-vous !

L’un des héros que tu as affiché sur ton Myspace est Benny Hill. Qu’est-ce qui t’attire en lui ?

J’adore cette question ! Il me rappelle mon enfance, c’est mon clown préféré. Pas besoin de nez rouge et de grandes godasses. Si je loupais une émission le dimanche soir, je devenais hystérique !

Le portrait diabolique pour terminer. Si tu avais la possibilité de t’amuser avant de t’envoler :

Six films de genre que tu pourrais mater…

JAWS, L’EXORCISTE, DRACULA, THE THING, ALIEN, ZOMBIE

Six réalisateurs phare avec qui tu pourrais parler…

Spielberg, Scorcese, Eastwood, Annaud, Coppola, Chaplin

Six choses à faire avant de s’en aller…

Un film, l’amour, plonger, mater un bon western, ouvrir une bouteille de vin, et éteindre la lumière et le gaz…

(Interview réalisée par Damien)

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