Interviews

Interview Fabrice Lambot (Dying god)

24 mai 2008 | Par : Damien Taymans

Oh my Dying God !






Fabrice, tu vas bientôt sortir votre premier film, Dying God. Quel est ton parcours jusque-là ?

J’ai d’abord réalisé 2 courts-métrages, Insanity en 2002 (qui est passé au BIFFF en 2003 dans la compèt courts métrages), puis Le Sang du Châtiment en 2005, ainsi que quelques vidéo clips pour des groupes de métal. Auparavant j’avais tenu un magasin spécialisé dans le cinéma fantastique, SF Collector (de 1996 à 2000).

A quand remonte ta passion pour le cinéma de genre ?

Cette passion remonte à ma plus tendre enfance. Mon père nous emmenait très souvent au ciné mon frère et moi, généralement les mercredi et samedi après-midi, et on passé nos dix premières années à voir des films comme Le Sixième Continent, La Tour Infernale, L’Ile sur le Toit du Monde, Star Wars, etc etc. Mon père avait aussi une caméra super 8 et faisait des petites comédies dont nous étions les héros avec mon frère et ma mère. Et puis à la télé des émissions comme L’Avenir du Futur où ensuite La Dernière Séance m’ont permis de découvrir pas mal de films de SF des années 50 (Les Survivants de L’Infini, Le Jour où la Terre s’Arreta, Planète Interdite, Tarantula, Robinson Crusoe sur Mars, etc), un genre que j’affectionne particulièrement.

Quels sont tes modèles, tes réalisateurs et acteurs fétiches ?

Il y en a tellement que ce serait rébarbatif et lourd de tous les citer, je suis super fan avant tout de tout ce qui touche le ciné fantastique, SF, horreur, giallo, voir le ciné de genre (spaghetti western, polars italiens des 70s). Disons que mes réalisateurs préférés sont Stanley Kubrick, Lucio Fulci, Akira Kurosawa, Sean Penn, John Carpenter, Michael Mann, Dario Argento, Sergio Martino, Brian de Palma, Alfred Hitchcock, les frères Coen, etc (j’en oublie) et mes acteurs/actrices préférés sont Clint Eastwood (mon idole, aussi comme réal), Sean Penn, Ricardo Darin (fabuleux acteur argentin avec qui je reve de tourner), Monica Bellucci, Christian Bale, Edward Norton, Sarah Polley, Ed Harris, Steve Buscemi, Maria Bello, etc mais bon il y en a des dizaines…

En 1996, tu as créé un fanzine sur le cinéma fantastique. D’où t’est venue cette motivation ?

Simplement parce que j’avais envie de faire partager ma passion avec d’autres rédacteurs et avec les lecteurs. Et puis j’avais réussi à avoir quelques interviews sympas de réalisateurs américains de films de SF des années 50 (Herbert Strock, Gene Fowler, Robert Wise, etc) et je trouvais qu’on ne parlait pas assez de pleins de films de SF et d’horreur méconnus, et je voulais avec Atomovision parler notamment de cette époque dorée du cinéma fantastique américain.

Dans ce monde dominé par MadMovies et L’écran fantastique, c’est plutôt difficile de s’imposer, non ? N’était-ce pas trop difficile à gérer ?

Je n’ai jamais voulu faire concurrence à ces mags que j’adore et que je continue de lire. Avec mes amis Jean Depelley, Jacques Lejemble et Justin Humphreys qui constituaient le cœur d’Atomovision, on voulait surtout faire partager à d’autres les films qui nous plaisaient, et puis faire un boulot modeste de préservation, d’archivage et de mise à l’honneur de films, de réals et d’acteurs qui nous plaisaient. Le premier numéro d’Atomovision a été tiré à 250 exemplaires, et le dernier, le numéro 6, à 400 exemplaires (comme les numéros 4 et 5, les seuls dont il me reste encore 5 ou 6 exemplaires à ce jour).

Quand t’est venue cette envie de passer à la réalisation ?

Cette envie a toujours été présente. Comme je l’ai dit mon père avait une caméra super 8 et enfant j’adorais le voir faire ces petits films de famille, où il créait des effets sonores et faisait lui-meme le montage, etc. Ensuite après mon bac j’ai voulu faire une école de cinéma mais nous n’en avions pas les moyens. J’ai simplement pris des cours théoriques à la fac à Amiens qui n’étaient pas inintéressants. J’ai également réalisé une paire de films en Super 8, puis en vhs, et à ce jour il ne m’en reste qu’un de cette époque où je tournais avec mon frère et des amis. Et c’est à la fin des années 90 vraiment que je me suis donné les moyens de réaliser mon rêve, d’abord en signant avec une boite de prod pour une première version du Sang du Chatiment qui ne vit jamais le jour, puis donc en 2002 en autoproduisant Insanity.

Tu as ensuite émigré en Argentine. Etait-ce clairement dans l’optique de réaliser des films ?

Je n’ai pas émigré en Argentine. En fait mon épouse est argentine, et donc on y est allé plusieurs fois pour connaître sa famille et découvrir le pays, que j’adore. J’ai fait la connaissance là-bas d’un de mes meilleurs amis, Uriel Barros, qui tient Mondo Macabro, un video club hallucinant spécialisé dans le fantastique. En 2002, j’ai raconté mes soucis à Uriel au sujet du plantage du projet Le Sang du Chatiment, et je lui ai dit que j’avais écrit un autre court, Insanity, que je souhaitais tourner mais pour lequel j’avais un budget limité. Voulant se lancer dans la production, Uriel m’a proposé d’aller le tourner en Argentine, grand pays de cinéma plein de jeunes talentueux, et économiquement très intéressant pour une production. Ensuite quand on a créé Metaluna Productions, on s’est logiquement tourné de nouveau vers Buenos Aires Rojo Shocking d’Uriel, pour tourner Le Sang du Chatiment, puis Dying God.

Le groupe Metaluna, dont tu fait partie, se multiplie dans le domaine du cinéma. Fanzine (pour lequel vous êtes rédacteur), production de films,… Pourrais-tu nous en dire un peu plus pour ce groupe qui reste assez inconnu chez nous ?

En fait on a d’abord créé une association à but non lucratif en 2005, formée de Jean-Pierre Putters, Jean Depelley et moi. Notre but premier : produire des longs métrages de genre pour le marché international, et également publier des revues et livres sur le cinéma que nous affectionnons. La première étape de Metaluna Productions a donc été Le Sang du Chatiment, produit par Jean-Pierre Putters, écrit par Jean Depelley et que j’ai réalisé. Par la suite, nous avons développé un projet de court métrage, Le Pénitent, avec une boite de prod française, sans que le projet n’aille à son terme. J’ai ensuite travaillé sur un projet de long métrage pendant un an avec un autre producteur français, tout en développant en parallèle Dying God. On a bien fait car l’autre projet n’a pas abouti pour le moment. En 2006, on a donc transformé l’association en société, Jean-Pierre et moi, avec Jean en soutien pour la partie revues/livres de Metaluna Productions. On est encore en plein développement actuellement, avec un site internet qui vient d’ouvrir mais n’est pas fini (www.metalunaproductions.com) et pas mal de projets en cours.

Ton premier long-métrage, Dying God, est annoncé pour le courant de l’année 2008. Pourrais-tu nous en dire un peu plus à son sujet ?

C’est une petite série b old school, qui a couté 400,000 us$, tourné en hd en Argentine en janvier 2007, en anglais avec un mélange hétéroclite de comédiens américains (Lance Henriksen, James Horan, Erin Brown), français (Agathe de la Boulaye) et argentins (Enrique Liporace, Victoria Maurette). Le film mélange plusieurs influences que je revendique, le polar US glauque des années 80 à la Lustig ou Ferrara, le giallo, le film de serial killer et le « monster movie » à l’ancienne. L’histoire parle d’une série de meurtres qui ensanglante un quartier chaud d’une cité cosmopolite. Sean Fallon, un flic véreux, mène l’enquête sur ces viols et crimes horribles, et devra demander l’aide de la pègre locale pour mettre fin aux agissements du tueur, qui va se révéler ne pas être humain.

Quels étaient les moyens dont vous jouissiez pour le tournage ?

Disons que les moyens étaient plus confortables que ce que nous avions jusqu’à présent. Les acteurs comme Lance avaient leur caravane, on avait une équipe d’une quarantaine de personnes, du bon matos, des gens talentueux, mais le hic c’est qu’on avait que 21 jours de tournage, pour un film qui se passe dans une vingtaine de lieux différents, avec près de 50 rôles parlants, donc au niveau logistique c’était plus que compliqué. On tournait parfois à un endroit le matin et à un autre l’après-midi, donc vraiment c’était très difficile.

Quelle impression te laisse ce premier long ? Es-tu content du résultat ?

Pour nous il s’agissait d’un premier essai. Il est transformé dans le sens où on a réussi à faire le film, qu’il est largement regardable, pas ennuyeux du tout, et qu’on l’a déjà vendu à une société américaine pour les droits mondiaux et à Neo Publishing pour la sortie en France. Le film a toujours été planifié pour être un direct to video, et c’est là où il peut y avoir un décalage par rapport à certains articles sortis et qui semblaient laisser croire qu’il s’agit d’une grosse prod. Clairement, c’est Jean-Pierre Putters et moi qui avons monté tout le projet de A à Z, on a tout appris au niveau production sur le tas, et donc on est content d’avoir fait ce premier film. Le but est de récupérer l’investissement pour miser sur des projets plus ambitieux au fur et à mesure. On a une politique sur le long terme, en commençant tout petits et en progressant avec nos projets. A un niveau personnel, j’ai déjà vu Dying God des dizaines et des dizaines de fois. Je pense qu’il est intrigant, qu’il y a des scènes très réussies, et que par rapport à notre buget, aux contraintes de tournage et à notre manque d’expérience initiale, on ne s’en est pas trop mal sorti. C’est une petite série b sympa je pense.

Avoir Lance Henriksen d’emblée pour son premier film, c’est énorme ! Comment avez-vous fait ?

Il nous fallait impérativement un « nom » pour avoir de meilleures chances de vendre Dying God. Vu le scénar assez exhubérant, et le côté old school du projet, il était évident qu’on devait avoir un nom connu dans le projet. Jean-Pierre a proposé plusieurs noms, et Lance s’est vite imposé comme le choix numéro 1. J’ai contacté son agent, puis son talent manager, son avocat, etc un vrai chemin de croix pour enfin obtenir un rendez-vous avec Lance qui était intéressé pour faire le film. On a dû aussi passer par le Screen Actors Guild pour le déclarer, et ça a été long et pénible en terme administratif, et finalement Lance nous a couté beaucoup plus cher qu’on ne pensait initialement. Mais ça valait le coup, car son « nom » a apporté immédiatement une crédibilité au projet, et puis évidemment parce que c’est un super acteur. Mais plus que tout, c’est sa personnalité qui a fait craquer toute l’équipe. Lance est tout simplement adorable. C’est un type super chaleureux, modeste, humble, et qui faisait pisser de rire tout le monde tellement il est fendard. Et c’est lui qui m’a poussé à prendre Agathe de la Boulaye pour le rôle de sa bodyguard Angel. Ils avaient joué tous les deux dans Alien vs Predator et Lance et Agathe s’adorent. Et vraiment j’ai bien fait d’écouter Lance car Agathe apporte une touche poétique au film qui est vraiment belle et particulière.

On sait que le film sortira cette année en France et en Argentine. Sera-t-il projeté dans certaines salles ?

Dying God est sélectionné pour la compétition long métrages du Week End de la Peur en France, au mois de juillet. Il y a aura surement une projection en salle à Paris à un moment ou à un autre, et aussi à Limoges je crois en fin d’année.

Sera-t-il distribué dans les autres pays de la francophonie (Suisse, Canada, Belgique,…) ?

Il sort donc en juillet chez Neo Publishing, qui a acheté les droits pour les pays européens de langue française.

As-tu d’autres projets en vue pour l’avenir ?

Nous avons actuellement plusieurs projets en cours, notamment le prochain film de Douglas Buck, et pour ma part un projet intitulé The Entombed, un film de fantomes qui serait encore une fois tourné en Argentine.

Interview réalisée par Damien et Gore Sliclez

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6 août 2012 | Par Isabelle

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