Critique de film

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Ile de l'épouvante (L')

"5 bambole per la luna d'agosto"
affiche du film

Le temps d’un week-end, un industriel invite des relations d’affaires sur une île méditerranéenne. Bien que le but principal était la détente, les affaires vont vite reprendre le dessus, l’enjeu étant une formule pour laquelle les convives sont littéralement prêts à tuer…

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Extrait - L’île de l’épouvante (1970)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’île de l’épouvante - Quasi épouvantable...
Par : Damien Taymans

Après une période plus calme que le reste de sa carrière filmographique concrétisée par l’émergence de deux œuvres que sont L’espion qui venait du surgelé et son essai libre Danger : diabolik !, Mario Bava revient à ses premières amours en signant le giallo L’île de l’épouvante en 1970.

Loin d’innover quoi que ce soit, Bava signe avec cette œuvre l’un des plus mauvais détours de sa carrière, ne se bornant qu’à retranscrire ligne par ligne les codes du giallo qu’il a lui-même contribué à inventer avec des classiques tels que Six femmes pour l’assassin ou La fille qui en savait trop.

Pourtant, le début du film annonçait de bonnes choses. Fidèle à ses habitudes, le réalisateur reprend toute une série de mécanismes porteurs de ses anciennes œuvres. Ainsi, la scène d’entrée débouchant sur un meurtre factice renvoie-t-elle directement à la scène d’entrée de La fille en savait trop et amène-t-elle le spectateur à s’interroger sur la véracité de ce qui lui est donné à voir. Illusions, confusion, le tout porté par une pléiade de personnages cloîtrés dans une île déserte (émulsion bavienne des Dix petits nègres d’Agatha Christie), voilà des ingrédients qui conféraient d’emblée à l’œuvre une réussite quasiment assurée.

Sauf que, en traitant l’image abusivement et en multipliant les points de vue pour mieux égarer son public, le réalisateur parvient à son but mais jusqu’à un point de non-retour assez fâcheux. A force d’errer de personnages en personnages (de plus mal dépeints) et de points de vue en points de vue, on s’échine à recoller les morceaux d’un puzzle qui a perdu quelques pièces dans l’aventure. Si bien qu’au bout d’une heure pleine d’incohérence scénaristique, on est bien en peine de s’intéresser réellement au dénouement de l’affaire et on doit ingurgiter une dizaine de cafés pour ne pas sombrer dans un sommeil pourtant bien mérité.

Contrairement à ce que certains avancent, L’île de l’épouvante n’en est pas pour autant l’annonciateur du déclin du réalisateur puisque ce dernier livrera encore quelques œuvres incontournables comme La baie sanglante ou Une hache pour la lune de miel. Cependant, l’œuvre ne brille pas par la réussite de sa mise en scène ni par la qualité de ses propos et reste une œuvre mineure dans le panel du réalisateur.


Critique de L’île de l’épouvante - Bava s’égare
Par : Quentin Meignant

Après avoir signé Six femmes pour l’assassin et La fille qui en savait trop, Mario Bava se présenta comme le précurseur d’un genre nouveau : le giallo. Bien des réalisateurs italiens surfèrent sur cette mode avec d’immenses réussites telles que Ténèbres et L’oiseau au plumage de Cristal du grand Dario Argento.

Malheureusement, Maître Bava délaissa un peu cet art nouveau dans le thriller en se consacrant à la science-fiction (La planète des vampires), à l’horreur (Opération Peur) et à d’autres genres (le western avec Les dollars du Nebreska et Duel au couteau, et l’espionnage avec L’espion qui venait du surgelé). Alors que l’on croyait Mario Bava égaré dans des styles qui, à la base, ne lui étaient pas chers, le fabuleux génie revint avec L’île de l’épouvante, giallo mettant en scène des hommes d’affaires et leurs femmes vénales, coincés sur une île.

La superbe photographie de cette dernière rassure d’emblée le spectateur : nous avons bien à faire à une œuvre purement bavienne. Avec son style propre, Bava passe de l’obscurité à la clarté pour nous détailler la beauté des décors qui entourent les protagonistes. Même si on est loin des somptueux et lugubres paysages de La baie sanglante, le réalisateur fait encore une fois l’étalage de son immense talent de "metteur en image".

Malheureusement, on comprend bien vite que c’est tout ce qu’il y aura à tirer d’un film qui sent fameusement le déjà-vu. Se bornant à nous rappeler les règles du giallo sans jamais innover, le déroulement de l’œuvre déçoit dès les premières secondes.

La bande originale, un peu trop rock’n roll par rapport à l’ensemble, suffit à se rendre compte que le réalisateur a perdu un peu de sa superbe et qu’il a réalisé ce métrage sans véritable envie.

De longues séquences sans aucun dialogue parsemées d’une musique assourdissante font place à la présentation de personnages complètement ridicules car trop ancrés dans leurs défauts. Ces protagonistes vénaux n’ont que deux idées en tête : l’argent et le sexe. Ceci les rend affreusement insupportables et rappelle immanquablement les nombreux mauvais slashers américains des 80’s mettant en scène ce type de personnes (un peu plus jeunes).

En plus de ces énormes tares, la mise en scène des crimes laisse à désirer. Bava se montre étrangement frileux et ne fait pas montre de l’exubérance habituelle en matière de meurtres. Seul fait éclatant, l’entreposage des cadavres dans la chambre froide permet quelque peu de se recentrer sur la bestialité et le manque de coeur de ces personnes, ce qui suscite quelques réactions des zygomatiques dans l’ensemble.

Ensemble qui, quelques minutes plus tard, lors du dénouement, prend une direction inattendue et un peu plus jouissive que le reste. Même si le twist final est un peu trop long, Bava parvient à récupérer un peu la maîtrise de son métrage en nous étonnant.

L’île de l’épouvante n’est donc pas un des films les plus marquants de Bava mais se laisse regarder grâce à la somptuosité du décor et à un final agréable. On reste néanmoins bien loin du génie dont fera preuve Bava seulement un an plus tard avec sa merveilleuse Baie sanglante.

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