Critique de film

pub

Ikigami

"Ikigami"
affiche du film

Fujimoto est l'un des fonctionnaires chargé de délivrer l'Ikigami, le préavis de mort. Ceux qui le reçoivent apprennent qu'ils n'ont plus que 24 heures à vivre. Et tous se posent la même question : que faire de leurs dernières heures ?

pub


Trailer - Ikigami (2008)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Ikigami - Destins volés
Par : Damien Taymans

Big Brother a fait ses valises pour le Pays du soleil levant, Orwell a subi un lifting destiné à lui brider les yeux. La société décrite par Motoro Mase a tout de celle orwellienne dépeinte dans 1984. Dans ce système idéologiquement totalitaire, le gouvernement japonais contrôle, tel un démiurge, le droit de vie et de mort de chaque citoyen, tout en conservant une illusion de démocratie. La jeunesse, apathique, a besoin d’un bon coup de grolle dans l’arrière-train afin de se reprendre en main et de retrouver le goût de la vie. Du coup, tous les marmots du pays reçoivent l’injection d’un vaccin dès leur entrée à l’école. Mais, loin de les prévenir de la coqueluche, de la scarlatine ou d’une autre maladie au nom d’oiseau, ledit vaccin contient, à raison d’un pour mille, une nano-capsule, programmée pour provoquer la mort de la personne durant une tranche bien définie de son existence (entre 18 et 24 ans). Les sujets auxquels la capsule a été inoculée apprennent leur décès vingt-quatre heures avant que celui-ci ne survienne par le biais d’ikigamis, des préavis de décès remis par des fonctionnaires de l’état civil.

Au centre de cette dérive dictatoriale, le fonctionnaire Fujimoto à qui incombe la délicate tâche de prévenir, avant 24 heures d’avance, les morituri de leur funeste destin. Chacun occupe ses ultimes heures en menant leur vie vers son aboutissement, en se vengeant d’anciens démons, en cautérisant des plaies laissées béantes ou en se payant un dernier coup de folie. Le premier à passer de l’autre côté du Styx profite de ses cinq dernières minutes de gloire pour raviver une amitié qui s’est essoufflée, le deuxième s’insurge contre sa mère, fervente partisane de la "Loi de prospérité nationale", qui utilise l’ikigami de son fils comme argument de sa campagne, le troisième, enfin, lutte pour offrir ses cornées à sa soeur non-voyante. En l’espace de trois morceaux de vie, Ikigami s’illustre dans autant de registres, passant sans vergogne du drame à la tragédie, de la fable touchante au pamphlet anarchiste. Car, à ne pas s’y tromper, sous couvert d’anticipation, l’oeuvre joue un rôle politique et dénonce des dérives sociétales potentielles, comme Battle royale avant lui qui établissait également un constat navrant de la jeunesse japonaise.

L’ensemble, s’il respecte fidèlement le matériau de base (du case par case pour la première partie et quelques rares écarts son à dénoter), ne lui rend pas grâce pour autant : en adaptant respectivement deux volumes du célèbres mangaka (le premier et le troisième), le trio de scénaristes échafaude un script plutôt bancal que le fil conducteur (la prise de conscience de Fujimoto, à l’instar des écrits de Mase) bride non sans difficulté. De son côté, avec sobriété, Tomyuki Takimoto construit un univers plus glacial que celui de Mase, créant une atmosphère en phase avec l’argument dystopique de sa pellicule. Jusqu’à l’excès parfois, le cinéaste insistant plus qu’à son tour sur l’effet lacrymal, notamment dans sa dernière partie.

Maladroitement agencé, Ikigami couvre, sur plus de deux heures, une pluralité de destins, en expédiant d’autres quand Mase offrait une place équitable à chacun, considérant ses sujets comme autant de miroirs réfléchissant une réalité tragique.


Critique de Ikigami- Préavis de grande réussite
Par : Quentin Meignant
Tags : Asiatique

Présenté hors-compétition lors du BIFFF 2010, Ikigami : Préavis de mort, réalisé par Tomoyuki Takimoto, est l’adaptation du manga éponyme de Motorô Mase, film déjà récompensé par deux awards au Japon en 2008. Véritable curiosité méconnue du pays du soleil levant, le métrage prend place dans un Japon futuriste qui, pour endiguer la violence, vaccine désormais les enfants en bas âge. Le but : un vaccin sur mille contient une micro-capsule qui explosera entre l’âge de 18 et 24 ans, causant la mort de la jeune personne. Dans le but de rendre le Japon plus sûr, mais aussi de s’assurer que les jeunes aiment la vie, des fonctionnaires sont chargés de délivrer l’ikigami, le préavis de mort, à la future victime quelques heures avant que celle-ci ne survienne. Parmi ces « livreurs », le brillant Fujimoto semble moins convaincu que ses pairs de l’efficacité d’une telle pratique.

Avec un pitch qui pourrait, en certains points, évoquer le génial Battle Royale, Ikigami relève donc un challenge osé, les œuvres ayant emprunté le sillage de celle Kinji Fukasaku ayant en général été honnies par le public et la critique. Néanmoins, très fidèle au manga dont il est tiré, le film de Tomoyuki Takimoto ne tarde pas à faire mouche en traitant, sur le ton du drame, l’une des principales hantises du Japon moderne : le vieillissement de la population. Sur base d’une mise en scène assez sobre et nullement alambiquée, le cinéaste parvient à mettre à l’honneur l’ambiance du manga d’origine tout en y ajoutant une touche sociale encore plus poignante que dans l’œuvre de Mase.

A ce titre, les destins croisés des différents protagonistes prouvent à quel point le film est bien construit et permet au spectateur de se laisser entraîner dans une valse entre vie et mort simplement mise en image pour favoriser la naissance d’émotions. D’ailleurs, dès la fin de la première partie, Takimoto frappe un très grand coup et donne naissance à l’une des séquences les plus émouvantes de ces dernières années, celle-ci étant encore renforcée par la puissance d’une ballade rock tout simplement exceptionnelle. Cette scène se suffisant à elle-même aurait pu clore la bande mais, toujours fidèle aux écrits d’origine, le metteur en scène procède alors à la mise en place d’intrigues connexes qui, tout aussi bien réalisées, n’en demeurent pas moins un peu longuettes. Plus bavard, le final vaut néanmoins aussi pour la dramaturgie dont il fait preuve et instille définitivement à l’ensemble un caractère totalement mélancolique.

Emotionnellement poignant et formellement magnifique, Ikigami : Préavis de Mort lance par ailleurs dans son final une invitation à la séquelle qui ne devrait pas rester lettre morte tant l’ensemble servi par Takimoto parvient à surprendre. Entre chronique sociale dramatique, science-fiction et questions existentielles, le métrage pourrait donner naissance à un second opus s’approchant plus de Battle Royale, ce qui, au vu du talent de Takimoto, ne pourrait être que bénéfique au cinéma nippon.


Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Récentes critiques

affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage