Critique de film

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Ichi, la femme samouraï

"Ichi"
affiche du film

Dans le Japon médiéval, Ichi est une jeune orpheline, aveugle de naissance. Derrière ses airs fragiles, la jeune fille possède un talent exceptionnel dans l’art de manier le sabre. Tous ceux qui se mettent en travers de son chemin l’apprennent à leurs dépens. Elle sauve la vie d’un samouraï aux prises avec le redoutable clan Banki. Ensemble, ils se rendent dans un village où le clan fait régner la terreur...

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Trailer - Ichi, la femme samourai (2008)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Ichi - Bien vu, l’aveugle
Par : Seb Lecocq

Non, vous n’avez pas la berlue. Le film s’appelle bien Ichi. Comme le film le plus connu de Takashi Miike, pourtant, outre son origine géographique, il ne partage pas grand-chose avec le métrage qui nous intéresse aujourd’hui. Ce Ichi (enfin cette, puisqu’il s’agit en fait d’une jeune demoiselle), est un film que l’on doit au réalisateur Fumihiko Sori qui s’était fait connaître grâce à l’excellent Ping Pong et l’animé Vexille. Il enchaine donc avec Ichi, film typiquement et intimement japonais puisqu’appartenant au genre phare du cinéma nippon : le chambara. Plus encore, le film est une variation autour du thème du bretteur aveugle, j’ai nommé Zatoichi. Sauf que cette fois Zatoichi a laissé la première moitié de son patronyme au vestiaire pour n’en conserver que les deux dernières syllabes. Ichi est une jeune musicienne itinérante aveugle et orpheline qui subsiste en jouant et chantant de village en village, d’auberge en auberge. Mais ces pérégrinations cachent un but tout autre : la jeune fille cherche à retrouver le maitre qui lui enseigné l’art du sabre et de la lame. Sa route va croiser celle de Toma, un ronin incapable de dégainer sa lame, l’ennemi juré du redoutable clan Banki.

Au premier abord on peut trouver cela étrange de faire d’un héros populaire de la culture japonaise une femme, vous imaginez vous Zorro ou Robin des Bois portant jupons et talons ? Et bien les nippons eux, s’affranchissent de ces apriori machistes. Pourtant, le chambara est avant tout un genre masculin même si de plus en plus, le genre tend à se féminiser sous l’égide de quelques jeunes réalisateurs pleins de ressources. On pense au Azumi de Kitamura par exemple. Exemple choisi à dessein (en un seul mot - ndlr) tant il parait évident que Sori s’est beaucoup inspiré du film de Kitamura pour monter son projet. L’ambiance et le feeling des deux films sont assez semblables même si Sori se passe volontiers des plans et des situations bigger than life d’Azumi afin d’adopter une approche plus réaliste et terre à terre de son histoire alternant entre action et émotion, l’intrigue étant entrecoupée de flashbacks faisant revivre le trauma de ses différents personnages afin de mieux les comprendre et donc de mieux s’y identifier. Les différentes motivations des différents acteurs (d’Ichi à Toma, son compagnon de route) sont déclinées, les deux héros gagnant de cette façon en épaisseur et en profondeur.

Le fond est finalement assez classique : l’histoire du héros handicapé et vengeur est un thème récurrent du chambara ou du wu-xia-pian chinois. La première originalité réside, comme souligné ci-dessus, dans le glissement sexuel du héros de légende, devenu ici féminin. Pour ce faire, le réalisateur a confié la lourde tâche de tenir le film sur ses épaules à la frêle mais convaincante Haruka Ayase, jeune comédienne de 25ans plus habituée des plateaux télés que des tournages de cinéma. Elle incarne Ichi avec conviction et livre une prestation correcte sans être inoubliable. Ses quelques approximations et son manque évident de compétences martiales sont largement compensés par sa beauté et sa prestance tout en retenue. On aurait aimé que Sori la mette plus en valeur d’ailleurs car pendant la seconde partie du film, elle s’éclipse pour céder sa place à Takao Oshawa qui s’illustrera dans un moment de bravoure. Mais rassurez-vous la belle Haruka revient pour le final.

Techniquement, le film est très propre et élégant, les compétences de Fumihiko Sori en matière de mise en scène ne sont plus à prouver. Il shoote son histoire avec sérieux et application même si on regrettera un manque de folie (le film sort assez rarement des clous) et de vrais moments « awesome ». On sent que le réalisateur, conscient du potentiel grand public de son film, cherche à ne pas faire de vagues et à ne froisser personne. Le principal reproche tient à la trop grande retenue de l’oeuvre, surtout lors des scènes d’action qui auraient gagné à être plus dynamiques afin de mettre plus en avant les chorégraphies de Hiroshi Kuze, un des collaborateurs du grand Akira Kurozawa. La photographie suit le rythme. Classique, propre, parfois très jolie, parfois trop timorée. Lors des scènes de combat encore une fois, une photographie plus contrastée ou « pop » aurait apporté le petit plus qui manque au film même si tout cela est composé par la b.o signée Lisa Gerrard qui évite soigneusement toutes les niaiseuses asiateries qui viennent souvent plomber ce genre de production. L’ex-chanteuse de Dead Can Dance amène une aura et un feeling mélancolique tout au long du film qui sied à merveille au personnage central, Ichi, et à l’histoire douce-amère racontée par Sori.

Ichi pèche par excès d’académisme. Bien réalisé, bien éclairé, bien joué mais classique, trop classique. Sori, en élève appliqué respecte à la lettre le cahier des charges stylistique mais oublie parfois la notion de fun et de divertissement qui aurait bien collé à l’ambiance du film (voir pour s’en convaincre, le Azumi de Kitamura avec sa pléthore de plans fous). Malgré ces défauts, le film se laisse voir sans problème et tient en haleine malgré quelques petites longueurs. Heureusement, le casting est là pour compenser car outre la très physiquement sympathique Haruha Ayase, on retrouve, et c’est toujours un plaisir Riki Takeuchi venu cabotiner et surtout Shido Nakamura qu’on a pu voir dans Les Trois Royaumes.

Au final, Ichi est un divertissement très honnête, un peu trop formaté, qui plaira à tout le monde mais qui manque vraiment de folie et de personnalité que pour convaincre à 100%.


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