News

INSTANT CRITIQUE - The Avengers

16 mai 2012 | Par : Chroniqueurs

Du rififi chez les super-héros

Par Christophe Mavroudis

A l’heure ou j’écris ses lignes, The Avengers a déjà totalisé un milliard de dollars en 19 jours d’exploitation. Niveau box office, le pari est remporté haut la main. Et niveau artistique, Captain Kritic ? Eh bien, faisons court, on n’atteint pas les mêmes cimes, sans pour autant plonger dans les affres de la nullité.

Présumé mort après avoir chuté dans l’abîme lors de l’effondrement du Bifrost dans Thor, Loki, usurpateur du trône d’Asgard, s’est allié avec un ennemi mystérieux lui ayant fourni une armée redoutable, les Chitauris. Dernière étape à accomplir pour passer en mode dévastation totale : s’emparer du Tesseract, détenu par le SHIELD et Nick Fury, et s’en servir pour ouvrir une porte d’accès entre notre monde et celui de ses troupes. Après le vol de l’objet, et face à la menace imminente, Fury réunit autour de lui une assemblée de super-héros de nature antagoniste, dont la cohabitation est d’autant moins garantie que l’un d’eux est sujet à de très vilains accès de colère.

Première chose : l’événement Avengers, préparé de manière plus ou moins intense dans chaque production Marvel depuis Iron Man, nécessitait-il une si longue construction ? Que l’on aborde le film sous l’angle du one-shot ou comme conclusion d’une lente progression dramatique (L’incroyable Hulk, Iron Man 1&2, Thor, Captain America, soit près de 10 heures de film tout de même), fait est de constater que nous sommes loin de la perfection. A la lumière de cet « ultime » opus, aborder le projet dans sa globalité révèle davantage que Marvel, avec les films précédents, préférait appâter le spectateur par des promesses lointaines plutôt que lui préparer une véritable apothéose. Ainsi, outre les éléments antérieurs purement narratifs, dont certains sont juste ignorés ou négligés (le retour de Thor justifié en une ligne de dialogue là où la destruction du pont entre Asgard et la terre faisait office de climax, l’oubli volontaire de la scène post-générique de ce même métrage montrant un Selvig possédé par Loki...), Avengers écope de la gageure de faire exister côté à côte des univers pas franchement conçus pour interagir, et dont les règles sont fluctuantes. On nous présente Captain America comme un super-soldat boosté à un sérum impossible à dupliquer, mais la Veuve Noire nous gratifie de cabrioles 100% naturelles que notre héros étoilé aurait du mal à reproduire ; impossible de savoir si Thor, Loki ou Hulk sont mortels ou pas, ce qui tend à vider leur affrontement de tension et, surtout, laisse au libre arbitre du scénariste la décision du K-O final, au gré de son humeur. Soyons clairs : une série de clins d’œil et un faible tissu de références n’ont jamais donné un ciment narratif des plus solide, et encore moins établi des fondations suffisantes pour un univers aussi dense, où les Dieux côtoient les espions et les aberrations scientifiques.

Dénouant un épais sac de nœuds mêlant ses propres enjeux, pas bien palpitants à vrai dire, et ceux des films précédents, la première partie d’Avengers va donc tenter de colmater les lézardes menaçant de faire s’effondrer l’édifice. Chronologie des événements antérieure incertaine, nécessité de forcer l’intrigue pour donner à chaque personnage sa motivation et raccourcir son introduction,.. En découle une somme considérable de boulettes et d’approximations, qui culmine avec la capture volontaire de Loki, stratégie à base de monstre vert vénère, de cachotteries du SHIELD et de manipulation à niveaux multiples... soit une manigance si sibylline que sa cohérence profonde continue d’échapper au spectateur le plus coriace. Et on ne s’attardera pas sur la faille béante nous amenant d’un Hulk incontrôlable à un Banner en maîtrise de son alter-ego, laissant à l’audience le bon soin de concocter sa propre théorie. Comme modèle de maîtrise dramatique, on repassera.

Mais ne crachons pas trop dans la soupe : si la sensation d’assister à un beau bordel perdure assez longtemps (grosso modo, jusqu’à l’évasion de Loki) et laisse en bouche un arrière goût d’inutile complexité raccommodée à coups de ficelles un peu balourde, on ne peut nier, et c’était loin d’être gagné, que chaque personnage finit par trouver sa place, dans une réunion réjouissante. La grosse promesse du film est heureusement tenue. Le véritable sujet d’Avengers, bien plus que sa menace prétexte de destruction du monde, c’est clairement celui là : comment le combat individuel de chaque protagoniste va devenir une bataille de groupe, avec ce que cela suppose d’idéaux antagonistes, de concours de bite super-héroïques et de duels de surhommes virant à la déforestation sauvage. On retrouve un Tony Stark cabotin mais très loin de l’incontinent en armure d’Iron man 2, David Banner nous est présenté sous sa meilleure incarnation avec un Mark Ruffalo toujours sur le rasoir, Captain America trouve naturellement sa place de leader et apporte une vision bienvenue d’un héroïsme premier degré, le traitement de Thor efface sans l’ombre d’un remord l’atroce souvenir de l’indigeste nanar de Kenneth Branagh, et si la Veuve Noire peine un brin à creuser son trou, l’utilisation de Hawkeye s’avère des plus judicieuses et relève avec brio la gageure d’introduire un sixième larron dans un film déjà surchargé. A ce niveau, le plaisir est bien au rendez-vous, voire par instant une vraie jubilation, malgré un humour systématique parfois limite (le stark show est jouissif, mais d’autres gags, comme le coup de poing de Hulk dans la face de Thor durant l’assaut des Chitauris, tiennent plus du Coïtus Interruptus).

Toutefois, si Whedon parvient à faire exister sa bande de Supers, il se gamelle en beauté dès qu’il s’agit de leur fournir un adversaire de taille. Presque attachant par son incapacité notoire à inquiéter qui que ce soit, Loki fait pâle figure dès son apparition, handicapé par une mise en scène qui ferait de Robert Pattinson un nouvel Hannibal Lecter, une caractérisation floue et des motivations si basiques qu’elles ressemblent juste à des provocations destinées à exciter nos Vengeurs. Tel un Vil Coyote asgardien, Loki se fait remettre à sa place dans chaque scène où il apparaît, ne génère jamais le moindre mystère ou menace, et finit éclaté comme une larve dans une scène risible et cartoonesque, histoire de confirmer qu’il emmerde davantage Whedon qu’il ne l’inspire. Un gros point noir, que ne corrige pas une armée de Chitauris juste bonne à générer des séquences de Shoot them up. Ainsi, malgré des scènes d’action lisibles et souvent impressionnantes (les voltiges pétaradantes d’Iron Man générant à elles seules une bonne partie du plaisir visuel) et une mise en scène peu inspirée mais efficace (en particulier le temps d’un plan séquence d’actions héroïques collectives, hyper sympa à défaut d’être virtuose), Avengers ne devient jamais le chef d’œuvre espéré, et peine à captiver. Symptomatique, la bataille finale tient parfois plus de la compilation que d’une véritable exploitation de récit : les personnages passent allègrement d’un endroit à un autre au petit bonheur la chance, à l’exemple d’un Thor enchaînant sans logique une scène au sommet d’un gratte-ciel, une baston sur une limace volante caparaçonnée s’achevant dans un immeuble, et un fight côte à côte avec Captain America . Regrettable, car une construction plus achevée (la faute à de sombres coupes au montage ?) aurait fait d’un beau spectacle, impressionnant à défaut d’être exaltant, un moment d’anthologie.

En conclusion, The Avengers est l’exemple typique du film devant lequel la satisfaction immédiate s’égrène à la lumière d’une analyse rapide. On peut parfois y prendre son pied, s’éclater à compter les références, se réjouir de voir l’équipe super-héroïque fonctionner à l’écran, mais les défauts restent trop nombreux pour une adhésion totale. Comme au mieux chez Marvel Studios, on peut se satisfaire d’un spectacle agréable, sans jamais crier au génie. Verre à moitié vide ou à moitié plein, à chacun maintenant de choisir son camp...

Commentaires

mutuelle santé fonctionnement


mutuel - mutuelle santé 54 - mutuelle santé individuelle - mutuelle santé roche yon

Félicitations. Vous pourriez m’envoyer un email avec quelques conseils sur la façon dont vous avez fait votre site web Quand je vois comment il est bien fait, je serais vraiment reconnaissant !

15 juin 2012 | Par Mélanie

Salut, merci pour Salut, je tiens à vous remercier d’avoir partagé ces renseignements avec votre poste. J’espère bien vous relire prochainement.

paris en ligne

bonus paris sportif

17 mai 2012 | Par Neida

Ajouter un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.