INDIE EYE

INDIE EYE - Nun of that

24 octobre 2009 | Par : Damien Taymans

Pray for your death

Dans le registre « genre poussés à leur paroxysme », Richard Griffin tape très fort. Signataire de quelques délires bis tirant sur le Z (Pretty Dead things, Necroville), Griffin exploite cette fois le filon de la « nunsploitation », sous-genre méga-codifié qui a accouché de quelques délicieuses bandes parmi lesquelles le mexicain Satanico pandemonium ou le rital Malabimba, deux films qui bafouent avec allégresse le politiquement correct en compilant de nombreuses séquences voyeuristes et violentes, qui détonnent forcément avec un environnement inondé de signes et symboles religieux.

Nun of that délaisse les habituelles tortures infligées à une bande de nonnettes en chaleur et adopte un contrepied vachement intéressant, transformant la nonne en un vigilante revanchard qui revient régler ses comptes sur Terre. Abattue dans une allée, la sœur Kelly Wrath monte au ciel et y reçoit l’entrainement de certaines grandes figures de la mythologie religieuse (Bouddha, Moïse, …). Elle est ensuite renvoyée sur Terre où elle rejoint l’Ordre des Habits noirs, un groupe de nonnes vengeresses qui sont au service du Tout-puissant… Suivant l’exemple des extrapolations grindhouse de Rodriguez et Tarantino, Griffin s’est d’abord attelé à proposer de ce projet foldingue une fausse bande-annonce :

Devant l’engouement des internautes et du public face à ce trailer caricaturant à l’excès le genre traité, Griffin mit en route la machine pour que le projet devienne un long métrage dans lequel une myriade de religieuses high tech (l’habit de laine est troqué contre des équipements en latex, héritage d’un fétichisme de plus en plus présent dans le genre). Aujourd’hui en post-production, Nun of that comporte une affiche pour le moins alléchante puisque se bousculent au sein des castings les fidèles ouailles du cinéaste indépendant (Sarah Nicklin et Alexandra Cipolla, déjà présentes dans Beyond the Dunwich Horror et Splatter Disco du même réalisateur) et quelques gloires du cinéma de genre comme la scream queen Debbie Rochon (Poultrygeist, Chicago Massacre) ou le Pape du ciné indie Lloyd Kaufman (également à l’affiche de Poultrygeist, son propre film et d’Ouvert 24/7) qui, par analogie, interprète le rôle du Pape… catholique (et non cathodique).

Parachevant une peinture très crue des béguines entamée depuis longtemps déjà, Nun of that leur colle cette fois entre les mains des flingues phalliques et termine de détruire le semblant de moral qu’il leur restait en les propulsant au centre de gunfights destructrices. Un film bad-ass en somme qui égraine un à un chacun des éléments propres au genre au prix d’une parodie assurément jouissive.

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