Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Quand les zombies s’attaquent à la mafia...
Quel rapport entre des parrains de la mafia et des morts-vivants ? A priori aucun. Pourtant, ces deux communautés, qui n’ont en commun qu’un insatiable amour du sang et un fumet pestilentiel propre à la chair en putréfaction, partagent l’affiche d’une petite pellicule indépendante made in US intitulée Lynch Mob (littéralement, le gang des lyncheurs).
Weasel, balance invétérée qui a fait d’importantes révélations au FBI à propos du clan Giavanni, famille de mafieux réputée pour ses méthodes expéditives, bénéficie du programme de protection des témoins et espère couler des jours paisibles dans la petite communauté de Lynchburg, village engoncé dans le sud de l’Amérique qui ne compte qu’une minorité d’âmes. Mais ce bled en rase campagne recèle un secret inavouable : il est frappé par une malédiction séculaire qui a condamné les citoyens à se repaître des touristes égarés. En apparence paisible, ce lieu de villégiature prétendument idyllique est en réalité le pendant de l’Enfer sur Terre et Weasel et les mafiosi qui le traquent vont l’apprendre à leurs dépens.
Roulez genèse
La genèse du projet diffère selon les géniteurs. Chacun y va de sa petite légende pour édifier autour de l’œuvre un nébuleux mystère. Toujours est-il que si le producteur John J. Cornetta, magnat de l’industrie du sexe (il est le propriétaire de dizaines de compagnies dans le domaine comme Xcitement magazine et le Stroerotica Tradeshow), affirme que chacune des idées découle de recherches opérées sur Google, recherches destinées à déterminer quels étaient les pôles les plus vendables (les réponses sont sans appel : sang, meurtre, sexe, horreur et mafia), le lien tissé entre le milieu mafioso et celui du film d’horreur résulte principalement du casting opéré par la production. Paul Borghese, ami d’enfance de Cornetta, est le premier guest à rejoindre l’équipe. L’effet boule de neige ne se fait pas attendre : Paul contacte l’une de ses connaissances, l’acteur Tony Darrow. Surtout connu pour son rôle de proprio du resto dans Les Affranchis de Martin Scorsese, cette gueule mafieuse s’est aussi illustrée dans la série Les Sopranos essentiellement centrée sur ce milieu porteur de talents de la gachette. Face à cette prolifération de mafiosi, la production se doit d’opter pour un cap particulier et d’incorporer un gang mafieux au sein du chaos anthropophagique qui règne à Lynchburg.
Vendre l’invendable…
« Quand La nuit des morts-vivants rencontre Les Sopranos » indique le trailer avant d’ajouter que la fin est tellement incroyable que personne ne peut la sentir venir (« An incredible ending you won’t see coming »), deux taglines évocatrices censées charmer un public assez ingénu pour gober de telles balivernes. Le prosélytisme publicitaire façon n’a pas évolué d’un iota depuis des décennies. La formule est simple, directe : il s’agit de présenter le produit comme le meilleur depuis du millésime afin de drainer dans les salles une majorité d’amoureux du genre ou de devins de pacotille, persuadés de l’impact de cette nouvelle simili-révolution. Mieux, optant pour le principe « kingien » du marketing (des tas de séries B possèdent sur leur cover une appréciation du maître de l’horreur), la promo de Lynch Mob se pare de messages attractifs déclarés par des membres de l’équipe du film, procédé vachement casse-gueule s’il en est. Ainsi, le réalisateur du métrage argue-t-il que son film est l’un des « Meilleurs films d’horreur de l’année » ou encore « Destiné à devenir un classique » seriné par Tony Darrow, l’un des acteurs principaux.
Autant de déclarations douteuses qui desservent plus la pellicule qu’elles ne la servent, tandis que la restriction imposée par la MPAA (classement R pour violence et sexualité abusives) pourrait séduire les fanas du trash et de l’horreur séminale. Lynch Mob surprend par sa capacité à cultiver la contradiction de bout en bout en s’empâtant dans l’auto-éloge et en se réjouissant des filtres de la censure...
TRAILER
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