Louisiane : deux pour le prix d’un
Lieu de villégiature privilégié des admirateurs des oreilles de Mickey, la Floride est également un berceau reconnu pour le cinéma depuis la naissance de Jacksonville. Aujourd’hui essentiellement prisé pour son climat subtropical ainsi que pour ses installations balnéaires et astronautiques, l’Etat pullule en talents potentiels qui s’unissent et pactisent afin de coucher sur pellicule leurs fantasmes éhontés.
La production Glass Asylum témoigne de cette volonté de donner leur chance aux réalistes en herbe, nourris au téton bien ferme et à l’horror flick dégoulinant d’hémoglobine. Rory T. Penland, scénariste de Deadly species, récidive dans le domaine de l’horreur en scénarisant et réalisant Ghost house, une histoire de maison hantée (comme l’indique son intitulé) tout ce qu’il y a de plus traditionnelle, enrobée dans un style documentaire. Auteur de quelques scénarii d’animes (parmi lesquels trône le Dr Piranha auquel il a donné vie lors de représentations au festival de Floride) et de nouvelles vampiriques, Penland enfile le dossard du first-time director et offre sa version personnelle du lieu fantomatique.
En mai 2001, un medium reconnu tient une séance de spiritisme dans une véritable maison hantée, située sur la côte de la Floride. La séance tourne au drame et toutes les personnes qui ont osé franchir le seuil de la maudite bicoque se voient transformés en chair à pâté. Deux ans plus tard, une équipe tente de réaliser un documentaire sur le tragique charnier. Composée d’un réalisateur, d’un scénariste, d’un professeur, d’un medium, d’un chasseur d’esprits, de deux cameramen, d’un technicien-son et de deux étudiants, l’équipée entend éclaircir le mystère et expliquer au mieux le déroulement de cette nuit fatale. Mais, à mesure que l’aiguille de l’horloge se rapproche de minuit, les corps continuent de s’amonceler…
Ghost house s’appuie donc un script d’une banalité exemplaire que le cinéaste entend contrebalancer en imprimant la rétine du spectateur avide de sensations fortes. D’ailleurs, avec une ironie difficilement perceptible, qualifie-t-il son travail d’ « expérience choquante » pour ceux qui se risqueraient à le regarder jusqu’au bout. Actuellement en recherche de distribution (et toujours pas présent sur IMDb), Ghost House sent la bande gentiment Z filmée avec un sérieux qui confine à l’austérité, source d’hilarité privilégiée des potes de chambrée gavés à l’alcool de cerise. En un mot, une expérience inoubliable…
Au style « reality show », The coffin préfère le non-style gonflant de la fable serinée par une voix-off omnisciente. Réalisée par les néophytes Mickey M. Bonura (qui est apparue dans Dracula 2000 et The Waterboy) et Daniel H. Ingraham (responsable du maquillage du Deadly species précité et acteur de Zombies ! Zombies ! Zombies), la pellicule retrace l’histoire, depuis ses origines, d’un cercueil construit en pin (alors que le chêne redevient abordable) qui est le berceau de nombreuses malédictions. A l’origine dernière demeure d’une sorcière brûlée vive, la bière devient tour à tour porte d’entrée du royaume des vivants pour une poignée de zombies, une boîte maléfique pour
plusieurs jeunes et lieu de repos d’un vampire. Et papy Mad Jake de conter l’historique complet de cet amas de planches maudit à la petite Bobbie Sue qui, l’œil hagard et l’air hébété, phagocyte les fabuleuses histoires de son conteur d’un soir.
Musée d’histoire de la bière grandeur nature, The coffin possède les atours d’un guide touristique (peu enchanteur, il est vrai) du Southland puisque le récit vagabonde dans toute la Louisiane, peuplé de figures connues de l’horreur. Se bousculent ainsi dans le casting Scott Schwartz (A Christmas story), James Hampton (Teen wolf), Brinke Stevens (Hybrid et le futur remake du Plan 9 d’Ed Wood), la scream queen Kimberly L. Cole (vêtue pour l’occasion en gothique), Mike Christopher (le zombie Hare Krishna du Dawn of the dead romerien) et, potentiellement, Lloyd Kaufman (qui devient itinérant puisqu’on le verra également dans le Ouvert 24/7 de Vettier et Paya).
The coffin stagne quant à lui dans sa phase de pré-production et attend que de charitables âmes investissent à son endroit. Et, pendant ce temps, des millions s’écoulent pour un nouveau Transformers. Triste monde...
Ce site compte actuellement :
Ajouter un commentaire