Cinéaste en roue libre
George, un monteur de vidéo lambda, découvre des images effarantes sur son poste de télévision : plusieurs personnes sont assassinées par un tueur mystérieux d’une manière assez brutale. A mesure que les images s’intensifient et qu’elles gagnent en clarté, le héros découvre que l’assassin n’est autre qu’un tueur surnaturel, revenu d’outre-tombe pour liquider les futurs soldats de la lutte entre le Bien et le Mal. Sauf que, pour pouvoir les estourbir en toute impunité, le sadique doit s’exécuter avant que ses victimes ne soient au courant de leur
engagement futur. George est désormais le seul à posséder la clé de l’intrigue et à pouvoir enrayer cette vague de meurtres…
Ancien routinier du cinéma indépendant qu’il fréquente depuis plus de dix ans (il a notamment réalisé, écrit et monté Drop Off, un thriller fauché dans lequel apparaissait Reggie Bannister, l’acteur fétiche de Don Coscarelli), Richard Diaz réalise avec Distortion son premier film sang pour sang indépendant qui ne comptera au générique que celui du casting et … son propre patronyme. Producteur, metteur en scène, scénariste, monteur de sa propre pellicule, Diaz cumule les fonctions et s’en réjouit. « Je sais que je n’ai personne en train de regarder par-dessus mon épaule, le fouet à la main, pour regarder la manière dont je monte mon film. Techniquement, je pourrais mettre cinq ans à le monter. Mais je veux me fixer une limite. », explique-t-il afin de mettre en avant la liberté totale qu’il s’est lui-même fixée. Une liberté qui ne comporte pas que des avantages. Tourné en lieux réels, le film accuse lors du tournage quelques retards dus aux conditions du plateau « bricolé » à la hâte : la première scène shootée prend place dans un bar aux heures d’ouverture et il faut, pour le cinéaste, calculer habilement chacune des prises pour que les bruits extérieurs (clients qui bavardent, sonneries du téléphone) et les mouvements des clients ne viennent pas polluer ses rushs. "Les plus grandes difficultés de créer un film intégralement indépendant sont les plus logiques : le temps et l’argent. J’ai réalisé ce film avec l’équivalent de ce qu’un blockbuster peut dépenser en bouffe sur une seule journée. Evidemment, le temps, c’est de l’argent : il y a des choses que je n’ai pas pu tourner ou que j’ai dû minimiser étant donné que je n’avais pas le temps de les tourner."
Le projet s’étale en tout sur six années. En 2003, Diaz commence à coucher les premières idées sur papier et entre en pré-production dès
l’automne 2007. Suit l’étape du casting qui prend quelques mois et est complètement finalisé en mai 2008. A l’affiche, que des inconnus dont c’est pour la plupart, la première apparition à l’écran (seul Shon Lange, le tueur de l’œuvre, a déjà œuvré dans deux petites productions auparavant). Tourné à la hâte à Chicago (à l’exception de quelques shoots dans l’Indiana) dans des emplacements réels, le métrage accapare l’essence même de la métropole et utilise adroitement ces mises en scènes réalistes sans pour autant se coltiner l’apanage habituel des œuvres indépendantes aux budgets faméliques. Soigneux et minutieux, le réal filme en HD à l’aide d’une Panasonic HVX200 et retouche ensuite son image, tel un puriste, afin de ne laisser transparaitre aucune trace attestant de la pauvreté financière de l’ensemble. Epurée de tout amateurisme pictural, la pellicule a d’ailleurs tapé dans l’œil de Fangoria qui en a présenté le trailer au prestigieux Week-End of Horrors. Actuellement en post-prod’, le métrage devrait connaître une sortie en DTV aux States avant d’arriver sur notre continent avec quelques mois (ou années ?) de retard. A suivre…
LE TRAILER
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