INDIE EYE

INDIE EYE - Camp kill

25 juillet 2009 | Par : Damien Taymans

Les jolies colonies de vacances...

« Les jolies colonies de vacances » chantait gaiment Pierre Perret, comme prémisse avantageuse à la réalité, moins rose et jolie que prévu. Par l’entremise de l’expérience enfantine, Perret dressait un constat éloquent : les colonies en question sont le lieu de toutes les atrocités pour un marmot innocent qui y courtise les premières minettes, pisse et défèque en pleine nature et subit les brimades de chefs de colo omnipotents. Lieu béni pour les dégommages en bonne et due forme d’enfants prépubères et d’adolescents acnéiques, ces camps d’été, sorte de mélange poisseux entre des camps de concentration et un pitoyable EuroDisney, n’ont cessé d’être exploités dans le genre horrifique. Du camp de Cristal Lake cher à Jason Vorhees à l’Arawak de Sleepway camp en passant par celui de Carnage (The Burning), le combat est le même : une tripotée de jeunots, explorant nocturnement les parties génitales du sexe opposé, se font dézinguer par un psychopathe sanguinaire.

Fervent admirateur des slashers des eighties, Nate Hainley reprend une recette similaire pour son premier long métrage « pro » et renvoie ainsi à l’âge d’or du cinéma d’exploitation, époque où les réalisateurs usaient de tous les moyens possibles et imaginables pour susciter, chez leurs spectateurs, un féroce mélange d’inquiétude et d’amusement. A coups de sexe sadique et écoeurant et de blagues potaches inoffensives, Hainley entrevoit la nostalgie de l’enfance à travers le prisme d’un kaléidoscope ensanglanté. Une façon de dédramatiser une mélancolie bien réelle : « Nous faisions du canoë », raconte le réalisateur, « des feux de camp et nous racontions des histoires de fantômes. Je n’oublierai jamais cette expérience. C’était un grand moment. » Avant de terminer sur une note moins édifiante : « Mais les camps d’été réveillent l’animal qui est en nous : vous êtes en pleine nature et vous revisitez vos origines de primate, sans parler des filles qui passent leur temps à bronzer. » Emulsion de testostérone et bestialité totalement en phase avec le tueur assoiffé de sang, planqué dans les bosquets pour mieux surprendre ses victimes.

Fan de la première heure des films d’horreur, Hainley n’est pourtant pas un amoureux du gore qui tache et du sexe sirupeux. Son attention se porte surtout et avant tout sur l’atmosphère qu’il désire aussi tendue qu’un string et aussi poisseuse que les fesses de Maité sous un soleil de plomb. Un soleil qui s’est fait attendre et qui a contraint le cinéaste à repousser son tournage, initialement prévu en 2007. La météo, tout comme une écriture plus longue que prévue, fut l’un des aléas traditionnels de cette pauvrette production que l’auteur affectionne. Cumulant les postes de réalisateur, scénariste, producteur, monteur, chef opérateur et responsable des effets spéciaux, Hainley jouit de sa liberté totale et ne manque pas de souligner à quel point budget famélique rime avec créativité et originalité. « Tout ce dont vous avez besoin, c’est d’une bonne idée, d’une caméra, d’un casting sérieux et de plus d’un tour dans votre sac. » Question casting, le réal’ a d’ailleurs débauché une fine équipe aguerrie aux prods indie parmi lesquels figurent la séduisante Rachel Grubb, la non-moins intéressante Scarlet Salem et Landyn Banx, trois acteurs déjà réunis dans Tales of the Dead et Terror Overload, deux péloches horrifiques flirtant déjà avec le slasher flick.

Actuellement toujours en phase de production, Camp kill devrait décourager une nouvelle fois la jeunesse de se terrer dans des camps estivaux. Ou comme le résume la tagline : « Live. Camp. Die. »

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