Critique de film

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I drink your blood

"I drink your blood"
affiche du film

Une bande de hippies satanistes et toxicomanes s'installe à proximité d'une petite bourgade. Bien vite ils agressent une jeune femme et son grand père, et les forcent à prendre du LSD. Le gamin de la famille décide alors de les venger en leur servant des tartes à la viandes agrémentée de sang infecté par la rage, qu'il a prélevé sur un chien errant. Mais bien loin de calmer la bande de hippie, la rage les rend encore plus sauvages, et c'est la bave aux lèvres et la machette à la main qu'ils vont attaquer le village...

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Trailer - I drink your blood (1970)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de I drink your blood - O rage, ô désespoir !
Par : Damien Taymans
Tags : Gore

Une bande de hippies satanistes débarque dans une petite bourgade reculée dans l’Amérique profonde et sème le trouble parmi la paisible vie des villageois. Voyant dans la moindre jeunette une prune à déflorer et dans le plus infime vieillard une proie facile à terroriser, les hippies s’attirent les foudres d’un jeune garçon qui prépare en secret une vengeance peu commune. Après avoir récupéré du sang sur la carcasse d’un chien enrage, celui-ci l’injecte à l’intérieur de tourtes à la viande qu’il s’empresse d’offrir aux djeunz délinquants. Transformés en sauvages sanguinaires, ils s’en prennent à tous ceux qui croisent leur chemin...

Suivant de près les exactions récentes mises au goût du jour par le Blood feast et le 2000 maniacs d’Herschell Gordon Lewis, I drink your blood découle de la volonté du producteur et imprésario Jerry Gross de surfer sur la vague horrifique relancée par le récent La Nuit des morts-vivants de George Romero. Projet pour lequel l’acteur David E. Durston reconverti en scénariste et réalisateur reçoit comme consigne d’outrepasser la dimension de terreur implantée par l’œuvre romérienne en insérant dans son métrage une multitude d’effets sanglants.

Mission accomplie pour le cinéaste qui permet à son oeuvrette bisseuse de passer à la postérité en devenant le premier film d’horreur sanctionné par la MPAA d’un classement X en raison de la violence extrême de certaines de ses scènes. Devenu culte pour des générations de cinéphages, I drink your blood connaît une sortie des plus chaotiques à l’époque, au point que le producteur donnera le feu vert à nombre de dirigeants de salles d’effectuer les coupures nécessaires afin de ne pas outrer un public non-averti et de respecter au mieux les desideratas des censeurs. Ainsi se déversent simultanément aux States autant de versions différentes de l’œuvre qu’il n’en existe de copies, les projectionnistes amputant et charcutant à même la pelloche selon leurs critères personnels, offrant aux spectateurs des quatre coins des Etats-Unis une vision toute personnelle d’un métrage parfois devenu incohérent suite à ce remontage bas de gamme.

En lieu et place des bouffeurs de chair du génie de Pittsburgh, Durston opte pour une bande de hippies sauvageons, satanistes et sous acide de surcroît qui terrorise une petite communauté autarcique de l’Amérique profonde. Prenant ses quartiers dans une bicoque abandonnée, la troupe vit d’amour et d’eau fraîche, parfois entrecoupés par l’ingestion de substances illicites, l’accomplissement d’un rituel sataniste ou encore la libération de ses pulsions instinctives. Ce dont la pauvre Sylvia fera les frais avant de revenir sous le choc dans l’antre familiale. Le grand-père prend donc les choses en mains et s’en va, la poudre au fusil, dire ses quatre pensées à ceux qui ont osé violenter sa petite-fille. Une entreprise bien vaine puisque le papy est à son tour humilié et talé par les SADOS (Sons And Daughters of Satan), descendants quasi directs de la tribu des Manson qui sévit à une époque pas si lointaine (l’allusion du suicide de la femme enceinte). Transformant cette double estocade en affaire de famille, le jeune Andy prépare en secret une vengeance terrible. Après avoir abattu un chien enragé, il extrait de la carcasse de l’animal quelques gouttes de sang réinjectées dans des tartes à la viande qu’il se propose d’aller offrir aux Satan’s lovers.

Point de rupture d’une œuvre qui s’orientait fermement vers une tendance très commune du cinéma de genre avec un groupe de fouteurs de trouble venus envahir le terrain de voisins timorés. Une bifurcation à cent quatre-vingts degrés qui permet à Durston de faire d’une pierre deux coups en empruntant d’abord un sentier pas encore rebattu et ensuite en livrant quelques moments d’anthologie par le truchement de séquences extrêmement sanglantes qui s’accumulent avec l’appui d’une rage dévastatrice. De la future mère qui s’enfonce un pieu dans le ventre à l’invasion des enragés qui mettent en ostentation la tête d’une de leurs victimes, ultime trophée de leur folie destructrice, I drink your blood s’enfonce au fil de l’œuvre dans un stupre malsain aux nombreuses effusions d’hémoglobine, une descente en enfer légitimant sans nul doute à l’époque le couperet reçu par la bande horrifique… Pourtant, le produit originellement intitulé Phobia, le film a changé de titre suite à la décision par la production de le présenter en double programme grindhouse avec un film de cannibales (d’où le titre considéré plus accrocheur du diptyque I drink your blood / I eat your skin), agace au bout du’n certain temps, tournant volontiers en eau de boudin une fois que les djeunz sont contaminés. Les scènes gore outrancières ne contrebalancent que peu la vacuité d’un scénar’ qui ne se cantonne plus, passé cette entame assez longuette il est vrai, qu’à opposer les multitudes d’enragés (l’allusion aux masses zombiesques de papy Romero est prégnante) à de pauvres victimes désemparées qui n’ont d’autre recours que d’utiliser l’idée cocasse du médecin qui consiste à leur balancer de la flotte à la tronche.

Des personnages largement caricaturaux et cabotins aux excentricités splatter d’un réal en manque de sensations fortes, I drink your blood reste confiné à son pauvre statut de grindhouse movie. Sans jamais transcender le genre, le métrage n’en est pas pour autant un de ses plus immondes représentants.

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