Critique de film

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The Host

"Gwoemul"
affiche du film
  • Année de production : 2006
  • Réalisateurs : Bong Joon-Ho
  • Scénaristes : Bong Joon-Ho, Baek Chul-hyun, Ha Won-jun
  • Acteurs : Song Kang-ho, Byeon Hie-bong, Park Hae-il, Ko Ah-sung
  • Musique : Byung-Woo Lee
  • Genre : Horreur - Monstres
  • Pays d'origine : Corée du Sud, Japon
  • Durée : 1h59
  • Budget : 11 millions de Dollars
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : Meilleure édition, meilleure musique et meilleur acteur de second rôle pour Hie-Bong Byeon au Asia-Pacific Film Festival en 2006 Meilleur film et meilleure nouvelle actrice pour Ah-Sung Ko aux Baek Sang Awards 2006 Meilleur film, meilleure nouvelle actrice (Ah-Sung Ko), meilleur acteur de second rôle (Hie-Bong Byeon) et meilleurs effets visuels aux Blue Dragon Awards 2006 Meilleur réalisateur à Fantasporto 2007 Meilleur réalisateur aux Grand Bell Awards Meilleurs effets spéciaux et Orient Express Award au festival de Sitgès 2006 Nominé au prix du meilleur film d’Asie aux Hong Kong Film Awards 2006 Nominé aux Grand Bell Awards (Corée) dans les catégories Meilleur acteur (Kang-Ho Song), Meilleure photographie, Meilleur film, Meilleur acteur de second rôle (Hie-Bong Byeon) et meilleure actrice de second rôle (Ah-Sung Ko)

A Séoul, Park Hee-bong tient un petit snack au bord de la rivière Han où il vit avec les siens. Il y a son fils aîné, l'immature Gang-du, sa fille Nam-joo, une championne malchanceuse de tir à l'arc, et Nam-il, son fils cadet éternellement au chômage. Tous idolâtrent la petite Hyun-seo, la fille unique de Gang-du. Un jour, un monstre géant et inconnu jusqu'à présent, surgit des profondeurs de la rivière. Quand la créature atteint les berges, elle se met à piétiner et attaquer la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage. Le snack démoli, Gang-du tente de s'enfuir avec sa fille, mais il la perd dans la foule paniquée. Quand il l'aperçoit enfin, Hyun-seo est en train de se faire enlever par le monstre qui disparaît, en emportant la fillette au fond de la rivière. La famille Park décide alors de partir en croisade contre le monstre, pour retrouver Hyun-seo...

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Trailer - The host (2006)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

The host - Bien plus saisissant que Godzilla !
Par : Damien Taymans

Le film de monstres n’a plus réellement la cote de ces temps-ci. Depuis Jurassic Park et Godzilla, on n’a plus tellement vu de tels films sortir sur nos écrans. La faute à quoi ? Ben, un public lassé de revoir sans cesse les mêmes choses. Pourtant, il y a eu une exception à la règle : le fameux remake de King Kong offert par Peter Jackson. Une autre exception est née avec The host, l’un des tout bons produits de cette année 2006…

Le film a reçu pas moins de 14 prix et 9 nominations dans la plupart des festivals asiatiques mais aussi sur nos terres (le métrage fut gratifié à Cannes ainsi qu’aux prestigieux festivals de Fantasporto et de Sitgès). Bien entendu, tout cela n’arrive pas par hasard.

Au départ, un génie, une jeune recrue du monde cinématographique bien parti pour devenir le virtuose coréen incontournable. Le réalisateur du magnifique Memories of a murder (lui aussi grassement récompensé aux festivals du film policier de Cognac (4 prix) et de San Sebastian (3 prix) signe ici un thriller fantastique aux allures de comédie sociologique. Excessivement bien aidé par des spécialistes en effets spéciaux qui ont notamment travaillé sur Sin City, Superman Returns ou encore Harry Potter et la coupe de feu.

Mais les effets ne sont pas tout. Il fallait renouveler le genre des films à grosses bêbêtes qui avaient fini par ennuyer un public habitué à ces effets spéciaux démesurés qui ne laissaient plus de place au scénario. Joon-Ho Bong a donc pris le taureau par les cornes pour démanteler ce genre extrêmement codifié en créant un produit magnifique pour la modique somme de 11 millions de dollars. La destruction du genre et la concurrence avec des films tels que Godzilla est axée sur plusieurs éléments importants.

D’abord, il y a des personnages. Pas de ceux, héroïques, qui sauvent la planète en exhibant leurs biceps énormes. Pas non plus de ceux qui émettent des théories migraineuses pour trouver la solution à laquelle personne n’avait encore pensé. Non, non… Dans The host, les héros sont des gens comme vous et moi, même pire que cela. Une bande de joyeux dégénérés désireux de sauver l’unité de leur famille en récupérant la jeune fille, mais surtout des idiots très courageux qui n’hésitent pas à tenter du faire du mieux qu’ils peuvent selon leurs compétences.

Ensuite, il y a cette capacité chez Joon-Ho Bong à jongler avec les genres. Le métrage passe sans complexe du drame à la comédie bidonnante, de l’horreur perverse aux situations rocambolesques. Et dans le genre horrifique, Bong viole les tabous : le monstre est montré en plein jour, à la vue de tous (alors que dans la plupart des films, il faut attendre la nuit pour le voir apparaître timidement). Bien plus, pas de choix préétabli des victimes : ici, tout le monde meurt, hommes, femmes, vieillards, enfants, … En mettant ces règles de côté et en décidant de créer un film qui lui tient à cœur, Bong réalise une œuvre réaliste et humoristique (pensons à l’expression du deuil de la famille dans le gymnase).

Enfin, The host est encore supérieur à tous les films du genre par son engagement politique et social. Virulente critique de la société américaine et de sa mainmise sur les problèmes des autres. Ce sont des Américains qui déclenchent le fléau (le monstre est issu du versement de produits chimiques dans le fleuve Han par une entreprise américaine) et qui n’arrivent plus à les gérer par la suite (dans le film, cinq gugus parviennent à régler une situation que des centaines de soldats ne peuvent contrôler). Et puis, il y a ces clins d’œil aux bourdes américaines à l’étranger : référence aux excuses servies pour envahir l’Irak et à cet agent orange utilisé à l’époque au Vietnam (devenu dans le film l’agent jaune). Outre la critique acerbe du géant américain se trouve ce constat de la petitesse de la Corée face à ce même géant ou, en règle générale, la soumission du plus petit au plus grand.

Ainsi, le métrage touche presque à la perfection s’il ne s’offrait pas parfois des scènes un peu inutiles et longuettes. Et parfois aussi une trop grande tendance au délire qui ne cadre pas toujours avec l’ensemble du film (le monstre qui vomit les ossements, la lobotomie, …).

Bilan positif au final pour cette excellente œuvre asiatique supérieure aux nombreux films de genre américains.


Critique de The host - Le film de monstre dans tous ses états...
Par : Samuel Tubez

Après avoir excellé dans le thriller policier avec Memories of Murders, le réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho s’attaque donc ici au film de monstre. Mais attention, The Host ce n’est pas Godzilla ! (J’ai failli exécuter le gars qui m’a sorti ça !). C’est bien plus que la sempiternelle recette un monstre+une ville+des scientifiques= c’est la catastrophe, Oh mon Dieu on va tous mourir ! Non, non et non !!

Dès l’introduction la métaphore est lancée. Dans The Host, les Américains créent par erreur un monstre qu’ils veulent ensuite éradiquer à grands coups d’évacuation et de gaz toxique ! Ca fait penser à une certaine réalité, non ? Mais si Bong Joon-ho se sert une nouvelle fois très habilement de métaphores pour parler de ce qui cloche dans la société, il n’en oublie pas moins de nous livrer un divertissement à grand spectacle. The Host, c’est le film de monstre dans toute sa splendeur ! Trépidantes, impressionnantes, inquiétantes et effrayantes, toutes les apparitions de la créature sont soignées et impeccablement menées. Nantie d’un physique assez inédit, celle-ci est une réussite de plus à mettre à l’actif de la compagnie d’effets spéciaux américaine Orphanage (Hellboy, Le Jour d’après, Sin City). Dans la réalité comme dans la fiction, ce sont des Américains qui sont responsables de la création du monstre. Le détail est amusant, vous ne trouvez pas ?

Loin de livrer un film entièrement anti-US, le réalisateur ne manque pas d’être également très dur envers la société sud-coréenne. L’équilibre est ainsi établi de la plus belle des façons. Tout comme le mélange des genres qui est aussi parfaitement maîtrisé. Du fantastique, des gags, du (bon) mélodrame, de la tension, de l’action,…tout ça c’est The Host ! Un spectacle grandiose où se mêle une palette d’émotions totalement hallucinantes ! Monstrueux ! Et en plus, c’est aussi une ode à la famille recomposée qui évite soigneusement le happy end total et exaspérant. The Host = Godzilla ? Et mon cul, c’est du poulet ("and my bottom, is it some chicken ?" en anglais dans le texte, ndlr) ?!

En plus d’être un film de monstre ultime, The Host est une métaphore politique et sociale intelligente. Mélangeant les genres avec une habilité déconcertante, Bong Joon-ho nous offre une nouvelle perle cinématographique à se procurer d’urgence.


Critique de The Host - Le monstre qui ridiculisa Godzilla !
Par : Quentin Meignant

Joon-ho Bong était inconnu des amateurs de cinéma de genre avant que ne sorte The Host. Et, mes amis, quelle claque ! Le film coréen brigua 19 récompenses internationales, dont le Corbeau d’Or au BIFFF 2007 et les Meilleurs Effets Spéciaux à Sitges.

Bref, on peut dire qu’après ça, Bong pouvait être fier de son travail et que le film avait peu de chance de se planter sur le marché mondial. Certes, l’exemple de Godzilla, commercial et mauvais au possible, refroidissait quelque peu les connaisseurs, méfiants par rapport aux films de monstres asiatiques.

Malgré ces quelques réticences, on ne peut décemment pas dénigrer l’immense qualité de The Host. En effet, dès les premières secondes et le déversement d’une quantité impressionnante de formol dans les égouts de la ville, on comprend que le film de nous ménagera aucune peine.

Le film commence réellement de but en blanc avec ce déversement un peu sans queue ni tête et c’est sans doute le seul petit reproche que l’on peut faire àBong. Car, pour ce qui est du reste, on n’a pas le loisir de s’ennuyer.

Le réalisateur coréen commence par nous présenter une gentille petite famille, composée d’un grand-père sage et bienveillant, d’une petite-fille adorable et d’un père…. tout à fait débile ! La loufoquerie et l’attitude peu conventionnelle de ce dernier sert réellement de pierre angulaire au film.

Ce Gang-Du, véritable fainéant au grand cœur, gaffeur comme pas deux (il sauve la petite fille d’un autre dans la panique, tout en croyant que c’était la sienne), donne toute la légèreté à l’action pour nous faire dire que le film ne se prend pas trop au sérieux.

Ce héros rappelle Nicky Larson et, même Tam de The Detective et sert véritablement l’œuvre dans le bon sens du terme. Ainsi, plutôt que de nous proposer une simple invasion de monstres, Bong suit pas à pas Gang-Du dans ses aventures, que ce soit lors de l’attaque, pendant la quarantaine ou dans la recherche de sa fille.

La sympathie que l’on porte à l’œuvre en est donc totalement exacerbée et c’est donc avec le sourire que l’on assiste à ce film. Mais attention, non seulement l’ensemble est drôle mais en plus, il est formellement au top du top.

La photographie de cette ville désertée de ses habitants, et en particulier de son pont, repère gigantesque du monstre, est somptueuse. A ce décor magnifique, Bong ajoute des effets spéciaux phénoménaux qui laissent totalement pantois.

Le monstre, sorte de poisson-dragon-acrobate, est d’une classe supérieure et n’est en rien comparable avec son ancêtre asiatique, Godzilla. L’impression donné par la première attaque est d’une puissance quasi incomparable dans l’univers des monstres.

Voir tous ces figurants fuir la bête a quelque chose excessivement stressant et poétique. Ces mouvements de foules sont encore enjolivés par les mouvements vifs de la caméra et du monstre.

Une bande originale quelque peu décalée vient encore augmenter le côté poétique de l’ensemble et c’est donc très vite que l’on se dirige vers un final dantesque, qui émotionnerait n’importe qui.

Joon-ho Bong est donc entré dans le monde du cinéma de genre à pieds joints et son film restera gravé à jamais comme l’un des meilleurs films de monstres connus à ce jour. Le cinéma japonais est décidément bien en forme !

Commentaires sur le film

THE HOST

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

7 février 2009 à 19:02

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