Critique de film

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Histoires extraordinaires

"Histoires extraordinaires"
affiche du film

Trois contes d'Edgar Allan Poe adaptés par trois cinéastes : - Metzengerstein de Roger Vadim : Une comtesse perverse s'éprend de son cousin. - William Wilson de Louis Malle : Variation sur le thème du Double. - Toby Dammit ou Il ne faut jamais parier sa tête avec le diable de Federico Fellini : Les obsessions d'un acteur anglais en tournage à Rome.

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Trailer - Histoires extraordinaires (1968)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Histoires extraordinaires - Les trois visages de l’auteur
Par : Fred Pizzoferrato
Tags : Film à sketchs

Si les nouvelles d’Edgar Allan Poe furent fréquemment adaptées sous forme de court-métrages et donnèrent lieu à un film français à sketches en 1949 (déjà nommé Histoires extraordinaires), il faut attendre les années ’60 pour voir l’écrivain connaitre un regain de popularité par le biais des nombreuses adaptations signées Roger Corman.

En 1968, trois cinéastes européens réputés (Roger Vadim, Louis Malle et Federico Fellini) décident, à leur tour, de porter à l’écran les récits macabres de Poe sous forme d’un long-métrage composé de trois sketches indépendants.
Le premier, « Metzengerstein », traite des rapports étranges entre une comtesse débauchée, Frédérique (Jane Fonda) et un étalon noir qui pourrait être la réincarnation de son cousin, Wilhelm (Peter Fonda). Ce-dernier après avoir repoussé les avances de la comtesse avait péri dans l’incendie de son écurie en tentant de sauver son cheval favori.

Filmé dans la forteresse médiévale de Kérouzéré, ce segment bénéficie de la présence d’une Jane Fonda au sommet de sa beauté et sublimée par la caméra de son mari d’alors, Roger Vadim. Malheureusement, si ce-dernier aime filmer son épouse se promener en tenue émoustillante sur son cheval, « Metzengerstein » tire à la ligne et son manque de substance s’avère problématique.

L’atmosphère de débauche et de décadence des quinze premières minutes se révèle cependant réussie en dépit de sa timidité (n’espérez pas des séquences de nudité ou de cruauté gratuite, la suggestion est ici de rigueur) mais la suite de l’intrigue manque d’intensité et parait bien longuette, impression renforcée par une voix off envahissante à la préciosité irritante. L’interprétation de Jane Fonda se montre cependant très crédible et les dialogues sont révélateurs de la psychologie de son personnage : lorsqu’elle constate la destruction d’une tapisserie, la belle comtesse demande sa restauration. Lorsqu’un serviteur lui rétorque que c’est impossible, l’aristocrate ne veut rien entendre et affirme « c’est possible puisque je le veux ».

Agréable à l’œil, « Metzengerstein » touche timidement à différents tabous (entre autre la zoophilie), développe des rapports de domination proches du sadomasochisme et pose, au final, un regard sans complaisance sur sa principale protagoniste. Celle-ci, une débauchée aux limites de la nymphomanie, vit uniquement pour la satisfaction de ses désirs et utilise sa sexualité comme une arme capable d’accroitre son pouvoir. Difficile néanmoins de se passionner pour cet épisode (d’une durée d’environ 35 minutes) qui parait, au final, bien prévisible et médiocre.

Louis Malle se montre, pour sa part, plus inspiré avec son « William Wilson » dans lequel on retrouve avec plaisir Alan Delon et Brigitte Bardot. Basé sur un postulat classique en littérature fantastique, le segment confronte un nommé William Wilson avec son sosie, un double qui semble le suivre partout et se révèle, en réalité, la matérialisation de sa conscience. A un prêtre, Wilson se confesse et se souvient de son existence débauchée, d’une tentative de disséquer vivante une prostituée à un jeu de carte truqué qui lui permet de soumettre à son bon vouloir l’arrogante Guiseppina (Bardot). Chaque fois, un étrange « doppelganger » intervient pour l’empêcher de parvenir à ses fins. Superbement filmé et interprété, ce segment s’avère une belle réussite emplis d’une fascinante perversité dans sa description des relations dominants / dominés, laquelle trouve son paroxysme dans le traitement sadique infligé à une Bardot dénudée par un Delon en fureur.

Très prisé des cinéphiles, le sketch de Fellini, « Toby Damnit », risque, par contre, de décontenancer les fans de Poe. Le réalisateur italien a, en effet, confié n’avoir même pas pris la peine de lire la nouvelle qu’il est censé porter à l’écran. L’intrigue, assez lâche, traite d’un acteur shakespearien réputé, Toby Damnit (joué par un extraordinaire Terence Stamp) invité à tourner dans la Péninsule le premier western catholique. Sur place, l’arrogant comédien croise la route d’une fantomatique gamine.

Visuellement splendide, le court-métrage use de couleurs chaudes et déroule un véritable carnaval d’excentricités, dominé par la présence d’une cohorte de freaks qui rendent le film profondément surréaliste et, parfois, fascinant. Le spectre enfantin, pour sa part, renvoie directement à une figure similaire apparue deux ans plus tôt dans le formidable Opération Peur de Mario Bava.

Si les inconditionnels d’Edgar Poe ou de pure épouvante risquent de se sentir floué par ce troisième sketch, ses qualités sont évidentes et sa durée réduite en rend les outrances acceptables et digestes y compris par les spectateurs qui, habituellement, ne prisent guère le style particuliers de Fellini.

Dans l’ensemble, Histoires extraordinaires constitue une belle compilation d’intrigues fantastiques, forcément inégales mais toujours intéressantes. Les sketches de Malle et Fellini suffisent, à eux seuls, à élever le résultat au-dessus de la moyenne et compensent un premier segment peu passionnant. A découvrir.


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