Critiques/Analyses

Hemlock Grove - Saison 1 (2013)

28 juillet 2013 | Par : Damien Taymans

De : Brian McGreevy

Avec : Famke Janssen, Bill Skarsgård, Landon Liboiron, Dougray Scott

Note :

Dans une petite ville de Pennsylvanie, Hemlock Grove, le corps d’une fille est retrouvé mutilé. Une question taraude le corps policier : est-ce l’œuvre d’un animal ou d’un être humain ? Le docteur Chasseur, spécialiste en créatures zarbis, vient leur prêter main forte pour résoudre cette épineuse énigme. Mais elle semble cacher son jeu et porter un lourd secret. Comme la majorité des habitants de la bourgade d’ailleurs...

Forts du succès rencontré par House of Cards, la série initiée et produite, entre autres, par David Fincher et Kevin Spacey, les moguls de Netflix décident de donner le feu vert à Eli Roth pour la création de la série Hemlock Grove, basée sur le roman de Brian McGreevy publié en 2012. En termes de diffusion, la formule n’évolue par d’un iota : les treize épisodes de la saison sont programmés simultanément sur la chaîne en continu pour que les téléspectateurs puissent se repaître avec allégresse et gourmandise de cette épopée lycanthropique dans le nord-est américain. Du moins en apparence. Puisque, si les enjeux dramatiques ressemblent à ceux de la saga de Stephenie Meyer (la famille Godfrey possède de curieux pouvoirs er l’un de ses membres fricote avec un loup-garou), les créatures en présence éprouvent toutes les difficultés à dire leur nom. D’épisode en épisode, le mystère est entretenu, jusque dans les dialogues volontairement sentencieux et laconiques qui maintiennent sans cesse une ambiguïté qui ne sera jamais vraiment levée ou dans la conception narrative de l’ensemble qui, déchargée du standard télévisuel traditionnel, s’autorise à sauter d’un flash-back à une séquence onirique pour revenir sur le tard au fil rouge délacé et relacé à l’excès.

Dès lors, on suit, un peu hagards, les pérégrinations de cette faune aussi hétéroclite qu’agaçante (le loup-garou-gitan Peter, son meilleur ami Roman Godfrey, fils à papa qui possède sa part d’ombre, la cousine bonnasse et superficielle, la soeurette de 2 mètres au physique Frankensteinien, l’affligeante Docteur Chasseur) qui vont et viennent, enquêtent, palabrent sur leur situation et leur condition. La seule dose de charme et de cynisme est distillée par la dominatrice Olivia Godfrey (Famke Janssen et ses tailleurs blancs) qui domine le troupeau d’une tête, sans pour autant tirer un quelconque profit sa position. A moins que l’intérêt de l’ensemble ne se situe dans une autre strate ? Dans le traitement en filigrane d’une certaine lutte des classes (les manouches hantent une roulotte et s’invitent au final à la cour des Godfrey), peut-être. Or le choc des mondes débouche brasse du vent en raison de l’entêtement des scénaristes à cantonner chaque camp dans l’appartenance physique, vestimentaire, fonctionnelle qui lui est propre sans jamais prendre le risque de se défaire de ces caricatures.

Plus la série progresse, plus ses enjeux deviennent nébuleux, plus les personnages voient leur identité se réduire, plus le tout s’enlise dans la médiocrité. Et ce n’est pas près de s’arranger dans la deuxième saison d’ores et déjà amorcée...

Commentaires

Très bonne surprise qu’est cette série, univers étonnant, acteurs fantastiques, bref j’ai vraiment aimé.
A voir

1er novembre 2013 | Par webuser68

Ajouter un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage