Critique de film

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Hell

"2016 : Das Ende der Nacht"
affiche du film

La Terre est devenue inhabitable suite aux rayons brûlants du soleil. Un groupe d’ami part à la montagne avec le faible espoir de trouver de l’eau et de la nourriture, mais ils se retrouvent pris au piège dans une lutte pour la survie.

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Trailer - Hell (2011)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Hell - Terre brûlée
Par : Damien Taymans

Malgré les supputations d’une chiée de scientifiques de tous horizons et de toutes disciplines (anthropo, socio et oncologues), la dérive des continents et l’extinction de la race humaine ne s’éclaircit pas des masses : certains théorisent sur la tectonique des plaques quand d’autres la dansent en gesticulant bras et jambes sur du Yelle ; des prophètes à barbe bâtissent des thèses échevelées à propos du calendrier maya quand les plus terre-à-terre font de l’écologie leur fonds de commerce pour déchaîner les foules de leur sur-consommation énergétique maladive ; Max Brooks empaquette ses conseils en présage d’une invasion zombie tandis que les politicards de seconde zone (Hulot, Gore et consorts) tirent la sonnette d’alarme concernant la possibilité que la planète se transforme en sauna gigantesque dans les années à venir. Côté cinoche, la température est peu ou prou similaire : le post-nuke connaît un revival dans le DTV, suivant la traditionnelle ligne du road movie sur fond de dunes de sable et de villes immergées, avec, çà et là, ses lots de morts-vivants baveux, de meutes de suceurs de sang ou de tribus cannibales conviant le moindre hère à un festin dont il sera le hors-d’œuvre. Quand il s’agit de s’épancher sur l’apocalypse en question, Roland Emmerich offre à l’Oktoberfest un pendant cinématographique, à savoir un énorme foutoir où se côtoient éruptions volcaniques pétaradantes, tsunamis colossaux et tout le tremblement (de terre, évidemment) pour engloutir à la fois le Mont Everest et les plus hauts buildings amerloques. Dans la foulée sortait dans l’anonymat le plus complet un titre s’offrant des royalties sur le blockbuster d’Emmerich, le bien-nommé 2012 : Terre brûlée, tout aussi ennuyeux que l’autre mais avec un manque de moyens évident qui suffisait à faire pencher la balance.

Avec Hell, la boucle est bouclée puisqu’Emmerich joue au producteur exécutif de cette bande fauchée qui flirte avec la "vérité qui dérange" de l’ex-évincé de la Maison Blanche. En 2016, la Terre est déshumanisée, suite aux ravages provoqués par le réchauffement climatique et les conséquences qu’on lui connaît. Les rares survivants sillonnent le pays dans des voitures aux vitres opaques dans l’espoir de trouver une oasis où resterait une étendue d’eau. D’étapes en étapes, les quatre protagonistes (deux gars, deux filles) purgent les radiateurs en quête de flotte même frelatée et siphonnent les réservoirs des épaves qu’ils croisent pour alimenter leur carrosse souffrant sous une chaleur des plus torride.

Ce post-nuke germano-suisse signé Tim Fehlbaum se détache du peloton en privilégiant un traitement réaliste voire naturaliste de son récit et des personnages qui le traversent. Ainsi, la tribu dans laquelle se retrouvent coincés nos héros (une micro-société de type matriarcal vivant en complète autarcie grâce à des enlèvements savamment planifiés) n’a d’autre objectif que la sauvegarde de la communauté en termes d’alimentation et de reproduction. Une fin en soi en regard de la disparition progressive de toute prérogative sociétale et morale, dans un monde revenu à l’état primitif de la loi du plus fort. En s’élevant contre ces membres sectaires, les deux héroïnes-accessoirement-frangines reprennent à la lettre un modèle qui vient de prouver toutes ses limites - celui de l’individualisme, de la fétichisation (l’un des deux mâles offre à Marie une bouteille de parfum parisien qu’il vient de trouver dans le coffre d’une bagnole) mais aussi de la morale.

Malgré son format plutôt court (80 minutes, générique inclus), Hell compense son air de déjà-vu par une étude de caractères finaude, d’un réalisme déconcertant, qui s’appuie sur un jeu de contrastes psychologiques comme visuels (sitôt que le Soleil rentre dans sa tanière, la surexposition décroit et les personnalités comme les enjeux se déploient). Avec moins d’effets et d’esbroufe que le navrant 2012, le film de Fehlbaum réussit, à sa manière, à dépoussiérer le survival post-apocalyptique sans en dénaturer le moindre code.


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