Critiques/Analyses

Helix Saison 2 (2015)

3 décembre 2015 | Par : Nicolas Zinque

L’île mystérieuse

De : Cameron Porsandeh, Ronald D. Moore.
Avec : Alison Louder, Billy Campbell, Hiroyuki Sanada, Kyra Zagorsky, Mark Ghanimé, Jordan Hayes, Matt Long, Neil Napier, Steven Weber.

La première saison d’Helix nous enfermait dans une base polaire, aux côtés du Dr. Alan Farragut et de son équipe du CDC (Center for Disease Control and Prevention-une agence gouvernementale américaine compétente en matière de santé et sécurité publique). Après moult rebondissements, les protagonistes parvenaient à élaborer un remède pour contrer un virus transformant les infectés en une sorte de zombies agressifs. Mais ils découvraient également l’existence d’une menace plus terrible encore : des immortels, auteurs du virus, via leur entreprise Ilaria. Julia Walker, l’une des membres du CDC devenue accidentellement immortelle, était alors enlevée et enrôlée dans cette secte… Souvenez-vous de la phrase finale de notre critique d’Helix Saison 1 : « bien malin qui pourra dire la tournure que prendra cette série, au vu du cliffhanger final. Une autre surprise, meilleure cette fois-ci ? »

L’équipe créative a effectivement surpris son monde en décidant de… ne pas donner une suite directe à ce cliffhanger, à la grande frustration du spectateur. C’est avec un certain étonnement que l’on retrouve une nouvelle équipe du CDC, composée de Peter Farragut (le frère d’Alan, infecté dans la saison 1), du Dr. Sarah Jordan (seule rescapée de l’équipe précédente) et du Dr. Kyle Sommers (le petit nouveau). Le trio s’affère sur une voilier abandonné, dont l’équipage, contaminé par un virus, s’est entretué. A bord, une rescapée explique que le virus est apparu après un séjour sur une île. L’équipe du CDC parvient à se faire déposer sur l’île en question pour enquêter, tout en sachant que personne ne pourra venir la chercher avant une dizaine de jours. Sur place, elle découvre une communauté vivant en autarcie sous la houlette d’un chef mystérieux. Une secte à laquelle s’intéressent également Alan Farragut et Julia Walker…

Comme vous l’avez compris, les auteurs de la série ont décidé de reproduire la même formule et de rejouer exactement le même scénario que la saison précédente : un endroit isolé, un virus, des infectés agressifs, un chef qui a des choses à cacher,… tout en déplaçant l’action sur une île luxuriante. Bien sûr, la position de certains personnages a changé : Alan Farragut est recherché pour actes terroristes et Julia Walker travaille pour Ilaria. Cependant, ces nouveaux éléments ne sont utilisés que de manière anecdotique, ou comme prétexte pour quelques surprises. Si l’on peut comprendre que SyFy souhaite conserver une certaine cohérence de genre, il est regrettable qu’elle se défausse en partie des attentes des spectateurs. L’autre erreur de ce choix est qu’elle conduit les auteurs de la série à réunir à nouveau tous les personnages au même endroit. Et pour y parvenir, ils n’ont pas utilisé de grosses ficelles scénaristiques, mais carrrément des poutres (du genre à vous porter un pont) ! Même les morts réapparaissent , grâce à des tours de passe-passe invraisemblables ! C’est bien simple : dès ses premières minutes, Helix Saison 2 jette toute sa crédibilité à l’eau. Et jamais, par la suite, on ne croira en cette intrigue ni en ces personnages.
Passé la curiosité envers le nouveau décor, il apparaît bien vite que la série ne s’est pas du tout renouvelée. Le problème est qu’Helix fonctionne sur une course à la surprise « bas de gamme » pour maintenir l’intérêt du spectateur. Dès qu’elle n’est plus capable de surprendre, elle perd tout intérêt. Et c’est ce qui arrive dans ces treize nouveaux épisodes : on voit tout arriver de loin. On sait très bien que ce sera peut-être un événement improbable, jamais abordé avant, mais on sait exactement quand il y aura (tentative d’) effet de surprise.

L’équipe créative n’a pas non plus cherché à corriger les défauts de la première saison. A commencer par le comportement incohérent des personnages, qui ne cessent de changer d’avis, un peu comme s’ils souffraient tous de schizophrénie et d’alzheimer. En fonction de l’action dans laquelle ils sont momentanément occupés, ils oublient les autres membres de leur équipe (peu importe si l’un d’entre eux est blessé et disparaît pendant des heures) et nouent des alliances temporaires avec leur ennemi juré, comme s’il ne s’était jamais rien passé entre eux. Le plus étrange est que certains personnages changent et acquièrent des aspects vraiment intrigants, sauf qu’on ne comprend pas comment ils en sont arrivés là. C’est comme s’ils étaient passés d’un point A à un point B par un chemin impossible.
Peut-être est-ce parce que l’intrigue, ou plutôt les intrigues, partent dans tous les sens. Helix accumule les idées en tout genre, sans jamais les approfondir : entre le virus, la secte, les sauvages dans les bois et les histoires secondaires abracadabrantes, personne n’y trouve son compte. Une vraie brocante narrative ! C’est vraiment dommage, parce que prises séparément et correctement exploitées, ces idées pourraient donner naissance à des bonnes séries. Les auteurs excellent particulièrement à ne pas faire fructifier le meilleur d’eux-mêmes : ainsi, le concept des séquences parallèles dans le futur (avec une splendide transition visuelle !), prometteuse, ne débouche sur rien. Enfin, si, sur une nouvelle proposition intéressante, qui pourrait relancer l’intérêt du spectacteur envers la troisième saison… si celui-ci ne s’était pas déjà fait avoir une fois. Eh oui, un spectateur ne tombe pas deux fois du même cliffhanger, messieurs !

Helix Saison 2 est comme un problème mathématique auquel vous auriez trouvé le bon résultat mais en suivant un raisonnement totalement absurde, qu’il serait impossible à suivre. Et c’est bien ce qui s’est passé : les spectateurs ont déserté le show en masse, entrainant son annulation, une vingtaine de jours après l’épisode final de cette saison. Infecté par le virus de la série B, Helix aura donc succombé à la maladie, sans même bénéficier d’un essai de réanimation.


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