Critiques/Analyses

Helix - Saison 1 (2014)

11 septembre 2014 | Par : Nicolas Zinque

Helix : Mystère dans la chambre blanche

De : Ronald D. Moore
Avec : Billy Campbell, Hiroyuki Sanada, Kyra Zagorsky, Mark Ghanimé, Jordan Hayes, Neil Napier, Meegwun Fairbrother, Luciana Carro

Synopsis : Une station de recherche privée en Arctique est confrontée à un virus inconnu qui transforme les personnes infectées et les rend agressives. Une équipe du CDC (Center for Disease Control and Prevention) est dépêchée sur place, sous la houlette du Dr. Alan Farragut. Mais difficile de mener correctement une mission quand le directeur de la base vous cache des informations cruciales… Farragut et ses coéquipiers découvrent peu à peu les dessous d’une épidémie qui pourrait affecter le monde entier…

Un laboratoire secret installé au milieu des plaines glacées, un virus qui n’a rien de naturel, des scientifiques qui ont des choses à cacher : tous les ingrédients sont en place pour une bonne petite série B, commandée par SyFy, chaine de science-fiction qui a, entre autres, diffusé les Stargate et Battlestar Galactica. Cette dernière série a un point commun avec Helix : la présence de Ronald D. Moore, producteur- scénariste phare des séries SF, y compris Star Trek The Next Generation et Deep Space Nine.

Helix se déroule en terrain connu et suit globalement l’intrigue à laquelle on s’attend, avec son lot de retournements attendus (et parfois inattendus). Tout débute par l’arrivée de cette équipe de scientifiques, composée du Dr. Alan Farragut, spécialiste des épidémies, du Dr. Julian Walker (son ex-femme), du Dr. Sarah Jordan (une jeune recrue qui a le béguin pour Alan), du Dr. Doreen Boyle et du Major Sergio Balleseros, militaire envoyé par l’armée. En face, le Dr. Hiroshi Hatake, protégé par son fils adoptif Daniel, dissimule des informations concernant le patient infecté… qui n’est autre que le propre frère d’Alan (et par ailleurs, amant de son ex-femme !). La série se concentre dans un premier temps sur les recherches entourant le virus et les « vecteurs », ces personnes contaminées, ou plutôt, transformées. Par la suite, alors que les dessous de ce virus sont dévoilés, d’autres dangers menacent Alan et ses compagnons, dans un tout autre registre. Partant d’une investigation scientifique, Helix s’enfonce dans le fantastique. Ce qui frappe le plus, c’est son désir de synthétiser les grandes tendances du moment : plus ou moins subtilement, on s’approche des zombies et des vampires, en lorgnant au passage sur les films pour adolescents, façon Twilight. Pour parler crûment, Helix bouffe à beaucoup de râteliers, au point de parfois se transformer en melting pot lourd à digérer.

Helix se présente comme un huis clos, dans la prison la plus implacable qui soit : les terres glacières de l’Arctique. Et en effet, les personnages ne s’aventurent que très rarement à l’extérieur. Heureusement, d’ailleurs, puisque ces quelques séquences sont un supplice pour les yeux, tant les effets spéciaux sont bas de gamme (on patauge du côté des Sharknado et autres productions signées The Asylum, généralement diffusées sur… SyFy).
Peu importe, Helix adopte une approche typique des séries B, fonctionnant davantage à la surprise qu’au suspense, privilégiant ainsi les effets d’annonce et les révélations renversantes. La série tombe inévitablement dans une surenchère de retournements de situation. Cette base scientifique voit converger tellement d’évènements et de fausses coïncidences qu’elle se transforme peu à peu en maison de l’invraisemblable. Les personnages eux-mêmes sont les premiers concernés. Naturellement, chacun a son agenda caché et ses missions personnelles. Les alliances se font et se défont, les amis deviennent ennemis et vice-versa. Les grandes révélations pleuvent, dans le but de surprendre un spectateur, qui a pourtant cerné les personnages depuis longtemps. Des personnages stéréotypés, et pas forcément crédibles en tant que scientifiques. Si le casting tient globalement la route, avec comme têtes d’affiche Billy Campbell, habitué des séries (Les 4400, The Killing) et Hiroyuki Sanada (Le Dernier Samouraï, Wolverine : le combat de l’Immortel), Helix est aussi la preuve qu’un mauvais choix de comédien peut rendre ridicule un personnage censé être effrayant (la « Faucille »).

Dans sa quête de surprises, Helix cède à des effets pervers. Elle a recours à des intrigues et séquences de remplissages (les Inuits et les enlèvements d’enfants), en expédiant par la même occasion le dénouement de lignes narratives pourtant importantes. Il suffit de voir comment les vecteurs sont délaissés à mi-parcours, avant que leur cas ne soit réglé en quelques minutes. Décevant et frustrant. Dommage, car les scénaristes d’Helix sont capables de faire monter la mayonnaise. Ils parviennent par exemple à installer un suspense à la fin de chaque épisode, grâce à des cliffhangers savamment étudiés. Même quand l’épisode lui-même n’est pas satisfaisant, Helix se relance souvent magistralement avec de nouveaux éléments, qui annoncent de grands bouleversements pour la suite. Une autre idée, malheureusement sous-exploitée, est de faire correspondre un épisode à une journée dans la base. Mais dans la pratique, cette temporalité ne se ressent pas du tout.
Cette volonté de surprendre et de mélanger les genres impacte également la bande son. Outre cette musique d’ouverture, d’une légèreté étonnante, elle est composée de chansons enjouées des années 60-70 ou du « casse-noisette » de Tchaïkovski, qui contrastent avec des scènes brutales. Celle, par exemple, où un infecté massacre quelques malheureux scientifiques sur « Do you know the way to San José ». Une touche décalée qui fait sourire, mais qui alimente aussi ce melting pot.

Helix reprend les codes et la structure générale d’une série B. Pour faire progresser son intrigue, elle privilégie les retournements de situations tapageurs, faisant régulièrement fi de toute cohérence. Mais même si elle se dilue beaucoup en allant puiser dans toutes les tendances actuelles (jusqu’au grotesque, avec l’arrivée de « la Faucille »), elle parvient à se créer une identité, grâce à certaines originalités, comme sa musique décalée. Alors qu’une saison 2 est déjà annoncée pour 2015, bien malin qui pourra dire la tournure que prendra cette série, au vu du cliffhanger final. Une autre surprise, meilleure cette fois-ci ?


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