Critique de film

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Halloween, La Nuit des Masques

"Halloween"
affiche du film

La nuit d'Halloween 1963. Le jeune Michael Myers se précipite dans la chambre de sa sœur aînée et la poignarde sauvagement. Après son geste, Michael se mure dans le silence et est interné dans un asile psychiatrique. Quinze ans plus tard, il s'échappe de l'hôpital et retourne sur les lieux de son crime. Il s'en prend alors aux adolescents de la ville.

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Trailer - Halloween, la nuit des masques (1978)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Halloween, la nuit des masques - Le dieu des slashers…
Par : Damien Taymans

Quelqu’un enfile un masque et se balade lentement à l’intérieur d’une maison. Il monte les escaliers sans se presser, trouve une jeune femme et la poignarde. Traveling vers l’extérieur de la maison. Stupéfaction : le meurtrier est un enfant. C’est avec cette ouverture géniale que Carpenter débute son film Halloween. Une caméra subjective qui ne laisse rien deviner, l’atrocité du fait. S’enchaîne une musique stridente, cinglante : un générique banal qui se transforme en supplice. Y a pas à dire, Carpenter sait surprendre.

Au départ, une idée de génie. A l’époque, Carpenter n’a réalisé que deux métrages : Dark Star et Assaut qui fut un échec commercial. Le producteur Yablans lui propose alors de tourner un film traitant d’un psychopathe qui tue des baby-sitters dans la nuit. Carpenter signe une scénario intitulé The Baby-sitter Murders que le producteur a l’excellente idée de rebaptiser Halloween. Personne n’avait encore eu l’idée d’utiliser la fête populaire pourtant censée être placée sous le signe de l’angoisse. Dès lors, le métrage prend une autre tournure et donne lieu à la naissance du slasher : un tueur implacable, impossible à tuer, qui arpente les rues à jour fixe.

Le talent du réalisateur et de sa co-scénariste Debra Hill, sa femme de l’époque, vont faire la différence et donner au film son statut culte. Ce qui frappe dans le métrage, c’est la lenteur des propos montrés. Tout est fait dans la mesure, rien n’est dans l’exagération. Contrairement aux slashers qui suivront et verseront d’emblée dans l’excès, Halloween amène patiemment et intelligemment le spectateur vers l’angoisse la plus profonde. Celle-ci s’immisce doucement en nous et ne nous quittera plus. Une ambiance ténébreuse et anxiogène que personne n’a réussi à égaler depuis.

Un meurtrier effacé, dont on ne cerne pas les particularités. Mis à part cette caméra subjective du début, on restera en dehors du personnage qui n’apparaît généralement que sous les traits d’une silhouette discrète mais démesurée. Une ombre, une main, tout est sujet à provoquer l’angoisse et la peur. Un masque effrayant fabriqué à l’emporte-pièce par le monteur et ami de Carpenter : Tommy Lee Wallace. Le résultat est grandiose : un meurtrier défiguré, inexpressif, qu’on ne peut pas distinguer des autres personnes déguisées dans la rue.

Avec un budget de base frôlant les 300 000 dollars, Carpenter ne peut pas se permettre de balancer l’argent par les fenêtres. Aussi lorsqu’il décide de tourner en 2.35, le budget est déjà amputé de sa moitié. Dès lors, il faut faire des économies gigantesques. Le tournage sera agrémenté d’astuces en tout genre pour boucler le film dans les limites autorisées. Jamie Lee Curtis parvient à s’habiller pour moins de 100 dollars. De fausses feuilles en carton sont confectionnées pour rappeler le temps automnal (alors que le tournage a lieu au printemps) ; mieux : on réutilise les mêmes feuilles dans certaines scènes. La maison des Myers a été entièrement retapée par l’équipe pour lui donner le look qu’elle avait lors du premier meurtre de Michael.

Des conditions de tournage dignes d’un film amateur, une ambiance au cordeau, un réalisateur de génie, un tueur sanguinaire qui hante tous les esprits, une musique tapageuse qui va marquer les tympans de nombre de spectateurs, il n’en fallait pas plus pour signer un métrage parfait…


Critique de Halloween, la nuit des masques - The baby-sitters Murders
Par : Samuel Tubez

Le troisième long métrage de John Carpenter était à l’origine une œuvre sans prétention basée sur un concept simple : un tueur masqué indestructible assassine les baby-sitters d’une petite bourgade le soir d’Halloween (The baby-sitters Murders était d’ailleurs le titre prévu à l’origine). Depuis, le film a rapporté une petite fortune (plus de 75 millions alors qu’il n’a coûté que 300 000 dollars), a remporté plusieurs prix (dont le prix de la critique au Festival d’Avoriaz en 1979), a fait des émules et inspiré bon nombre de cinéastes (Vendredi 13, Scream et compagnie…) et est devenu un véritable classique. Pas mal pour un « petit film ».

Haddonfield, Illinois, 1963. Le soir d’Halloween, le jeune Michael Myers, huit ans, pénètre dans sa maison et tue sa sœur Judith à coup de couteaux. 15 ans plus tard, il s’enfuit de l’asile psychiatrique de Smith’s Grove et retourne sur les lieux de son premier crime. Alors que les habitants d’Haddonfield préparent les festivités d’Halloween, Michael, qui porte un masque blanc, arpente les rues de la ville à la recherche de nouvelles proies. La nuit d’Halloween promet d’être cauchemardesque...

Si Halloween n’est pas le premier slasher de l’histoire du cinéma, il est en tous cas le film qui en définit les grandes lignes. En effet, le film de Carpenter est tout simplement devenu une révolution dans le cinéma d’horreur grâce à toute une série de codes : utilisation du potentiel angoissant du hors champ, ambiguïté du cadre, mise en scène du voyeurisme comme ressort du désir meurtrier,…. Autant d’éléments qui instaurent un climat de terreur redoutable et qui seront réutilisés parfois avec succès mais aussi et surtout, hélas, jusqu’à l’écœurement. Mais cela est bien normal, car après tout, des cinéastes/artisans comme Carpenter, il n’y en a pas des milliers, loin de là. Il est impossible de faire le tour d’un tel chef d’œuvre mais citons tout de même l’excellente et angoissante musique composée par Carpenter lui-même (score qui est un personnage à part entière) ainsi que la prestation de Jamie Lee Curtis, qui lui a valu le statut de la plus grande Scream queen du 7ème art. Et avant de conclure, partageons une citation de Big John à propos de l’absence d’hémoglobine dans son film : « j’ai pensé que le public n’avait pas besoin de voir la violence à l’écran pour comprendre et ressentir la peur dans Halloween. Le tueur utilise un grand couteau et nous savons tous ce que ce type d’ustensile ferait subir à une chair douce et tendre… Il vaut donc mieux garder cette violence hors champ et laisser le public projeter ses propres fantasmes dans les images. Et faites-moi confiance, c’est encore pire… ». Amen.

Grand classique du cinéma d’horreur, Halloween est l’œuvre sombre et vénéneuse voulue par son initiateur. Un film qui a acquis, au fil des générations, d’innombrables fans et un tueur qui est devenu l’emblème d’un genre à part entière. Plus culte que ça, tu meurs.


Commentaires sur le film

The Genius !

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Ce film est en soi un évangile canonique du cinéma qui fait peur. Pourquoi ? Parce que John Carpenter n’a eu besoin que de peu de choses pour nous terroriser : l’idée du mal absolu, qu’il laisse s’échapper d’un asile d’aliénés, pour le planter tueur dépersonnalisé et insaisissable dans une banlieue bourgeoise américaine. Il n’a plus alors qu’à laisser libre court à son instinct de réalisateur né, jouant simplement avec les mouvements de la caméra, sans la moindre fioriture, avec une musique minimaliste obsédante, et ce de jour comme de nuit. Oui, le Mal existe, indestructiblement. Et personne n’est à l’abri. Pire, tout le monde peut s’y retrouver isolé. C’est toute l’idée de la peur, essentielle. Le génie tient parfois à peu de choses.

25 mai 2011 à 10:05 | Par Plug

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