Critique de film

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Halloween II

"Halloween II"
affiche du film

La suite du remake de 2007.

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Trailer - Halloween II (2009)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Halloween 2 - Mature et profond !
Par : Chroniqueurs
Tags : Slasher

Par Alexis W.

Hors norme, voilà le superlatif qui vient à l’esprit lorsque l’on visionne le second opus de la relecture du mythe Michael Myers, le légendaire croquemitaine inventé par John Carpenter et revisité il y a déjà deux ans par le talentueux Rob Zombie dans un pseudo remake-préquelle fort réussi. Mais peut-on dans le cas de cette version Robzombiesque parler de remake au sens propre tant le mot est, de nos jours, réducteur ? La probable vérité est que Rob Zombie a su relire une œuvre déjà majeure dans le panorama des films de genre et offrir un nouveau culte. Approfondissant un personnage en définitive insondable chez son créateur, John Carpenter, et illustrant ses émotions, ses chagrins et déchirements au travers d’une bande son rock magistralement sélectionnée, le cinéaste créa un nouvel héros du meurtre, un serial-killer presque neuf, dépoussiéré après un nombre dommageable de séquelles mi-figue mi-raisin.

Halloween 2 n’est, au passage, aucunement un remake du second opus de la saga originale, réalisé en 1981 par Rick Rosenthal et John Carpenter, bien que son introduction y ressemble un peu. Et c’est grâce à un habile moyen, pourtant galvaudé dans l’œuvre de base, mais ici situé en début de bobine et non enfin, que Zombie fait une pirouette et sort du canevas de remakisation imposé par les vénaux producteurs. Cela permet bien entendu à l’œuvre de sortir des sentiers battus et de s’imposer comme une véritable réussite d’une efficacité extrême. Cette ingéniosité fait de H2 un digne successeur au métrage précédent, allant même jusqu’à le supplanter en certains points. Zombie procède d’ailleurs, pour son propre plaisir et celui de ceux qui adhèrent à sa vision de la nouvelle saga, ce qui renforce bien sûr l’impact graphique de l’œuvre. En effet, le métrage fait preuve d’une grande violence graphique et psychologique, les attaques de Myers étant d’une grande brutalité sans égal, tout en donnant lieu à un véritable drame humain. Halloween 2 s’avère être un film sur l’état de choc, les psychoses post-traumatiques et surtout un film se situant dans l’esprit de Michael Myers, dans ses souvenirs, sa douleur, son obsessionnel fantasme de l’ unité familiale parfaite qu’il n’a jamais pu avoir et qu’il n’a perçu qu’au travers de sa mère et de sa petite sœur, Lorie.

Michael Myers demeurant évidemment le héros du métrage, celui-ci est néanmoins centré sur cette dernière car il traite plus en profondeur le personnage d’une jeune fille émotionnellement bousillée et de son amie Annie, deux survivantes dont la vie restera spoliée par le passé. Si certains passages oniriques mettant en scène Michael Myers, sa mère, ou plutôt le fantôme de celle-ci, et un cheval blanc peuvent paraître un peu too much, voire ringards, à certains, ils prennent rapidement tout leur sens et sont, au final, fort utiles à l’intrigue. Si cette originalité de traitement risque d’en rebuter certains, ce n’est rien à côté du remplacement du jeune Daeg Faerch, excellente interprète dans le premier opus mais déjà trop vieux pour le second, par un Chase Wright Vanek bien moins charismatique.

Mis à part ce petit bémol, Halloween 2 reste, au final, une grande réussite signée par un homme qui refusait de la réaliser et qui, sous la contrainte, a pondu une oeuvre ultra personnelle au moyen d’une réalisation particulière et atypique, au point d’en faire son œuvre la plus mature. Rob Zombie s’affirme donc de plus en plus comme un futur grand du cinéma de genre, en espérant, bien entendu, qu’il ne s’arrête pas en si bon chemin.


Critique d’Halloween 2 - Slasher d’auteur
Par : Geoffrey Marmonier

Cette suite du remake réussi du chef-d’œuvre de Carpenter a connu un développement pour le moins chaotique. Sur les rotules après la réalisation du premier film, Rob Zombie ne souhaitait en effet pas rempiler. Appelés en renfort suite à l’incompréhensible succès critique de leur calamiteux A l’Intérieur, Alexandre Bustillo et Julien Maury travailleront à leur tour sur cette séquelle, avant que Zombie ne change d’avis et ne décide de reprendre les rênes du film. Seule condition : que le réalisateur puisse cette fois faire ce qu’il voulait, sans se soucier de coller aux suites du film original. Le résultat est un film certes bancal, mais qui au moins ne ressemble qu’à lui. Autopsie d’un slasher non conventionnel…

Comme il l’avait annoncé, Rob Zombie s’éloigne avec cet opus sensiblement de la mythologie Halloween telle qu’on la connait. Il paye rapidement son tribut au sympathique Halloween 2 de Rick Rosenthal dans une intro pleine de promesses, particulièrement effrayante et brutale au cours de laquelle Myers poursuit Laurie dans l’hôpital où elle est soignée. Une entrée en matière haletante et flippante, qui s’avèrera en fait être un cauchemar de la pauvre Laurie, toujours traumatisée un an après les événements du premier film. Surviennent alors les premières incohérences qui font grincer des dents : Rob Zombie a décidé de ramener plusieurs personnages morts dans le premier opus. Outre Michael Myers bien évidemment, on retrouve donc Anna (Danielle Harris), la fille du shérif et meilleure amie de Laurie, mais aussi le Docteur Loomis (Malcolm McDowell) qui s’était pourtant fait broyer la boite crânienne…

Une fois ces miraculeuses résurrections digérées, le film embraye sur son véritable sujet, à savoir la folie de la famille Myers, et tout particulièrement celle de Laurie. En effet, tout le film ne sera finalement que l’étude de la lente descente dans la folie de la jeune fille, ici bien éloignée du personnage immortalisé par Jamie Lee Curtis. Victime de cauchemars atroces au cours desquels elle assassine sa meilleure amie, Laurie a des sautes d’humeurs régulières, et est souvent insupportable (elle passe le tiers du métrage à pleurnicher de façon hystérique) mais aussi parfois réussit à émouvoir le spectateur (par exemple lorsqu’elle découvre qu’elle est la sœur de Michael Myers). Scout Compton-Taylor, de retour dans le rôle, a certainement acquis de la bouteille depuis le premier film et est beaucoup moins transparente, mais tombe parfois dans l’outrance inverse, même si elle s’investit beaucoup dans le rôle et réussit la plupart du temps à faire passer les fêlures de son personnage.

Du côté des autres personnages, le constat est variable. On a grand plaisir à retrouver Brad Dourif dans le rôle du shérif Brackett, rôle cette fois plus conséquent, et l’acteur est toujours aussi impeccable. L’évolution du docteur Loomis est assez intéressante (il s’est changé en ordure imbu de lui-même et exploitant la sordide histoire de Michael Myers pour vendre son nouveau livre) bien que un peu trop extrême pour être totalement crédible. Michael Myers est quant à lui égal à lui-même, monolithique, hanté par des visions de sa mère lui enjoignant de reformer leur famille. C’est peut-être l’aspect le plus intéressant du film, même si Rob Zombie insiste parfois un peu trop lourdement dessus. Le costume du tueur est assez différent de celui auquel on est habitué, ce qui risque de faire hurler les puristes, mais le célèbre masque est toujours présent (bien que très amoché et pas toujours porté), donc pas de réel grief à ce niveau.

On sent cependant que le réalisateur a encore une fois le cul entre deux chaises, voulant faire un film psychologique, mais en même temps voulant satisfaire le studio et le public en plaçant quelques meurtres à l’arme blanche de ci de là. Pendant son voyage vers Haddonfield, Michael fait donc quelques victimes aléatoires, histoire de se faire la main, mais sans réelle cohérence. Le pire étant vers la fin du film, lorsque Michael débarque à la fête d’Halloween dans laquelle Laurie se trouve. Il massacre une des amies de celle-ci et un autre pauvre type qui s’apprêtait à coucher avec elle, puis, sans aucune raison, décide de se rendre à la maison du shérif pour s’occuper de la fille de celui-ci et attendre Laurie (on se demande bien d’ailleurs comment il a su qu’elle habitait là…). Une façon d’agir assez étrange, alors qu’il avait une fête pleine de djeuns à massacrer à portée de main, et qui fait sortir le spectateur du film, au moment où la tension devait monter. Très dommageable, surtout que le rythme du long métrage était jusque-là assez lent, voire mou.

Heureusement, Rob Zombie se rattrape sur plusieurs aspects. Tout d’abord, les meurtres commis par Myers sont d’une brutalité rare, et contrairement à de nombreux slashers, on a réellement mal pour les victimes, même pour les personnages « chair à canon ». Le massacre dans le club de strip tease est par exemple extrêmement dérangeant et malsain, et on saura gré à Zombie de ne pas avoir rendu ces meurtres « funs ». Voila qui change de l’habituel bodycount des slashers basiques. De plus, malgré les quelques fautes de goût et autres incohérences énoncées plus haut, le cinéaste arrive à maintenir tout du long une ambiance glauque et maladive qui contamine petit à petit le spectateur en même temps que l’héroïne, au travers des cauchemars de celle-ci et des visions fantomatiques de Myers. Une tension malsaine qui culminera lors d’un final d’anthologie, définitivement la meilleure trouvaille du film. Difficile en effet de ne pas être profondément dérangé par le climax et la dernière image du film, sur laquelle résonnent les notes du célèbre thème créé par Carpenter, jusque-là consciemment oublié.

Avec cette étrange suite de son propre remake, Rob Zombie signe un film bancal, souvent irritant, souffrant d’un rythme défaillant et d’incohérences agaçantes, mais pourtant traversé de fulgurances (les meurtres très violents) et d’idées géniales (le final). Et si le film n’est pas totalement convaincant, c’est au moins une œuvre courageuse et jusqu’au-boutiste qui n’appartient définitivement qu’à son auteur. Et en ces temps de disette au niveau originalité cinématographique ou les suites et remakes lisses se succèdent, c’est déjà beaucoup.


Critique de Halloween 2 - La Forme... mais pas très en forme
Par : Fred Pizzoferrato

S’il n’est pas réellement le premier slasher de l’histoire du cinéma, Halloween de John Carpenter a véritablement défini les codes du genre en 1978 avant de s’imposer comme un immense classique du cinéma d’épouvante. Halloween 2, signé Rick Rosenthal, suivit en 1981 et, après la parenthèse Halloween 3 (n’ayant rien à voir avec le reste de la franchise), il faudra attendre la fin des années ’80 pour voir deux séquelles tournées dans la foulée, le très correct Halloween IV et le médiocre Halloween 5. Six ans s’écoulèrent encore avant la sortie du désastreux Halloween 6, suivi par un commémoratif et sympathique Halloween H20 et un piètre Halloween resurrection. Un titre mensonger puisque ce métrage d’une effarante médiocrité mit un terme définitif à la saga. Du moins jusqu’à l’annonce d’un remake, la grande mode du recyclage ne pouvant épargner un métrage aussi essentiel que le classique fondateur signé John Carpenter. Réalisé par Rob Zombie en 2007, cette relecture d’Halloween divisa les fans même si la plupart y réagirent négativement. Néanmoins, le succès commercial de ce remake se devait d’entrainer une suite, toujours signée Rob Zombie bien que ce dernier avait tout d’abord déclaré ne pas vouloir tourner de séquelle à son film.

L’intrigue se déroule peu avant Halloween, un an après le carnage de Haddonfield. Le docteur Sam Loomis exploite sa notoriété en vendant des livres dans lesquels il relate sa confrontation avec le plus grand serial killer de tous les temps, Michael Myers. Laurie Strode essaie de continuer à vivre en suivant un traitement psychologique et tente d’oublier les événements récents. Quant à Michael lui-même, il n’est pas mort et s’apprête à venir commettre de nouveaux massacres.

Après divers scénarios inaboutis, Rob Zombie décide donc de s’emparer une nouvelle fois du mythe « Halloween » pour le plier à sa vision propre. Pour se faire, l’ancien chanteur de métal va écrire et réaliser une séquelle qui s’éloignera radicalement du propos initié par John Carpenter pour déboucher sur un métrage nettement plus étrange.

Reprenant les principaux personnages de sa relecture de 2007, Rob Zombie se concentre sur la mère de Michael, Deborah Myers (toujours interprétée par son épouse Sherri Moon Zombie), laquelle va guider son fiston dans sa croisade. Véritable spectre ou visualisation des troubles mentaux de Michael Myers ? Difficile de trancher, le métrage ne se montrant pas très clair à ce sujet. Ni à bien d’autres d’ailleurs, Halloween 2 ayant la fâcheuse tendance à ressembler davantage à un foutoir de séquences diverses qu’à un ensemble cohérent. Le métrage débute pourtant de manière efficace en proposant une relecture du Halloween 2 de 1981, Michael pourchassant Laurie jusque dans l’hôpital où la jeune femme a été admise en état de choc. Cependant, il apparaît (au bout de près de 25 minutes !!!) que tout cela était simplement un rêve. A partir de là, Rob Zombie considère apparemment qu’il peut orienter son film dans une direction toute personnelle et se dédouaner de tout respect envers la mythologie mise en place entre 1978 et 2002.

L’impressionnant tueur surnommé « La Forme » par les inconditionnels de la saga se trouve ainsi réduit à une silhouette menaçante, sorte de vagabond hirsute ne se souciant même plus d’arborer son fameux masque. La moitié du métrage le montre déambulant dans les champs, tuant brutalement (les meurtres sont franchement gore) toute personne croisant sa route. Apparemment, Michael attend patiemment Halloween pour se lancer à la poursuite de Laurie, ce qu’il fait finalement durant les trois derniers quarts d’heure de projection.
Lorsqu’il ne suit pas les pas de Michael, le cinéaste s’intéresse au docteur Loomis, toujours incarné par l’excellent Malcolm McDowell, et se permet une charge assez corrosive à l’égard des médias et de l’exploitation des faits divers les plus crapuleux.

Pour se donner un air quelque peu « auteurisant », Rob Zombie propose également de nombreuses séquences oniriques dans lesquelles interviennent un mystérieux cheval blanc, une Sherry Moon Zombie fantomatique et des éclairages vaguement psychédéliques. Le manque de moyen transforme immédiatement ces passages, sans doute inspirés par David Lynch (!) en parodie involontaire même si quelques idées surnagent malgré tout et renvoient aux travaux antérieurs du cinéaste comme le sympathique House of the 1000 corpses et le bien plus réussi The devil’s rejects.

Notons encore la présence au casting de la revenante Caroline Williams, abonnée aux séquelles puisqu’on la connaît surtout pour ses rôles dans le Massacre à la tronçonneuse 2 de Tobe Hooper et Stepfather 2 de Jeff Burr. Brad Dourif (la voix de Chucky dans tous les épisodes de la longue saga du même nom mais aussi acteur dans Le seigneur des anneaux, Alien resurrection, Dune, Vol au-dessus d’un nid de coucous ou Blue velvet) reprend pour sa part le rôle du shérif Brackett. Margot Kidder, vue dans Black christmas et Amityville (les originaux, pas les remakes !) mais surtout connue pour son rôle de Lois Lane dans la tétralogie Superman reçoit également un petit rôle de psychanalyste. Enfin, notons la présence, tout comme dans le précédent volet, de Danielle Harris, laquelle avait déjà participé, dans un rôle différent, à Halloween IV et V voici 20 ans. Bref, Rob Zombie semble se faire plaisir et convie même le chanteur parodique Weird Al Yankovic pour quelques traits d’humour lors d’un talk show télévise.

En dépit d’une musique entrainante (quoique le légendaire thème de Carpenter n’apparaisse que lors du générique de fin), de quelques passages réussis et de meurtres bien gore, Rob Zombie échoue complètement dans sa réappropriation d’un des mythes fondateurs de l’épouvante moderne. Sa vision, bruyante, sanglante et démonstrative, ôte tout élément de suspense à cet Halloween 2 qui, affranchi des contraintes du premier film, se révèle toutefois un petit poil supérieur à ce-dernier. Mais, dans l’ensemble, Halloween 2 reste un ratage plutôt ennuyeux qui se regarde avec davantage de consternation que de passion.


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