Critique de film

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Halley

"Halley"
affiche du film

Alberto est mort. Avant d'entamer une existence de mort vivant, il noue une étrange amitié avec Silvia, sa patronne.

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Trailer - Halley (2012)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Halley - Halley sans retour
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2014

Alberto, garde de sécurité dans un club de gym, prend rendez-vous avec sa patronne pour lui faire part de son désir de démissionner. C’est pas que les repas ultra-protéinés ou les corps bodybuildés aux muscles saillants et aux veines protubérantes commencent à lui peser sur l’estomac. Alberto a fait son quotidien de cette sueur de synthèse et de la proximité dérangeante avec cette poignée d’affolés de la gonflette. Le souci, c’est que pendant que ces brassées de désœuvrés font joujou avec des haltères, sa santé à lui s’haltère également. Doucement, son enveloppe corporelle s’écaille, des lambeaux de peau s’en dérochent et son pas se ralentit. La cause est entendue lorsqu’il se réveille dans une morgue à la suite d’une chute...

Depuis quelque temps déjà, la figure du mort-vivant n’est plus l’apanage du seul cinéma d’horreur. Les œuvres de Romero et leur traitement sociétal est passé par là et a montré à quel point cette créature lambinante supportait l’analogie avec ce qu’il était dans son état pré-mortem. Dès lors, de nombreux auteurs se sont penchés sur le processus de zombification pour illustrer la lente dégénérescence de l’humain en particulier et de la société en général qui de suite plonge dans l’ostracisme afin de bannir ces individus gênants. Ces considérations ont notamment habité Andrew Parkinson qui en a fait le cœur de deux de ses oeuvres, Mémoires d’un zombie et Dead creatures. Pas très loin, Keith Wright et son Harold’s Going Stiff stigmatisaient la peur des citoyens britanniques face à une nouvelle forme de chaos, évoquant la dégénérescence de la vieillesse, avec ses métastases arthritiques et alzheimeriennes et, du même coup, mettaient en exergue l’exclusion que subissaient les malades, ces zombies modernes. Même son de cloche en Hexagone via la série (et le film) Les Revenants : les revenants en question ne trouvent plus de place au sein des leurs et se voient considérés comme un genre à part par leur congénère.

S’il dissèque à son tour ce processus, le Mexicain Sebastian Hoffmann pose sa caméra plutôt en retrait et privilégie de longs plans d’ensemble dans lesquels le décor compte presque autant que le personnage à un cadrage plus intime et étouffant. Halley impose un tel recul qu’il en devient surréel comme durant ce réveil à la morgue suivi d’un dialogue entre le miraculé et le préposé des lieux pendant que ce dernier prend son repas au milieu des cadavres. Hélas, l’œuvre, sorte de patchwork de scènes d’exposition, semble laissée en friche, elle-même moribonde, comme si la pellicule avait été à son tour gangrénée par la décomposition, la progression atemporale et marginale du personnage principal.

Reste une sorte de non accomplissement, d’"halley" sans retour pour Sebastian Hoffmann qui, à force de ne vouloir dépeindre que de l’extérieur l’enfermement que connaît son héros, prisonnier d’une enveloppe en putréfaction, compose un essai encore à l’état d’esquisse dont la forme (la photographie est à tomber) n’égalerait que rarement le fond.


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