Critique de film

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Hache pour la lune de miel (Une)

"Il Rosso segno della follia"
affiche du film

Un homme prisonnier d'une étrange et criminelle obsession ne peut s'empêcher de tuer à la hache des femmes en robe de mariées.

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Trailer - Une hache pour la lune de miel (1970)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Une hache pour la lune de miel - Vous ne l’avez pas ? Hachetez-le...
Par : Damien Taymans

Chronologiquement, Une hache pour la lune de miel comporte une place essentielle dans la filmographie de Mario Bava. Après s’être essayé à divers genres qu’il a contribué à créer et à améliorer de ses petites menottes géniales comme le giallo ou le fantastique, Bava vient de signer Opération peur et L’île de l’épouvante et est aux portes d’un de ses immenses succès : La baie sanglante.

D’ailleurs, Une hache pour la lune de miel est le représentant de cette maturation cinématographique de l’auteur. Bien plus, il s’en fait même le témoin à certains égards. D’abord en mêlant astucieusement les deux genres précités, à savoir le giallo et le fantastique, et ensuite, en évoquant intelligemment des éléments des œuvres précédentes du réalisateur comme en témoigne cette galerie de mannequins renvoyant directement à Six femmes pour l’assassin (1964).

Démarrant par une scène traditionnelle et propre aux gialli (le crime d’un couple dans un train de nuit), le métrage se démarque directement du genre auquel elle semblait appartenir en commettant une faute imparable dans la codification structurée du giallo : montrer le visage de l’assassin dès l’entrée. C’est précisément sur ce point qu’éclate le génie de Bava qui n’hésite pas à faire exploser les cadres qu’il a lui-même posé auparavant, se jouant de la systématisation dans laquelle tombent ses imitateurs.

L’intrigue principale du film ne réside donc pas sur l’identité d’un quelconque meurtrier, au contraire elle est centrée sur l’assassin et sur ses faits et gestes mais à découvert. Bien plus, c’est même cet anti-héros qui devient le porte-parole de l’œuvre, nous livrant ses impressions en voix-off ou nous livrant directement ses mésaventures. En nous révélant ses troubles psychotiques, Bava nous implique dans son œuvre et change considérablement notre point de vue. En maestro manichéen qu’il est, il nous accule à un glissement particulier non encore opéré à l’époque. Le tueur devient victime d’un trauma qui a secoué son enfance et doit subir les images incomplètes qui lui reviennent de ce moment délicat de son existence. Dès lors, il doit tuer encore et encore afin de lever le voile qui repose sur ses troubles latents. En même temps que l’assassin devient une victime, le meurtre change de signification dans l’œuvre bavienne. Elle passe du statut d’acte répréhensible à celui d’acte nécessaire, condition sine qua non qui révélera la vérité sur les blessures de John Harrington.

Outre ce changement important concernant les règles fondatrices du genre, une autre transformation s’opère avec l’incursion latente dans un premier temps et patente dans un second du fantastique dans le quotidien de l’assassin. Une incursion qui fera son effet et glacera le sang des spectateurs. La scène amenant cette entrée est d’ailleurs en tout point remarquable puisqu’elle nécessite un champ/contre champ parfaitement réussi par l’auteur qui permet de surprendre adéquatement le spectateur. Dès cet événement perturbateur à souhait, le spectateur plonge, au même titre que notre héros, dans une folie sans borne, se questionnant sur la nature de cette apparition, oscillant sempiternellement entre folie et surnaturel.

Il n’était pas possible pour moi de passer sous silence encore une fois le talent du réalisateur pour la mise en scène qui s’illustre magnifiquement lors du meurtre de l’épouse du héros. L’arrivée imminente du policier venant faire capoter les plans du tueur, un climat angoissant naît dans ce hall d’entrée au sein duquel Harrington a du mal à réprouver ses émotions (mises en lumière par son front ruisselant, maintes fois souligné par ledit policier). Le corps git à l’étage et n’est perceptible au pandore que par l’intermédiaire d’une table reflétant le crime ou de gouttes de sang qui s’écoulent sur le tapis du hall. Pour mettre en scène et magnifier ce moment essentiel du film, Bava use et abuse de plongées et contre-plongées qui donnent à la scène une beauté inoubliable et lui permet d’accéder à l’anthologie des meilleurs moments du cinéma.

Une hache pour la lune de miel est la digne œuvre de son créateur puisqu’elle illustre à elle seule l’étendue du talent du maestro. Doté d’une photographie superbe, le métrage étonne en outre par la qualité de ses acteurs et par les risques calculés pris par Bava. Un film incontournable…

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